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L'exposition « Été 14. Les derniers jours de l’ancien monde »

2 août 1914, mobilisation, la foule lisant les affiches. Photographie de presse / Agence Rol.
© Gallica/BnF
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Pour commémorer la Première Guerre mondiale, le ministère de la Défense et la Bibliothèque nationale de France ont choisi une approche originale en se concentrant sur le déclenchement du conflit. Pourquoi, comment l’Europe s’embrase-t-elle en quelques semaines après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche ? Se penchant sur l’enchaînement des décisions qui aboutissent à la déclaration de guerre, l’exposition dresse le portrait de l’Europe de 1914 et met en lumière les origines d’un conflit inédit dans l’histoire de l’humanité, tant par le nombre effroyable de victimes que par les bouleversements qu’il a entraînés dans le monde entier.

Le parcours de l’exposition s’organise autour de la chronologie resserrée des évènements du 23 juillet au 4 août 1914 et l’enchaînement des décisions diplomatiques, politiques et militaires qui conduisent à la conflagration générale.

Sept séquences thématiques approfondissent la chronologie, permettant au public de mieux comprendre le fonctionnement des sociétés et les mentalités des hommes et des femmes à la veille du conflit. L’exposition commence par une vue d’ensemble des états et de leurs principaux dirigeants politiques. L’Europe vient de connaître une longue période de paix, qui a permis un essor économique sans précédent, une première mondialisation. Jeux Olympiques, Prix Nobel et Expositions universelles forment autant de symboles du cosmopolitisme culturel des années 1900. Toutefois, des tensions persistantes aussi bien en Europe (Alsace-Lorraine, Balkans...) que dans les colonies (crises marocaines...) montrent la fragilité de l’équilibre diplomatique. Parmi les intellectuels, les partisans de la paix, socialistes, chrétiens ou juristes, s’opposent aux nationalistes exacerbés, aux partisans de la guerre régénératrice. La question ne se pose pas aussi nettement dans les populations : les militaires sont très présents dans la vie de tous les jours, et la conscription est une obligation. Le soldat est une figure populaire et appréciée. Dans leurs bureaux, les états-majors se préparent, au cas où une guerre se présenterait : il faut être prêt, en termes de stratégie bien sûr, mais aussi d’armement, de logistique et de formation des officiers ! Les mobilisations en août 1914 montrent à quel point cette préparation a été efficace.

Une dizaine de figures célèbres, parmi lesquelles Marie Curie, Stefan Zweig ou Albert Einstein, permet d’évoquer les répercussions de la crise dans ses dimensions individuelles : si certains sentent monter les périls, d’autres comme J.R. Tolkien restent très indifférents...

La fin de l’exposition traite du choc et de la surprise que constituent, au front comme à l’arrière, les premiers effets concrets de la guerre : l’Europe sombre d’un coup dans un monde d’une violence inouïe, avec dès le mois d’août des milliers de victimes, civiles comme militaires.

L’ensemble du parcours s’appuie sur des documents - journaux, lettres, livres, archives photographiques, estampes et objets - issus des départements de la BnF mais aussi des collections du ministère de la Défense, co-producteur de l’exposition, ainsi que du Musée de la Grande Guerre de Meaux, de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et de pièces issues des collections de plus d’une trentaine de prêteurs.

Informations pratiques

Du 25 mars au 3 août 2014
Grande Galerie
BnF / site François-Mitterrand
Quai François Mauriac
75013 Paris

Sur les pas de Louis Barthas (1914-1918)

En parallèle de l'exposition « Été 14. Les derniers jours de l’ancien monde », les photographies de Jean-Pierre Bonfort, exposées dans l'allée Julien Cain, proposeront de revenir sur les pas de Louis Barthas.

En 1914, Louis Barthas, artisan tonnelier à Peyriac-Minervois (Aude) partit pour le front où il resta quatre ans. Au fil des jours, il prit des notes et rédigea un récit qui occupe 19 cahiers. L’historien Rémy Cazals découvrit ce texte et le publia en 1978. Quelles traces peuvent encore demeurer sur les lieux où Barthas et ses compagnons connurent les souffrances qu’il relate ? Quelles cicatrices la terre et la nature portent-elles encore ?

Pour tenter de les retrouver, le photographe Jean-Pierre Bonfort a suivi Louis Barthas pas à pas. Bonfort n’emploie pas un appareil complexe et, depuis plus de dix ans, a fait le choix des prises de vues au téléphone cellulaire. Il ne recherche pas l’effet monumental, mais la vibration et la sensation qui se dévoilent grâce à la modestie du dispositif.

Du récit de Barthas, que demeure-t-il de tangible sous l’objectif du photographe ? Ce qui est de l’ordre du tellurique : le froid, la pluie, la boue, les longues routes à parcourir. Mais aussi les immenses cimetières, les paysages anodins dévoilant à peine les traces des
effroyables combats.« Et moi, survivant… » Surplombant le silence de la Terre, demeurent les paroles de Barthas et de ses compagnons de tranchée : elles accompagneront les images de l’exposition.

Informations pratiques

Du 25 mars au 24 août 2014
Allée Julien Cain
BnF / site François-Mitterrand
Quai François Mauriac
75013 Paris

localisation

Adresse : Quai François-Mauriac
Paris
France