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Mondement, au coeur des combats des Marais de Saint-Gond

Reprise de Mondement, 9 septembre 1914, assaut des tirailleurs par la brèche du verger. Dessin de Léon Broquet.
© Archives départementales de la Marne
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Au sud-ouest du département de la Marne, au pied de la côte d’Île-de-France, au nord-ouest de Sézanne, se trouve une zone marécageuse d’environ 19 km de long sur 3 km de large qui forme un obstacle naturel important entre le plateau de Brie et la plaine champenoise. Théâtre de combats lors de la campagne de France de 1814 entre Russes et Français, les marais de Saint-Gond se retrouvent cent ans après au centre du dispositif de la bataille de la Marne.

Entre Sézanne et Mailly-le-Camp, de part et d’autre de Mondement, cette zone est une de celle où les Allemands souhaitent rompre le front français. Une grande partie du sort de la bataille la Marne se joue donc ici. Le 5 septembre au matin, les troupes de la IIe armée allemande, commandée par le général von Bülow, se présentent par le nord-ouest tandis que les Français stoppent leur retraite et reçoivent l’ordre de tenir les extrémités des marais et les itinéraires d’accès.

Le 6 septembre 1914, les deux armées s’affrontent violemment. Les artilleries se déchaînent et les combats sont au corps-à-corps. La 9ème armée française, commandée par le général Foch, parvient un moment à rejeter les Allemands au-delà des marais, mais le 8 septembre ces derniers engagent quatre divisions renforcées et tentent une offensive pour percer les lignes françaises, concentrant leurs efforts dans le secteur entre le bois de la Branle et Mondement.

L’engagement in extremis de la division marocaine et de la 42e division d’infanterie du général Grossetti sauve la situation. Le 9 au soir, le front allemand plie soudainement et la Garde prussienne s’immobilise au nord des marais. Le 10, l’armée allemande se replie sur l’Aisne et la Vesle, à plusieurs dizaines de kilomètres.

Durant les combats des marais de Saint-Gond, la prise du village de Mondement et de son château, le 9 septembre 1914 au matin, par le 164e régiment d’infanterie de Hanovre menace directement la continuité des lignes françaises et risque d’ouvrir la plaine de Champagne aux Allemands. La division marocaine – composée de tirailleurs algériens et tunisiens, de zouaves et de légionnaires et non de tirailleurs marocains – reçoit le soutien de la 42e division d’infanterie du général Grossetti et du 77e régiment d’infanterie de Cholet.

La contre-attaque est immédiate, mais l’assaut du milieu de journée ne permet pas de reprendre le château. L’attaque reprend en fin d’après-midi et la position est finalement conquise. Les assauts contre le château de Mondement ont donné lieu à de véritables charges menées sabre au clair par des officiers, dans la plus grande tradition militaire du XIXe siècle.

D’après François Cochet et Rémy Porte (dir.), Dictionnaire de la Grande Guerre, 1914-1918, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2008, réédition 2013, p. 929

 

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