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Le tourisme de mémoire dans les Ardennes

Monument des 21ème et 22ème Régiments de Chasseurs Tchécoslovques, Vouziers - Chestres. / Monument for the 21st et 22nd Regiments of the Czechoslovakian Chasseurs, Vouziers - Chestres.
© Mickaël Jeanty
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

De la défaite de la France à Sedan en 1870 à la célèbre percée allemande de 1940, les Ardennes ont été, par leur situation géographique, au cœur des plus grands conflits européens. Terre de passage chargée d’histoire, les Ardennes ont été envahies, occupées, bombardées, dévastées … Le département des Ardennes est le seul à avoir été entièrement occupé pendant la Première Guerre mondiale. Du 31 août 1914 à la dernière bataille de la Grande Guerre les 10 et 11 novembre à Vrigne-Meuse, les Ardennais ont subi l’occupation des troupes allemandes durant 52 mois. Le département possède encore de nombreux lieux de souvenirs et sites mémoriels liés à la Première Guerre mondiale.

La bataille des Ardennes

Dans les premiers jours du mois d’août 1914, l’armée allemande envahit la Belgique, en dépit de sa neutralité. Du 21 au 23 août, elle pénètre dans le département et se livre à de furieux combats avec l’Armée française autour de Sedan et de Signy-l’Abbaye. S’ensuit un long repli de l'armée française ponctué de combats. Le 28 août, les Allemands entrent à Charleville et en font rapidement le siège du Grand Quartier Général allemand durant la Grande Guerre.

À voir

Haybes

Les ruines du village d'Haybes, carte postale.

Oeuvre du sculpteur L. Rauner, le monument aux morts du village de Haybes commémore à la fois les morts de la guerre mais aussi les tragiques journées d’août 1914. Haybes a été un village martyr bombardé et incendié par les Allemands du 24 au 26 août 1914. 600 maisons ont été détruites et 61 civils sont morts.

Informations : www.valdardennetourisme.com

 

Le Pays Sedanais

Repliée sur Sedan et ses environs, l’armée française subit les assauts Allemands. Le 26 août, les troupes allemandes passent la Meuse en plusieurs endroits (les villes de Donchery et Iges) puis occupent Sedan. Détruite à plus de 98%, la ville de Donchery a ainsi subi bombardements et incendies durant quatre jours. Les allemands, qui tentent de franchir la Meuse sur deux ponts de bois, sont stoppés par l'artillerie française qui tire du lieu-dit de la Croix Piot.

À Noyers-Pont-Maugis, « La Marfée » est l’autre haut-lieu stratégique où les français livrent bataille contre les allemands les 27 et 28 août, faisant plusieurs milliers de morts dans chaque camp. Le cimetière militaire, qui rassemble près de 27 000 tombes de soldats français et allemands tués lors des deux conflits mondiaux, accueille de nombreuses sépultures de soldats morts dans cette bataille.

Le topoguide « Circuits de mémoire en pays sedanais » et ses 5 circuits thématiques sont disponibles à l’Office de Tourisme du Pays Sedanais.

Informations : www.tourisme-sedan.fr 

Cinquante-deux mois d’occupation allemande

Vie quotidienne des Ardennais durant la Grande Guerre, Fumay

Dès le début en 1914, Charleville est devenu le siège de la résidence du Kronprinz impérial qui s’installe dans la villa Corneau (aujourd’hui disparue) puis à partir de 1916, par crainte des bombardements aériens français, dans la villa Renaudin à Bélair. Le Kaiser Guillaume II, empereur d’Allemagne et roi de Prusse, a fait à Charleville de fréquents séjours.

Le Grand Quartier Général et l’État-Major se sont installés dans les bâtiments de la Préfecture, à Mézières. C’est de là qu'ont été commandées les opérations sur Verdun en 1916, sur le chemin des Dames en 1917 et en Champagne pendant toute la durée de la Guerre.

Tous les habitants valides, hommes, femmes, enfants et vieillards ont été enrôlés dans des services de travaux agricoles obligatoires (Commandos) au profit de l’occupant. L’industrie n' a pas épargnée : machines et matières premières ont été réquisitionnées pour assurer l’effort de guerre (fonte des cloches des églises et du bronze des monuments publics).

À voir

Château Renaudin

Sur les hauteurs de Charleville, l’opulent château Renaudin, qui fut le siège du quartier général du Kaiser Guillaume II et du Kronprinz pendant la guerre de 1916 à 1918, est toujours visible.

Informations : www.charleville-mezieres.org

Vie quotidienne des Ardennais durant la Grande Guerre, Signy-le-PetitExposition à la Vitrine des Ardennes de Charleville-Mézières

Du 4 juillet au 28 septembre 2014, l’exposition « Visages d’Ardennais dans la Grande Guerre » sera consacrée à la mémoire de cette période : des portraits de Français et d’Allemands avec leur biographie interpelleront les visiteurs, le tout sera accompagné d’objets de la vie quotidienne et de récits de vie.

Informations : www.ardennes.com 

Le fort des Ayvelles

Fort des Ayvelles

Seul ouvrage du système de Séré de Rivières dans les Ardennes, le fort et la batterie du domaine des Ayvelles furent utilisés par les Allemands comme dépôt de munitions durant le conflit, après avoir été évacué par les Français le 25 août 1914. II ne sera libéré qu'en novembre 1918, non sans avoir subi la destruction de ses casernements.

Informations : www.ardennes.com

 

Sedan

La ville de Sedan, qui se trouvait à l’arrière du front de Reims à Verdun, fut transformée en un vaste camp logistique par l’armée allemande, comprenant de nombreux hôpitaux, dépôts de munition, cinéma et autres maisons closes. Forteresse médiévale, le château fort de Sedan a servi, de janvier 1917 à novembre 1918, de centre de détention. Les autorités allemandes y ont enfermé des milliers de civils résistants français et belges condamnés aux travaux forcés. Beaucoup d’entre eux y sont morts des suites de cette captivité (environ 200 survivants en novembre 1918 sur 5240 internés). Le cimetière Saint Charles à Sedan possède un mémorial allemand, un vaste cimetière français des trois guerres et un cimetière israélite avec son mémorial.

Informations : www.tourisme-sedan.fr

À la libération

A l’été et à l’automne 1918, le maréchal Foch lance les offensives qui seront décisives et mèneront les armées françaises à la victoire. Se déplaçant le long du front d’ouest en est, quatre armées alliées ont opéré dans les Ardennes : la IIIe armée, la Ve commandée par le général Guillaumat, la IVe commandée par le général Gouraud et l’armée américaine commandée par le général Pershing.

L’offensive du 26 septembre au 15 octobre libère le sud des Ardennes jusqu’à l’Aisne.Augustin Trébuchon, fantassin au 451e RI

La dernière offensive pour un cessez-le-feu symbolique s'est déroulée du 17 octobre au 11 novembre. Voulue par le Maréchal Foch, la dernière bataille, celle de la Victoire, a eu lieu à Vrigne-Meuse les 10 et 11 novembre 1918. La nouvelle de la signature du cessez-le-feu a été connue le 11 novembre à 8h45. L’ordre prenait effet à 11h. Après des derniers échanges de tirs, le clairon Delaluque a égréné les notes du cessez-le-feu, bientôt répétées par les Allemands. La dernière victime officielle de la Grande Guerre, Augustin-Joseph Trébuchon, fantassin au 415e RI, est mort 15 minutes avant le cessez-le-feu. Il est enterré dans le cimetière communal de Vrigne-Meuse. Avec cette dernière bataille, la guerre prenait fin dans les Ardennes.

Informations : www.paysdessources.com

À voir

Le circuit historique de Chéhéry

Circuit du Sergeant York

Alvin York (1887-1964) est l'un des américains les plus célèbres de la Grande Guerre. Le 8 octobre 1918, après de violentes attaques de mitrailleuses, le Caporal futur Sergeant York (328e RI - 82e DI), à la tête d’un petit groupe d’hommes, se lance à l’attaque des positions allemandes faisant prisonniers 132 soldats allemands. Selon le commandant en chef des armées alliées, le maréchal Foch, il s'agit du « plus grand exploit jamais réalisé par un simple soldat de toutes les armées en Europe ». À Châtel-Chéhéry, un circuit historique de 3 km en forêt permet de découvrir ce lieu.

Informations : www.argonne-ardennaise.fr

Wadelincourt

L’intervention américaine dès avril 1917 est un immense soulagement pour la France. Aux côtés du Maréchal Foch, à l’origine de l’offensive générale sur la Meuse, le général Pershing, commandant en chef des forces américaines, repousse l’armée allemande jusqu'à Sedan, puis Wadelincourt.

À Wadelincourt, le monument commémoratif américain « This Point » marque le point final de l'avancée des troupes américaines. Le 10 novembre 1918, le général Pershing y rendait un vibrant hommage à ses troupes.

Informations : www.tourisme-sedan.fr

Vouziers

Stèle Roland Garros, St-Morel

Le 5 octobre 1918, le lieutenant-pilote Roland Garros s’écrase à bord de son spad, à Saint-Morel au cours d’un combat aérien. Auteur de la première traversée aérienne de la Méditerranée en 1913, il a inventé le premier avion de chasse. Il s’engage comme volontaire le 2 août 1914 et s’illustre brillamment au combat en obtenant les 6e, 7e et 8e victoires de l’aviation alliée. En avril 1915, contraint d’atterrir en territoire occupé, il est fait prisonnier durant 32 mois en Allemagne avant de s’évader et de retourner au front où il meurt. Il est inhumé au cimetière de Vouziers. La stèle en granit brut est couronnée d’une victoire ailée, symbole des victoires aériennes obtenues par l’aviateur. Erigée sur le lieu du crash, elle porte le médaillon de Garros et l’inscription suivante : « C’est ici que le 5 octobre 1918 vint s’écraser l’avion du lieutenant aviateur Roland Garros et que lui-même trouva la mort au cours du combat qu’il soutint seul contre plusieurs avions ennemis, alors que, devançant de loin son escadrille, il allait survoler la gare stratégique que les Allemands avaient construite à deux cents mètres de ce champ dans la direction de Saint-Morel ».

Informations : www.argonne-ardennaise.fr

Au lieu-dit de Chestres à Vouziers, un monument rend hommage aux 21e et 22e régiments de chasseurs tchécoslovaques tombés en octobre 1918. Offert par la nation tchécoslovaque, il est l'œuvre de l'architecte tchèque Jan Zázvorka et représente un soldat tchécoslovaque, grenade à la main : « Passant, ici et aux environs, les 21e et 22e régiments de volontaires tchécoslovaques ont versé leur sang pour la liberté de la Tchécoslovaquie ainsi que pour la gloire et la grandeur de la France aimée. Honneur aux Héros tombés. Pravda-Vitezi 1914-1918 ».

Informations : www.argonne-ardennaise.fr