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La promotion Chef de bataillon Charles Delvert

Charles Delvert.
© Archives Charles Delvert
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Entre 1914 et 1918, l’armée française compte dans ses rangs près de 195 000 officiers de carrière et de réserve. Près de 104 000 ont été promus sous-lieutenants au cours de la guerre et 37 000 ont servi en qualité d’affectés spéciaux (les officiers du service médical par exemple). Les pertes des premières batailles puis la prolongation de la guerre contraignent le haut commandement à augmenter le nombre d’officiers, en particulier de réserve, pendant la guerre. Aujourd’hui, il est encore difficile de dresser un bilan des pertes en ce qui concerne les officiers français. Cependant, les différents rapports estiment que sur près de 195 000 officiers, environ 33 600 ont été tués au combat et 2 700 ont été portés disparus. Plus de 8 800 officiers sont morts dans les hôpitaux des suites de leurs blessures. En 1920, les pertes en officiers sont fixées à 36 593 tués, disparus ou morts des suites de leurs blessures ou de maladies contractées pendant les opérations, parmi lesquels de nombreux réservistes.

Créé en 1875, le corps des officiers de réserve répond aux besoins d’une armée de conscription dont les effectifs s’accroissent au tournant des XIXe et XXe siècles. Pendant la guerre, leur engagement en qualité de cadres de contact est total et leur brillant comportement leur vaut l’appellation de 3e bataillon de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. À l’occasion des cérémonies de commémoration du Centenaire de la Première Guerre mondiale, leurs héritiers, les élèves-officiers du 4e bataillon de l’Ecole spéciale militaire, ont souhaité commémorer l’un de ces officiers de réserve de la Grande Guerre : le chef de bataillon Charles Delvert. Le 4e bataillon de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, commandé par le lieutenant-colonel Jean-Michel Antoine, a pour mission de dispenser une formation initiale à des élèves-officiers polytechniciens, ingénieurs militaires de l’infrastructure, ingénieurs des études et techniques de l’armement, du corps technique et administratif du service des essences des armées, à des élèves-officiers sous contrat (encadrement, spécialistes ou pilote de l’aviation légère de l’armée de Terre) et enfin à des élèves-officiers de réserve.

Le choix du parrain de promotion est un moment fort de la formation des officiers. En effet, les élèves, qui doivent s’approprier leur parrain, voient en lui un exemple de citoyen, d’homme de culture et de chef militaire apte physiquement, intellectuellement et psychologiquement au métier des armes. En somme, il doit guider les officiers durant toute leur carrière. Cette année, les élèves du 4e bataillon ont choisi Charles Delvert (1879-1940). Ce normalien et officier de réserve au 101e régiment d’infanterie s’est illustré à plusieurs reprises au feu pendant la Première Guerre mondiale. De son expérience de la guerre, il a tiré deux ouvrages Histoire d’une compagnie, publié en 1918, et Carnets d’un fantassin, en 1935.

Ce choix revêt un grand intérêt pédagogique, tant dans la formation humaine que militaire des futurs officiers. En effet, ce témoignage irriguera l’instruction militaire autour de valeurs telles que l’exigence, l’exemplarité, la modestie, la rigueur, le sang-froid, le courage, le dévouement, etc. Des cours d’histoire militaire, en particulier sur l’expérience combattante, apporteront une perspective historique nécessaire pour la bonne compréhension de la vie du parrain. Enfin, la rencontre de la famille de Charles Delvert et la découverte des archives de la famille permettront aux élèves de vivre le Centenaire au cours de leur formation, puis de le faire vivre dans les unités dans lesquelles ils serviront à partir de 2014.

 

L'insigne de la promotion « chef de bataillon Charles Delvert »

 

L'insigne de la promotion « chef de bataillon Charles Delvert ».

Description héraldique

Ecu français ancien allongé de gueules à la pile renversée de turquin chargé en pointe d’une plume de candide et à senestre du ruban de la croix de guerre 1914-1918, broché en pointe d’une palme d’or (bronze) et d’une étoile d’argent. Timbré en chef senestre d’une étoile de la Légion d’honneur. En cœur brochant, épée d’argent gardée d’or à la lame chargée du grade et du nom en lettres capitales de sable « CBA CHARLES DELVERT » accompagnée à dextre d’une demi-grenade quadrillée d’or et à senestre mouvant de la lame d’une silhouette de poilu chargeant d’or aussi (bronze).

Signification

La partie dextre est aux couleurs de l’insigne de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr à laquelle appartient le 4e bataillon. Au bas de l’insigne, la plume illustre les talents d’écrivain de Charles Delvert. La partie senestre, aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918, est chargée en haut d’une étoile de la Légion d’honneur, en bas d’une palme de bronze et d’une étoile d’argent, en rappel des citations et décorations obtenues par le parrain de promotion alors lieutenant puis capitaine. Une demi-grenade quadrillée d’or et un poilu de bronze chargeant évoquent son engagement aux combats de la Grande guerre au sein du 101e régiment d’infanterie. Une épée, symbole traditionnel des promotions d’officiers à la lame chargée du dernier grade et du nom du parrain, broche le tout.