En avril 1914, Paris couronne la Muse de la chanson

En avril 1914, Paris couronne la Muse de la chanson

Couronnement de Mlle Jacqueline Miracle.
© Bibliothèque nationale de France
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L'Humanité présente le programme de la soirée pour le couronnement de la « Muse de la chanson », Mlle Jacqueline Miracle, qui se tient le 9 mai au Palais des fêtes à Paris.

Drôles de muses

À mi-chemin entre le concours de beauté et le radio-crochet, le couronnement de la « Muse de la chanson » récompense des dames qui certes ne chantent pas, mais savent donner à d’autres l’envie de le faire. Jacqueline Miracle excelle en la matière, ce qui lui vaut un diadème en forme de clé de sol et un pseudonyme irrésistible. Comme ses « demoiselles d’honneur » d’ailleurs qui, à l’instar de Jenny l’Ouvrière, empruntent souvent leurs noms à des romans à succès de l’époque. Toutes, ce soir, attendent de pied ferme l’ancien ministre du Commerce Charles Maurice Couyba, sénateur et artiste du dimanche. Mais il ne viendra pas.

Mythique Yvette

Aux manettes de cette petite sauterie, il y a Yvette Guilbert. Cette comédienne et chansonnière célèbre pour sa rousseur, sa gestuelle et son impeccable diction, a été immortalisée par Toulouse-Lautrec sur son affiche de la réouverture du café-concert Le Divan japonais en 1893. En 1914, la « diseuse fin de siècle » a une carrière internationale derrière elle, ce qui lui laisse tout le loisir, à quarante-neuf ans, d’organiser cet étrange concours de muses.