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Une cérémonie franco-algérienne pour le centenaire de la bataille de Monastir

Ossuaire de Bitola pavoisé aux couleurs de la France et de l’Algérie à l’occasion du centenaire de la Bataille de Monastir.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le 8 juin 2017 à Bitola, l’ambassadeur de France en Macédoine M. Christian Thimonier et l’ambassadeur d’Algérie MmeTaous Djellouli ont présidé ensemble, au sein du cimetière militaire français de Bitola (nouveau nom de Monastir) le centenaire de la Bataille de Monastir. Une cérémonie qui a eu lieu en présence des autorités macédoniennes et des représentations diplomatiques des pays qui prirent part aux combats du front d’orient. 

Historique de la Bataille de Monastir

Fin 1914, à l'ouest comme à l'est, la situation sur le front de la Grande Guerre est bloquée. Winston Churchill, 1er Lord de l'amirauté britannique, propose alors une offensive contre Constantinople, par le détroit des Dardanelles. Il s’agit d’un plan qui permettrait aux pays de l’entente de ravitailler la Russie par la mer Noire et d'encercler les Empires centraux. L’engagement aux Dardanelles, qui oppose l’Empire ottoman aux troupes britanniques et françaises, est un échec. La tentative pour traverser les Dardanelles échoua en mars en raison du terrain difficile, du manque de préparation des alliées et de la forte résistance ottomane. L’enlisement du front et l’entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Empires centraux en septembre 1915, poussent les Alliés à s’en aller. Les unités présentes sont redéployées en Egypte ou sur le front de Salonique.

Ce dernier front s’ouvre notamment alors que l’armée serbe s’effondre face à son voisin bulgare et qu’elle doit se replier à Corfou. La France envoie ainsi des unités, confiées au général Sarrail, pour soutenir les Serbes. Les troupes de l’Armée française d’Orient débarquent alors à Thessalonique le 5 octobre 1915. Après une première avancée vers le nord dans la région de Gradsko, les forces bulgares contraignent l’Armée d’Orient et ses alliés serbes et anglais à se replier à compter de novembre 2015 en direction de Thessalonique.

En novembre 1916, les Alliés repoussent les troupes bulgares et récupèrent la ville de Monastir. Une victoire semble promise. La ville reste cependant menacée par les bombardements de l’artillerie bulgare, depuis le mont Baba. Le quartier général français de Thessalonique donne alors l’ordre de reprendre l’offensive en mars 1917.

Dix minutes de repos en pleine neige : Les tirailleurs algériens mangeant un morceau de pain, en Macédoine, le 11.02.1917.
Source : MAP

L’objectif principal est d’élargir le périmètre autour de Monastir. Les 57 e et 156 e divisions françaises entrent en action en mars, à l’ouest du lac de Prespa jusqu’au Péristéri. Elles parviennent à dégager la cote 1248, puis les Bulgares et la neige rendent tout progrès impossible. Malgré leurs offensives, les Allemands ne parviennent pas à récupérer la cote. La ligne de front se fige. L’offensive du printemps vise à retenir le maximum de forces ennemies, au profit des offensives alliées déclenchées sur les fronts principaux. Une attaque majeure est prévue dans la région de la Marianska Planina et de la Tcherna et plusieurs attaques secondaires entre le lac Doiran et le Vardar ainsi qu’en direction de Prilep.

Les hostilités commencent le 24 mars par le secteur des Britanniques, qui avaient entre temps donné leur accord pour participer. Sous le commandement du général Milne, ils progressent difficilement et subissent une violente contre-attaque. 2600 hommes sont hors de combat dès les premiers jours. Ils poursuivent jusqu’au 21 mai, date à laquelle Sarrail décide de les arrêter.

La 122e DI française, renforcée d’unités grecques, et l’armée serbe lancent des offensives sur la rive droite du Vardar et dans le secteur ouest pour reprendre le terrain au sud de Démir Kapou. Pendant ce temps, une armée franco-italo- russe mène des attaques secondaires dans la boucle de la Tcherna.

Dans la zone de Monastir, le 18 mai au matin, les canons bulgares bombardent violemment la zone dite « du Mur rouge ». Cette dernière est tenue par 6000 soldats, essentiellement musulmans, algériens et Français d’Algérie, appartenant à deux régiments coloniaux français. Les pertes sont terribles et les troupes françaises sont rapidement débordées par l’infanterie bulgare. Parmi les 13 000 soldats – aujourd’hui enterrés au cimetière français de la ville – une grande partie tomba, le 18 mai 1917. Les 259 soldats coloniaux survivants et leurs deux officiers sont contraints de se rendre. Malgré plusieurs attaques, les troupes alliées ne peuvent prendre pied dans les lignes adverses, ou lorsqu’elles y parviennent, elles en sont chassées par des contre-attaques. Dans la région de Monastir, les positions resteront inchangées jusqu’à la fin de la guerre.

Un projet de musée sur le site du cimetière de Bitola

L’ambassade de France à Skopje contribue au programme des commémorations du centenaire de la Grande Guerre par différentes actions. Outre la réalisation d’expositions, d’ouvrages et de brochures, elle finalise actuellement la réalisation d’un mémorial dans l’enceinte du cimetière militaire français de Bitola, ainsi que d’une salle d’information à Skopje (autre important cimetière militaire du front d’Orient). L’espace muséal de Bitola, conçu de manière à recréer les conditions de la guerre, rendra hommage aux soldats de toutes origines morts pour la France sur le Front d’Orient au travers de 13 portraits individuels. Ces portraits seront complétés par des objets et des documents d’époque. L’ouverture du musée est prévue à l'automne 2017.