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Création d’un espace muséal au cimetière militaire français de Bitola

Cimetière militaire français de Bitola.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Construit en 1923, le cimetière militaire français de Bitola compte plus de 6 200 tombes de soldats français et regroupe, dans un ossuaire, les restes de plusieurs milliers d’autres « Poilus d’Orient ». Il constitue ainsi le lieu de combat et de mémoire le plus emblématique du Front d’Orient sur le territoire de l’actuelle Macédoine (ARYM).

Alors en Serbie, la ville de Monastir, aujourd’hui Bitola, fut en effet prise en novembre 1916 et citée à l'ordre de l'Armée, avec attribution de la Croix de Guerre 1914 – 1918 avec palme : « Vaillante cité qui, après avoir courageusement subi, de décembre 1915 à novembre 1916, les rigueurs de l'occupation ennemie, a été la première ville serbe reconquise par les Armées d'Orient. Se trouvant après sa délivrance et jusqu'à la fin de septembre 1918 à proximité des lignes ennemies, a supporté avec abnégation les multiples et violents bombardements dont elle a été l'objet. Malgré les pertes élévées que ces bombardements lui ont causées, sa population n'a cessé de faire preuve de la plus grande vaillance et d’une foi inébranlable dans la victoire finale. Signé MAGINOT à Paris, le 27 août 1923 ». L’inscription « Monastir » a également été brodée dans les plis des drapeaux ou étendards des nombreux régiments qui s’y sont illustrés.

La création d’un espace muséal dans cet imposant lieu de mémoire et de recueillement, qui a fait l’objet d’importants travaux de rénovation au cours des dernières années, permettra de rendre hommage à ces soldats à travers des panneaux explicatifs et la projection d’un film documentaire réalisés avec le concours de l’ECPAD. Des vitrines présenteront des objets et effets ayant appartenu à ces soldats, retrouvés auprès des antiquaires ou des collectionneurs.

Destiné aux familles des soldats, aux Macédoniens, notamment les élèves, les étudiants et les historiens, ainsi qu’aux touristes, l’espace muséal sera unique en son genre en Macédoine (ARYM), où cette période de l’histoire du pays est méconnue. Ce projet, labellisé par la Mission du Centenaire, culminera avec l’inauguration du bâtiment fin 2014.

Le contenu de l’espace muséal sera présenté une première fois en 2014 à l’occasion d’une grande manifestation culturelle qui constituera un temps fort des commémorations du centenaire, avant d’être exposé dans les écoles, universités et musées du pays. S’appuyant sur des cartes des zones de combat, une brochure en français et en macédonien retracera les faits les plus marquants du Front d’Orient en Macédoine (ARYM) et dressera l’inventaire des principaux lieux de mémoire. Editée à 10 000 exemplaires, elle sera disponible à l’espace muséal et diffusée dans les écoles, universités, grands hôtels et offices de tourisme du pays.

Outre ces projets labellisés, des séminaires sur la Première Guerre mondiale seront organisés avec le soutien du fonds franco-allemand et en partenariat avec l’Association des professeurs d’histoire macédoniens, dans le but de mener une réflexion sur cette période de l’histoire du pays. Par ailleurs, deux stèles seront mises en place grâce à l’aide apportée par l’Union nationale des combattants, l’une à Skopje, où sont tombés près d’un millier de soldats français qui ont participé à la libération de la capitale, l’autre dans un village reculé où se trouvent les tombes isolées de spahis marocains. La région Basse-Normandie développera également ses propres projets en Macédoine (ARYM) et apportera son concours à certaines initiatives menées localement.

Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale en Macédoine (ARYM) seront ainsi l’occasion de rendre un hommage appuyé aux soldats français, d’achever l’inventaire et la mise en valeur des lieux historiques et de mémoire, tels que les tombes isolées ou les lieux des combats, notamment les tranchées, de sensibiliser et d’informer la population macédonienne et les descendants de ces soldats, enfin de promouvoir le tourisme de mémoire.