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Le musée de la guerre italien de Rovereto

Guerre au quotidien - le musée conserve des objets de la vie quotidienne des soldats et un riche ensemble de petits objets fabriqués par les soldats à l'intérieur des tranchées.
© Musée de la guerre italien de Rovereto
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le Musée de la guerre de Rovereto a ouvert ses portes en 1921, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il conserve et expose des armes, uniformes, photographies, tableaux, archives et objets personnels. Le musée promeut la recherche et la publication autour de la thématique de la Grande Guerre et des autres conflits du XXe siècle. En plus de son exposition permanente, y sont régulièrement organisées des expositions temporaires et des activités pédagogiques.

L’histoire du musée

Un Nieuport 10 – un avion rare entièrement restauré

Durant la Première Guerre mondiale, la ville de Rovereto a été évacuée, bombardée et a subi de lourdes pertes. À la fin de la guerre, le Musée a été imaginé par un groupe d’habitants de Rovereto soucieux d’entretenir la mémoire du conflit. Le 12 octobre 1921, le roi Victor Emmanuel II inaugure le Musée. Rovereto est ainsi devenu le symbole de la « guerre de libération » et son musée un lieu de mémoire auquel des citoyens, des anciens combattants et des institutions ont envoyé de nombreux documents et objets.

La mémoire de la nation italienne, tant du point de vue public que privé, a été profondément touchée par ce conflit tout au long du XXe siècle. Pendant des décennies, des centaines de milliers de blessés et de mutilés et un nombre équivalent de veuves, d’orphelins et de familles décimées, ont précieusement conservé dans leurs foyers les souvenirs des plus de 650 000 hommes qui sont morts sur le front italo-autrichien.

Sur l’ancienne ligne de front, dans les montagnes italiennes du Trentin à Carso, dans le Nord de la France, la Belgique ou encore la Galizia polonaise, des signes en souvenir des combats sont exposés. De nombreux cénotaphes et plaques commémoratives rappellent, dans chaque village européen et dans de nombreuses villes non européennes, l'immense tragédie qu’a été la Première Guerre mondiale.

Dans les décennies qui ont suivi son ouverture, le musée a étendu ses intérêts à d'autres conflits de l'ère moderne : des guerres coloniales à de la Seconde Guerre mondiale. Le musée est désormais géré par une association et a trouvé résidence dans le château du XVème siècle de Rovereto.

La Première Guerre Mondiale dans les fonds du Musée

La Grande Guerre (1914-1918) reste le thème central du musée : armes, uniformes, kits, photographies, affiches de propagande, peintures, documents et souvenirs de soldats sont tous conservés dans les différentes salles.

Fusils et mitrailleuses : l'artillerie de la Grande Guerre

Artillerie de 1918

Le musée possède une importante collection de fusils et de mitrailleuses légères, tous utilisés au cours de la Première Guerre mondiale. Obusiers, mortiers et canons sont autant d'exemples des premières formes d'artillerie de guerre. Ils proviennent d'Italie, de l'Empire austro-hongrois, d’Allemagne et d’Angleterre et sont exposés dans les galeries souterraines, creusées au pied du château pendant la Seconde Guerre mondiale, servant alors d’abris antiaériens. Cette collection compte parmi les plus importantes expositions thématiques en Italie et comprend également des munitions (grenades, fusibles et coquillages).

Dans la ville, en contrebas, sur la Piazza del Podestà, un modèle particulièrement rare est exposé, il s’agit d’un Skoda 30,5 cm, un mortier austro-hongrois. C'est peut-être le dernier exemple de ce type d’artillerie.

Uniformes

La guerre blanche. La guerre dans les Alpes : armes, uniformes et matériels pour lutter et survivre dans un environnement hostile. Une grande partie des combats se sont déroulés sur le sommet de la montagne.

 

Le Musée garde environ 900 uniformes des différentes armées engagées dans la Première et la Seconde Guerre mondiale. Y sont également présentés un grand nombre d'uniformes modernes et une collection unique d'uniformes datant de l'âge du colonialisme.

 

La guerre au quotidien

Machine mobile à rayons X

Le musée possède un vaste ensemble de petits objets fabriqués par les soldats de l’intérieur des tranchées, à leur moment de pause ou dans les instants qui précédaient l'assaut. Ces productions d’artisanat illustrent les discours tenus sur la guerre dont le but était clairement propagandiste : des reliques, des bibelots, mais aussi des tasses et des verres, des vases, de la vaisselle ou encore des jouets sont autant de marques de leur impact sur le quotidien des soldats.

Le musée expose également des objets médicaux utilisés dans l'hôpital du camp au cours des années 1915-1918 : instruments et matériels chirurgicaux de premiers soins, trousse médicale, brancard, des boîtes utilisées pour la cuisine, les uniformes des infirmiers d'hôpital, des infirmières de la Croix-Rouge et des travailleurs médicaux italiens. Il y a aussi un modèle rare d'une machine mobile à rayons X.

Propagande

Carte satirique Austro-hongroise

Sauf quelques pièces datant du début du XIXe siècle, la collection d'affiches se compose de plus de 1000 affiches produites pendant les deux conflits mondiaux. Le musée possède une importante collection de documents de propagande : un large éventail d'imprimés - brochures, journaux, cartes postales et dépliants – et de documents. L’effort de propagande avait vocation à neutraliser le mouvement pacifiste qui avait commencé à se répandre dans le pays, jusqu’au sein même de l'armée. Pour ce faire, la propagande tente de saper le moral des troupes ennemies.

Pour ce qui est des tracts, la collection du musée couvre les périodes des deux conflits mondiaux. Émis pars les puissances belligérantes, leur but est de motiver les soldats et décourager les ennemis pour qu’ils se rendent.

Le fonds de cartes postales gardées dans les archives du musée est très riche (environ 20 000 pièces) et ajoutent une valeur incontestable à de nombreuses expositions et publications. Quelques-unes sont visibles dans le musée, mais la majeure partie est conservée dans les archives.

Dessins et peintures

Pietro Morando, Rire rouge, Oslavia-Gorizia, 1916

Depuis ses débuts, le Musée acquiert une collection d'œuvres picturales qui s'est enrichie au fil des ans. Parmi les auteurs les plus connus, le Musée a su concevoir des expositions partiellement complètes : Pietro Morando (la collection de Giovanni Balbis), Anselmo Bucci, Fred von Rieger, Armani, Coelli, les œuvres de l'étude de Nedomansky, mais aussi des œuvres créées par des artistes locaux à l’occasion de l'émission « Pas de guerre » en 1993.

 

Distinctions honorifiques et décorations

Le Musée conserve les honneurs et décorations d’italiens et d’austro-hongrois, de la Première Guerre mondiale, de l'âge du colonialisme et de la Seconde Guerre mondiale. Une remarquable collection de décorations roumaines et américaines est également présentée.

Modèles réduits

Le musée détient des modèles réduits d’artillerie et de véhicules militaires. Particulièrement originale (environ 180 pièces), la collection de la Sciacca de croquis donnés au Musée de General Dodoli est composée de projets de céramique représentant des soldats italiens avant et après l'unification de l'Italie.