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La Hongrie dans les collections de l'ECPAD

Budapest. La comtesse Andrassy, infirmière. Date et photographe inconnus.
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Avant le début du conflit, l’Autriche-Hongrie, assemblage de régions et de peuples peinant à s’entendre, est en proie à des contradictions internes : elle doit à la fois « satisfaire les Tchèques sans décevoir les Hongrois, contenir les Slaves du sud sans mécontenter la Russie et maintenir la triple alliance sans laisser l’Italie prendre l’initiative en Adriatique etc. »1. Le lien créé par la famille des Habsbourg entre ces peuples est artificiel et surmonte difficilement les disparités géographiques et politiques. De plus, l’empereur François-Joseph meurt en 1916, laissant le trône à son petit-neveu Charles 1er. Au cours du conflit, l’armée austro-hongroise mobilise au total presque neuf millions d’hommes, soit l’équivalent de soixante-dix-neuf divisions d’infanterie, réparties en trois entités, l’armée impériale, la Landwehr autrichienne et la Landwehr hongroise. Trente divisions sont engagées sur le front russe, dix sur le front roumain, trente-sept sur le front italien et deux en Albanie. Malgré la composition hétérogène de certains régiments (Polonais, Tchèques), elle demeure dans l’ensemble peu sensible à la propagande des alliés occidentaux et ne connaît de mutineries qu’à partir du printemps 1918. Les désertions qui se produisent alors sont plutôt dues à la famine liée aux problèmes de ravitaillement des troupes.

Malgré une agitation intérieure croissante, l’armée austro-hongroise conserve jusqu’à la fin de l’été 1918 toute l’apparence de sa puissance et occupe de vastes territoires : Balkans, Vénétie sur le front de la Piave où les troupes autrichiennes repoussent les Italiens. Cependant, à partir d’octobre 1918, des voix s’élèvent au parlement hongrois pour réclamer l’autonomie. Le 23 octobre, le gouvernement tombe, l’indépendance est proclamée et le rappel des troupes hongroises est décidé. Le territoire se trouve amputé des deux-tiers. Les autres nationalités composant une partie de l’Empire, Tchèques, Slovènes et Croates, proclament également leur indépendance. Le 4 juin 1920 est signé le traité de Trianon qui consacre la fin de l’Autriche-Hongrie.

La Hongrie et l’Autriche ont au cours du conflit une armée commune et les mêmes uniformes, de sorte qu’il est impossible d’identifier sur les clichés les ressortissants de l’un ou l’autre pays. Dans les fonds de l’ECPAD, les Austro-Hongrois sont essentiellement (sauf dans la série des contretypes CT, cf. ci-dessous) présents à l’état de prisonniers sur les fronts italien, albanais, russe (en Sibérie) et français, dans la Meuse (Verdun, Ligny-en-Barrois, Saint-Mihiel). Regroupés à proximité des lignes puis déplacés vers l’arrière, ils se retrouvent ensuite dans des camps sur le territoire français, dans le sud, sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, et en Corse en compagnie d’internés civils allemands. Ces camps sont installés dans des châteaux, des casernes, des abbayes et d’anciens forts militaires. Les prisonniers austro-hongrois sont occupés à diverses corvées ou à décharger les cargaisons des bateaux dans les ports. Dans certains lieux de résidence, on peut les voir suivre des cours ou faire de la musique. Plusieurs clichés ou séquences de films montrent des prises de guerre : artillerie, avion DFW exposé au musée de l’Armée à Paris. Des reportages sont consacrés à l’arrivée des plénipotentiaires autrichiens à Saint-Germain-en-Laye en mai 1919, pour la remise du traité de paix.

Dans la série CT, pour les contretypes réalisés pendant et juste après la guerre par les photographes de l’armée, figure une centaine de clichés de soldats et officiers austro-hongrois en action de leur côté du front. Les dates et lieux de ces clichés ne peuvent pour l’instant être précisés. Cette série renferme également quelques clichés pris à Budapest (couronnement de l’empereur Charles 1er, une école de mutilés, la comtesse Andrassy en infirmière, le premier régime communiste de Béla Kun en 1919, les colonels Vix et Berg, négociateurs français en Hongrie à la fin du conflit et l’occupation roumaine en 1919). Sur deux films des actualités allemandes (« Messter Woche »), on voit une compagnie de mitrailleurs austro-hongrois en montagne et un résumé de la situation militaire en juillet 1915 sur le front austro-italien.

Enfin, un document photographique issu des fonds privés et consacré à l’Autriche-Hongrie en 1914-1918 consiste en un album contenant trente-six tirages légendés, dont treize montrent des Austro-Hongrois;

Les austro-hongrois dans les archives de la SPCA
Nombre de photographies : 294.
Nombre de films comportant des séquences montrant des Austro-Hongrois : 19.

1 François Cochet et Rémy Porte [dir.], Dictionnaire de la Grande Guerre (1914-1918), Paris, 2008, p. 90.

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