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L'exposition « 1914‐1918. La Première Guerre mondiale »

Prisonniers de guerre britanniques, France, avril 1917.
© Fondation Deutsches Historisches Museum
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Pour commémorer le début de la Première Guerre mondiale, le Musée d’histoire allemande présente du 29 mai au 30 novembre 2014 « 1914‐1918. La Première Guerre mondiale », l’unique grande rétrospective allemande qui adopte une perspective européenne et globale des événements. Avec des objets venant d’Allemagne et de nombreuses institutions internationales, l’exposition restitue sur plus de 1000 m² les multiples facettes de la « catastrophe originelle » du XXe siècle comme celles de ses prémisses et répercussions.

La rétrospective propose un panorama géographique et chronologique de la guerre en 14 lieux emblématiques, des champs de bataille concrets – Verdun, Tannenberg, l’Afrique orientale allemande ou Gallipoli (bataille des Dardanelles) –, des pôles culturels et politiques comme Petrograd ou Berlin ou encore des villes occupées comme Bruxelles. Tous les lieux incarnent des étapes et des situations importantes de la Première Guerre mondiale. Ils renvoient à des évolutions générales: la modernisation des technologies de guerre avec ses répercussions physiques et psychiques pour les humains, l’économie de guerre globale, l’extension mondiale des combats et la totalisation de la guerre sur le « front intérieur ».

L’exposition met l’accent sur l’escalade de la violence. L’expérience de la violence a non seulement transformé les guerres suivantes, mais aussi la pensée et l’action politiques au XXe siècle. Les objets et les bornes médiatiques rendent tangible l’escalade de la violence sous plusieurs formes.

La guerre d’usure est illustrée par Verdun, où, sur un territoire extrêmement exigu, une quantité monstrueuse d’hommes et de matériel a été engloutie. C’est à Ypres en Belgique que le gaz toxique a été utilisé pour la première fois. L’exposition part de ce lieu concret pour mettre en lumière le développement des gaz toxiques et des grenades à gaz ainsi que les séquelles physiques et psychiques qu’ils ont laissées parmi les soldats et la population civile. La violence ne s’est pas arrêtée aux champs de bataille et n’a pas uniquement été employée contre la population civile ennemie. L’exemple de la Galicie austro‐hongroise témoigne de la façon dont des États ont stigmatisé, déporté et interné dans des camps certains groupes de leur propre population, passés au rang d’«ennemi intérieur» pour des motifs linguistiques ou religieux.

La mondialisation de la guerre est perceptible en divers endroits de l’exposition : une borne médiatique explique comment les flux commerciaux se sont réorganisés le long des alliances politiques et des nouvelles exigences de la guerre économique. L’Afrique‐Orientale allemande illustre les répercussions ravageuses de la guerre européenne sur le continent africain. Le gouverneur allemand Heinrich Schnee a décrit de façon très éloquente dans son journal intime comment les indigènes ont dû porter le poids de la guerre européenne menée sur leur sol. La péninsule de Gallipoli symbolise le combat du Royaume‐Uni contre l’Empire ottoman, dans lequel ont été enrôlés des soldats des dominions britanniques, australiens ou néo‐zélandais par exemple.

L’exposition présente différents destins individuels et les perspectives de ces personnes sur la Première Guerre mondiale. L’officier de réserve, fonctionnaire des postes et écrivain August Stramm décrit les atrocités du front oriental dans les lettres adressées à sa femme. Dans ses carnets de guerre, Ernst Jünger relate pour sa part ses expériences sur le front occidental et son ascension du volontaire enthousiaste au chef de troupe de choc hautement décoré. Deux de ces carnets, qui ont servi de base à sa description, toujours célèbre, de la Première Guerre mondiale, sont présentés dans l’exposition avec un casque britannique que Jünger a ravi à l’ennemi. La guerre a non seulement touché les soldats, mais aussi la population civile. Les notes du journal de la peintre et sculptrice Käthe Kollwitz retracent la vie à l’arrière dans la capitale allemande, où le quotidien est de plus en plus synonyme d’apathie et de lassitude face à la pénurie croissante générée par la mobilisation pour l’économie de guerre. Photographies et lettres rappellent en outre le destin des civils belges déportés par les Allemands hors des territoires occupés à des fins de travail forcé.

Un catalogue accompagne l’exposition et explore l’histoire de la Première Guerre mondiale en cent objets issus des collections du Musée d’histoire allemande. Un programme de manifestations, comprenant conférences scientifiques, tables rondes avec des personnalités de premier plan et lectures, la complète. Le Zeughaus organise une rétrospective cinématographique et un atelier médiatique pour les jeunes en coopération avec la Bundeszentrale für politische Bildung. Un guide multimédia offre aux visiteurs de personnaliser leur visite de l’exposition, des visites guidées et du matériel pédagogique facilitent l’accès des élèves à ce thème.

Deutsches Historisches Museum
Zeughaus und Ausstellungshalle
Unter den Linden 2
10117 Berlin