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le Centenaire en Sarre

Boucle de la Sarre
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Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La Sarre vient de clore les festivités de l’année franco-allemande relatives au 50ème anniversaire du traité de l’Elysée. L’« année France 2013 », vaste opération jubilaire du gouvernement Sarrois, sous l’impulsion de la Ministre Présidente et Plénipotentiaire pour les relations culturelles franco-allemandes, Mme Kramp-Karrenbauer, a fédéré la société civile autour de plus de 200 manifestations. Celles-ci ont permis de célébrer l’amitié entre nos deux pays, dans un Land qui se positionne depuis plus de 50 ans (la Sarre abrite le plus ancien des lycées franco-allemands) comme le creuset de notre coopération bilatérale, particulièrement dans les domaines de la culture et de l’éducation.

La Sarre poursuit à présent son action de commémoration alors que nous abordons le centenaire de la Grande Guerre. Cette terre ballottée entre nos deux pays, au fil de sa mutation économique, est devenue le symbole non seulement de notre réconciliation, mais également celui d’une terre de contact. Les bâtiments du poste frontière de la « Brême d’Or » (autoroute A320-A6) qui subsistaient depuis l’ouverture des frontières, dans le cadre des accords de Schengen, ont été démolis en mai dernier. Ils symbolisaient l’une des traces ultimes d’une frontière qui a fait place, depuis longtemps, à un espace de coopération régionale européenne.

Ce chemin extraordinaire que nous avons parcouru, la Sarre souhaite aussi le contempler à l’aune des déchirements de notre histoire : se souvenir dans l’espace sarro-lorrain de la Première Guerre mondiale, ensemble, français et allemands, c’est aussi se rappeler que nous avons su tirer les leçons des sacrifices passés, au profit d’une Europe de paix et d’échanges favorisés par la liberté de circulation. C’est également le moyen d’offrir aux jeunes générations la possibilité d’être les passeurs de cette histoire.

Dans cet esprit, le Gouvernement Sarrois a également lancé un groupe de travail interministériel, associant étroitement les représentants de l’Etat et des collectivités locales de la Région Lorraine, afin d’échanger sur les opérations de commémoration organisées de part et d’autre, mais, également, de pouvoir définir celles d’entre elles éligibles à une coopération transfrontalière.

La Sarre entend programmer, à ce stade, une dizaine d’opérations commémoratives (films, lecture d’ouvrages, expositions, reproduction de journaux, etc..) s’appuyant sur de nombreux acteurs : musées (musée historique de la Sarre, musée d’Ottweiler), fondations, ministères, etc. Parmi ces opérations, certaines font déjà l’objet d’une coopération étroite. C’est le cas de « traces, mémoires, frontières », fruit d’une coopération entre Mme la Rectrice d’académie de Nancy-Metz et M. le Ministre de l’éducation et de la culture de Sarre, qui permet d’associer des écoles sarroises et lorraines. Ceux-ci sont invités à créer des productions artistiques fondées sur les traces matérielles ou mémorielles laissées par ce conflit dans la Région, mais à réfléchir également à la signification de la réconciliation franco-allemande et aux différentes dimensions de la notion de frontières. C’est également le cas des rencontres musicales franco-allemandes, consacrées aux compositeurs français et allemands de l’époque et à la lecture de carnets de soldats, rencontres dont l’une des représentations se déroulera à Sarrebruck, le 8 avril prochain. Enfin, c’est également l’esprit d’un projet de reportage qui sera réalisé dans le cadre de l’Eurodistrict Sarre-Moselle, structure de coopération transfrontalière la plus symbolique possible pour accueillir un tel travail de mémoire.

Nul doute, la Sarre se prépare à ces commémorations avec autant d’enthousiasme que pour le cinquantenaire du traité de l’Elysée, consciente qu’il s’agit là d’un héritage commun de notre histoire tourmentée dont le souvenir, porté ensemble, avec nos jeunesses respectives, nous permettra de poursuivre l’indispensable travail d’intégration européenne.