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L'Allemagne dans les collections de l'ECPAD

Des prisonniers allemands dans une ferme de la Meuse. Date inconnue. Photographe : Albert Moreau.
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L’empire allemand, né le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces de Versailles, est constitué d’une fédération de plusieurs états. L’empereur Guillaume II dirige la politique militaire et internationale, aidé et conseiller par un chancelier, chef d’un gouvernement. Forte de sa démographie et de son industrie, l’Allemagne est également dotée d’une armée bien équipée et instruite, qui compte avant la mobilisation plus de huit-cent mille soldats. Le déclenchement de la guerre entraine, en août 1914, l’appel de plus de trois millions d’hommes sous les drapeaux. Confiante dans son plan d’invasion, le plan Schlieffen, elle bouscule les armées belges, britanniques et françaises, et tient tête à la puissance armée russe.

En 1916, la mobilisation de l’ensemble de la population est décrétée, redirigeant l’ensemble des moyens de production vers l’effort de guerre. Rapidement privé de son empire colonial, présent en Afrique (Cameroun), en Chine (Tsing-Tao) et dans le Pacifique (îles Marshall, Nouvelle-Guinée), l’Allemagne et sa population souffre des pénuries en matières premières et en denrées alimentaires, essentielles à la poursuite de la guerre. Gênée par la mise en place du blocus maritime de ses côtes par les flottes alliées, elle se lance dans une guerre sous-marine à outrance. Cette stratégie, qui menace un temps les voies d’approvisionnent des alliés, incite les Etats-Unis à entrer dans le conflit. Malgré d’important succès militaires, l’armée allemande voit ses effectifs laminer par les offensives meurtrières. Ne parvenant pas à remplacer les soldats tombés ou blessés au combat, elle doit finalement plier sous les coups des armées alliées, signant l’Armistice en novembre 1918.

La présence de l’Allemagne et de son armée dans les fonds photographiques et cinématographiques de l’ECPAD lors de la Grande Guerre est principalement attestée, voire surreprésentée, par les prisonniers de guerre, militaires et civils, internés dans les camps de France ou d’Afrique du Nord. Les deux cent quarante-deux reportages photographiques faisant apparaître des prisonniers témoignent de l’importance prise par ces derniers aux yeux de la propagande française. En effet, photographiés ou filmés en groupe, les prisonniers de guerre doivent fournir la preuve par l’image du succès remporté par les attaques menées par les Alliés. Toute une « rhétorique » de l’image du prisonnier allemand apparaît à l’écran ou en photographie, renvoyant l’image d’une masse d’hommes désorganisés, parfois anéantis par la violence des assauts alliés1.

L’image du prisonnier allemand est aussi captée de manière individuelle : l’opérateur peut choisir ces « modèles » en raison de leur jeune âge ou au contraire de leur âge avancé, ou bien pour mettre en évidence des caractéristiques physiques (barbe, petite lunette) qui renverront une image négative au public. Il existe également des reportages sur les internés civils allemands : présents en France lors de la déclaration de guerre, ils furent capturés et enfermés dans des lieux reculés du territoire national ; beaucoup de ces civils, familles comprises, furent internés dans les forts abandonnés de la côte bretonne.

Les images réalisées sur le sol allemand sont bien évidement prises après le 11 novembre 1918. En effet, les opérateurs français prennent de nombreux clichés et plans-séquence sur l’entrée des troupes alliées en Allemagne, qui marque le début de l’occupation des villes situées sur le Rhin, telles que Mayence, Coblence et Cologne. Ces images reflètent en grande partie le sentiment de revanche exprimé aux travers des défilés et des cérémonies effectués devant les populations allemandes.
Dans la série des contretypes (réf. SPA CT, reproductions d’images que le Service photographique s’est procurées pendant le conflit auprès d’agences de presse), il existe des images prises par des photographes du camp opposé, où l’armée allemande apparaît en activité. La série contient également des reproductions de documents administratifs ou d’affiches témoignant de la vie dans les territoires occupés par les Allemands. La collection cinématographique de l’ECPAD contient également quelques numéros d’actualités allemandes, présentées sous la collection de Messter Woche.

Enfin, certaines collections privées de l’ECPAD, accueillit au sein de don de particuliers, sont constituées de documents réalisés par des combattants allemands. Le don Reuter (réf. D113-1) contient plus de deux cent cinquante clichés, retrace le parcours d’un médecin militaire allemand engagé dans le Pas-de-Calais ou en Belgique. Autre exemple, la collection Hamann (réf. D30-1) se constitue d’une trentaine de photographies, témoignant du quotidien de soldats allemands sur le front de Verdun.

Les archives de la SPCA sur l’Allemagne
Nombre de photographies :
- 242 reportages contenant des photos de prisonniers allemands ;
- 20 reportages réalisés en Allemagne.
Nombre de films :
- 67 références de films sur les prisonniers allemands ;36 films réalisés en Allemagne ou extraits d’un journal d’actualités.

Si vous souhaitez recourir aux images de l'ECPAD pour mener à bien vos projets culturels, vous pouvez consulter les images en médiathèque, commander les images ou commander une prestation.

1. Le thème des soldats allemands morts, étendus sur le champ de bataille, est également présenté dans les fonds de la Section photographique et cinématographique de l’armée (SPCA) mais il n’apparaît pas dans cette recherche.