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Le Canada dans les collections de l'ECPAD

Cambrai : l’abbé Thulliez pose aux côtés des officiers et des soldats canadiens et britanniques présents après la libération de la ville par les Canadiens,13 octobre 1918. Photographe : Marcel Lorée.
© ECPAD
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La première guerre mondiale fut déterminante dans l’histoire du Canada. Durant ces quatre années de conflit, la population du Canada va, du fait de sa participation déterminante à l’effort de guerre de l’Empire britannique, affirmer sa stature de nation à part entière. Cette guerre plonge le Canada dans d’importantes difficultés économiques et politiques mais amène l’homogénéisation de ses forces armées, notamment par l’apparition de la conscription, en mai 1917. Dénombrant seulement soixante-trois mille hommes1 en 1914, l’armée canadienne ne cesse de se développer pendant la guerre et compte en 1918 plus de six cent mille soldats, constituant le plus gros effectif militaire au sein de l’Empire britannique. Les hommes combattent dans leur majorité sur le front occidental, en France et en Belgique. Les batailles d’Ypres, en avril 1915, de la Somme, en septembre 1916, et surtout de la crête de Vimy2, en avril 1917, font de l’armée canadienne une force estimée par les autres combattants alliés. En automne 1917, les divisions canadiennes sont engagées dans la bataille de Passchendaele où, commandées non plus par un général britannique mais par un général canadien, sir Arthur Currie3, elles subissent de lourdes pertes.

Marcel Lorée, photographe au sein de la SPCA, croise le parcours de ces unités entre les mois d’août et de novembre 1918, période connue sous le nom des « cent jours du Canada ». Durant cette dernière phase de la guerre, les troupes canadiennes, engagées aux côtés des unités britanniques, australiennes et néo-zélandaises, parviennent à percer la puissante ligne Hindenburg, position défensive établie entre Lens et Soissons, alors qualifiée d’inexpugnable par les alliés. Le 8 août, une offensive majeure à l’est d’Amiens balaie le front allemand, emportant le corps d’armée canadien dans une marche victorieuse qui l’amène à libérer la ville de Cambrai, en octobre 1918. Dans la ville incendiée par les troupes allemandes plusieurs jours avant leur départ, Marcel Lorée et le caméraman Lavanture saisissent sur plaques de verre et sur pellicule les déplacements des troupes canadiennes et britanniques dans les rues dévastées.

Avant de rejoindre le siège de la SPCA à Paris, ils assistent à l’entrée des troupes de la 1re armée britannique dans Valenciennes, les1er et 2 novembre. C’est en effet dans cette ville que les soldats canadiens livrent un combat de rue, repoussant les troupes allemandes hors de la cité nordiste. Les troupes canadiennes poursuivent leur avancée vers la Belgique, bientôt rejointes par une autre équipe de la SPCA. Les 10 et 11 novembre, elles libèrent dans un dernier combat la ville de Mons où elles apprennent la signature de l’armistice. Ces deux opérateurs, un photographe inconnu et le caméraman Renard couvrent dès le lendemain, 12 novembre 1918, le défilé des troupes du corps expéditionnaire canadien sur la Grand-Place de Mons.

Les archives de la SPCA sur le Canada
Nombre de photographies : 261.
Nombre de films comportant des séquences montrant des Canadiens : 39
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1 En août 1914, l’armée canadienne est effectivement composée de trois mille combattants professionnels et de soixante mille miliciens.
2 Le 9 avril 1917 marque une date importante dans l’histoire militaire canadienne : après de longues semaines de préparation, les soldats canadiens s’emparent en trois jours des hauteurs de Vimy, dans le Pas-de-Calais, bousculant ainsi les lignes allemandes en direction de Lens.
3 Promu au lendemain de la victoire de Vimy, le général britannique Byng transfère le commandement du corps canadien à un Canadien, le général sir Arthur Currie. Ce dernier s’emploie à déployer ses forces, quatre divisions réunies dans un seul corps d’armée, en faisant valoir son point de vue auprès du commandement britannique. À l’automne 1917, il parvient à convaincre ce dernier de lui accorder du temps pour préparer l’engagement de ses troupes dans la bataille de Passchendaele. Elles perdent malgré tout plus de quinze mille hommes, tués ou blessés.

4 Parmi lesquels douze numéros des actualités britanniques the Topical Budget.