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L'Algérie dans les collections de l'ECPAD

Région de Loivre (Marne) : dans les tranchées, Arfi Mahomed, marabout du 1er régiment de tirailleurs algériens, juillet 1917. Photographe : Amédée Eywinger.
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

À la veille du conflit, l’Algérie, constituée en départements, se trouve placée sous la souveraineté de la France depuis 1830. Elle est un des premiers partenaires commerciaux de la métropole. Suite aux premières salves tirées le 4 août 1914 sur Bône et Philippeville par des croiseurs allemands, la mobilisation se fait dans une atmosphère d’union sacrée à laquelle se joignent les notables musulmans. Venus de ces départements, des combattants de toutes origines rejoignent les fronts métropolitains et les divers fronts d’Orient.

Les difficultés de liaisons maritimes dues à la présence de sous-marins allemands en Méditerranée entravent le commerce et occasionnent des pénuries et des famines, qui expliquent un courant d’émigration de travailleurs algériens vers la métropole. Ces hommes, surtout originaires de Kabylie, vont trouver à s’employer dans l’industrie en région parisienne, à l’instar d’ouvrier travaillant dans une usine à gaz à Clichy (réf. SPA 220 M).

Les unités de tirailleurs et de spahis algériens arrivent en France dès le mois d’août 1914, s’illustrant particulièrement pendant la première bataille de la Marne. Entre 1915 et 1918, ils participent à tous les grands combats, tels que l’offensive de Champagne en septembre 1915, les batailles de Verdun, de la Somme, du chemin des Dames, jusqu’aux offensives du printemps et de l’été 1918. Nombre de tirailleurs et spahis sont tués, portés disparus ou blessés. L’ensemble de ces unités reçoivent devant les objectifs des opérateurs de la SPCA des décorations, saluant leur courage lors de faits d’armes. Parmi d’autres exemples, le 7e régiment de tirailleurs algériens (RTA) totalise six citations et son drapeau arbore la fourragère rouge de la légion d’honneur (réf. SPA 40 N, SPA 44 N, SPA 47 A, SPA 44 A).

Les 1er, 2e et 3e régiments de zouaves (RZ), formés notamment de bataillons issus d’Alger, Oran, Batna, Phillipeville et Constantine débarquent également. Le 1er RZ s’illustre notamment au mont Cornillet à l’automne 1916. Le 2e RZ est engagé à Douaumont en décembre 1916 et pendant l’attaque de la ferme du Godat en 1917, au cours de l’offensive du chemin des Dames.

Dans les fonds de l’ECPAD, les combattants venus d’Algérie sont largement représentés. Ces unités sont photographiées sur le front français, lors de phase d’attaque, ou lors de moments de repos qui sont marqués par des remises de décorations. Plusieurs reportages témoignent du quotidien de ces combattants. À Coudun dans l’Oise (réf. SPA 37 R, SPA 45 R, SPA 19 A), à Cayeux-en-Santerre ou encore à Thennes dans la Somme (réf. SPA 1 G, SPA 11 G, SPA 28 R), les tirailleurs et spahis font l’objet de photographies entre juin et septembre 1916. Plusieurs documents mettent également en avant les traditions présentes dans les régiments originaires d’Afrique du Nord. Les fêtes traditionnelles sont suivies par les opérateurs de l’armée, filmant et photographiant des fantasias notamment au camp des spahis à Coudun, lors de la fête du 7e régiment des tirailleurs marocains à Arcis-sur-Aube, ou encore à la fête du 1er RTA à Passy-Grigny (réf. SPA 42 Y).

Les régiments de zouaves formés à partir de l’Algérie font également l’objet de reportages. En 1915, un film entier est consacré au 1er RZ retranché dans le sable des plages de Nieuport. Plus tard, les jeunes recrues de la classe 1917 incorporées au 1er RZ sont photographiées à l’instruction en région parisienne. Les reporters de la SPCA croisent aussi le régiment à Confrécourt et au bois de Chaulnes en 1916, puis en juin 1918 dans l’Oise et en septembre dans l’Aisne. Le 3e RZ est photographié à l’entraînement à Sétif en 1916 ainsi qu’au retour d’une attaque sur le chemin des Dames en 1917. Il apparaît aussi dans un film près de Reims en 1918. Des tombes de soldats des 1er et 3e RZ sont également visibles dans les fonds de l’ECPAD. Des chasseurs d’Afrique, unités de cavaliers, sont par ailleurs photographiés à deux reprises sur le territoire métropolitain, à Epernay et en Picardie en 1916, sans que l’on puisse déterminer sur les clichés à quel régiment ils appartiennent.

Certaines images témoignent du rôle important joué par les troupes originaires d’Algérie lors des combats. Dans les tranchées de la Marne, ou de la Somme, plusieurs reporters de la SPCA fixent sur pellicule ou plaque de verre le quotidien de ces soldats. À Verzy, Loivre, et Bétheny au nord de Reims, les soldats du 1er RTA sont engagés pour maintenir la ligne de front (réf. SPA 65 L). Autre exemple, les hommes du 3e RTA combattent à Villers-Bretonneux, dans la Somme, stoppant une importante attaque allemande (réf. SPA 85 V). En été 1918, de nouveaux combats attendent les tirailleurs algériens, notamment lors de la contre-offensive générale des Alliés qui emmènent ainsi ces troupes en direction de l’Allemagne. Plusieurs régiments de tirailleurs algériens participent au lendemain de la guerre à l’occupation d’une partie de la Rhénanie. L’été 1919 est marqué par le défilé de la victoire où, en ce 14 juillet 1919, des régiments de tirailleurs algériens défilent sur les Champs-Elysées.

Sur le front d’Orient, on retrouve également plusieurs régiments originaires du territoire algérien : tirailleurs, notamment à Goritza, en Albanie, à Beyrouth et en Égypte près du canal de Suez, zouaves du 2e RZ bis dans le Vardar en avril 1916 et dans le secteur de Monastir en janvier 1917, ainsi que des chasseurs d’Afrique représentés dans plusieurs reportages et trois films, notamment l’entrée du 1er RCA à Uskub. En Afrique du Nord, des reportages montrent les unités, tirailleurs et spahis, au cantonnement à Blida, Médéa, Meknès, embarquant pour la France et le port de Marseille.
Les fonds privés comportent également des documents relatifs au parcours des unités algériennes sur le front français et le front d’Orient mais aussi des reportages sur la vie militaire au Maghreb portant sur une période antérieure au conflit (1908) et immédiatement postérieure (1919).

Les archives de la SPCA sur les Algériens
Nombre de reportages : 79
Nombre de photographies : environ 570
Nombre de films comportant des séquences montrant des Algériens : 41

Avertissement

L’Algérie est, lors de la première guerre mondiale, un territoire français constitué de trois départements (Oran, Alger et Constantine) et des Territoires du sud.

Le choix d’avoir placé ces trois départements et Territoires du sud dans la rubrique « nations belligérantes » sous l’actuel drapeau algérien a été motivé par une approche de recherche documentaire contemporaine, qui n’est bien sûr pas identique à la géopolitique de l'époque. Ainsi, certains départements ou territoires appartenant à l’Empire colonial français de l’époque apparaissent sous leur statut actuel de nation indépendante. De même, certains départements qui, lors de la première guerre mondiale, appartenaient à l’Allemagne (la Moselle et les départements alsaciens), sont classés dans les actuels départements français.

Cette vue d’ensemble pour toutes les synthèses documentaires ne s’applique pas aux seuls anciens départements français d’Algérie ; elle facilite la recherche documentaire des internautes par la seule entrée des pays ou départements actuels.
Ceci ne constitue en rien une atteinte au légitime devoir de mémoire qui doit être porté à l’ensemble des combattants français d’Algérie, et plus généralement aux anciens départements français d’Algérie.

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