Dans le camp retranché de Paris (1er septembre - 7 octobre 1914)

Dans le camp retranché de Paris (1er septembre - 7 octobre 1914)

Fusiliers marins à Paris (photographie de presse / Agence Rol), 1914.
© Gallica/BnF
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Sur le pied de guerre

Le 2 septembre, la brigade quitte ses cantonnements parisiens. Elle est incorporée dans le corps d'armée du général Armand Mercier-Milon affecté à la défense du camp retranché de Paris. Les fusiliers sont organisés en force de campagne et s'établissent en dehors de Paris. De nombreuses missions leur sont confiées : soutien des forces d'infanterie, occupation des villes de la région parisienne pour y maintenir l'ordre et assurer une présence militaire, construction d'un pont flottant sur l'Oise. Le 12 septembre, Ronarc'h reçoit du commandant en chef, le général Joseph Joffre, l'annonce de la victoire sur les Allemands. Dans les jours qui suivent, le régiment Varney est engagé dans une opération destinée à « purger » les forêts de Chantilly et d'Ermenonville des derniers Allemands qui s'y trouvent depuis leur retraite.

Le baptême du feu

Le 18 septembre, Pinguet se rend à Creil en train blindé pour une mission spéciale : s’assurer de la manière dont fonctionne le service de garde de la ligne de chemin de fer Pontoise-Creil -et au delà- et prendre toutes les mesures nécessaires en vue de protéger les réparations des voies dans la région du Nord. Il doit aussi « promener » ses 250 hommes dans la région non encore occupée par les troupes françaises pour y produire de l’effet moral, c'est-à-dire refroidir l’ardeur des patrouilles allemandes, redonner de la confiance aux populations, permettre aux travailleurs militaires -génie et chemin de fer de campagne- de faire leur métier en toute tranquillité d’esprit. « Pour des marins, écrit Pinguet, il n’est pas de mission qui convienne mieux : audace, initiative, esprit de décision ». Le lendemain, au Nord de Montdidier, les hommes de Pinguet ouvrent le feu sur une patrouille de uhlans, « dix casques à pointe ». Le 20 septembre, le capitaine de frégate Léon de Kerros se met en liaison avec Pinguet et lui demande de se diriger sur Roye avec le train pour exercer la surveillance de la ligne.

Au cours de cette reconnaissance, à la Boissière, la compagnie Pinguet a un engagement cette fois avec une forte colonne de cavalerie soutenue par une puissante artillerie ; les fusiliers la mettent en fuite et lui infligent de grosses pertes. Mais le tir de l'artillerie allemande dont la mise en batterie est remarquablement rapide, oblige le train touché par une quarantaine d’obus, à battre en retraite. La compagnie compte trois tués et huit blessés dont trois gravement. Toutefois, son moral reste excellent. Les hommes ne retiennent qu’une chose : la débandade éperdue des cavaliers. La réputation des Allemands leur paraît surfaite. Jean Laot, né à Landéda, 23 ans, François Guéganton, natif du même village, 16 ans, tous deux matelot de 3e classe sans spécialité, et Jean-Marie Paranthoen, né à Pleubian, 25 ans, matelot de 2e classe gabier breveté, sont les trois premiers morts de la brigade.