Charles de Luppé (18 février 1892-26 août 1914)

Charles de Luppé (18 février 1892-26 août 1914)

Charles de Luppé.
© Ecole nationale des chartes
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Après avoir commencé ses études classiques dans sa famille, Charles de Luppé fut élève du lycée Bufïon, où de très bonne heure ses dispositions pour les études historiques furent remarquées. Il s'y adonna tout entier en passant l'examen de la licence ès lettres, en suivant les cours de l'École des Chartes et de l'École des Hautes Études, en préparant une thèse sur l'historien Paul- Émile, dont il est parvenu à découvrir le véritable nom (Paolo Coimi) et à écrire la biographie au prix d'un travail acharné. Le prix de thèse, qui fut accordé à cet excellent travail d'historiographie, ajouta un laurier de plus à ceux qu'il avait conquis à l'École durant ses trois années d'étude. Il n'avait encore publié que deux modestes travaux : Coutumes de Saint-Jean- Poutge (1306), dans la Nouvelle Revue historique de droit en 1912 ; et Un inventaire du château de Castelmore, château natal de d'Arlagnan (Senlis, 1913). C'est en uniforme que Luppé avait soutenu sa thèse (janvier 1914) ; c'est sous le même uniforme qu'il partit avec son régiment, le 51e, dans les derniers jours du mois de juillet suivant, et qu'il se trouvait à Virton le 22 août. Dans cette journée on le signala à ses chefs comme doué d'un calme, d'un courage et d'une intelligence peu communs. Et ce fut tout : au cours d'une attaque à la baïonnette non loin de Stenay, dans la nuit du 26 au 27, il tomba, disparut aux mains des Allemands. C'est le cœur angoissé et meurtri que ses parents attendirent vainement l'armistice pour connaître le sort du malheureux enfant dont nulle nouvelle n'était parvenue jusqu'à eux, et réussirent seulement dans ces tout derniers mois à pouvoir identifier son corps.