Avant-propos

Avant-propos

Sans illustration

Perspectives principales

  1. Proposer des références de textes qui permettraient d’illustrer six temps forts de la guerre et d’interroger les représentations, la possibilité ou l’apport de l’écriture à l’événement ou à la mémoire. À cet égard, les textes retenus, écrits en français, sont accompagnés de références complémentaires faisant appel à des traductions, afin de prendre en considération l’écriture de la guerre dans les divers camps qui déchirèrent l’Europe et avec elle le monde.
  2. Montrer que de nombreux écrivains ont connu des évolutions semblables dans leur rapport à la guerre : engagement volontaire et enthousiaste, désillusion rapide, traumatisme du front qui les convertit à un autre engagement : pacifisme inconditionnel ou extrémisme politique
  3. Constater que la production littéraire, abondante, et de formes plutôt traditionnelles, en France comme en Allemagne dans les premières années de la guerre, se tarit progressivement à partir de 1917 pour laisser place au silence. La guerre qui atteint l’indicible ? Une paix dont on ne parvient pas à exprimer le sens ?
  4. Souligner que la Grande Guerre est perçue comme un changement d’époque, la véritable entrée dans la modernité du XXème siècle. Après la guerre, tout est à reconstruire, à recréer : les individus et les sociétés mais aussi les formes de la littérature et de l’expression artistique.
  5. Pour chaque entrée, proposer des extraits écrits dans des genres et à des époques diverses, classés chronologiquement, de manière à faire entrevoir, par-delà l’écriture de l’événement, la relativité du point de vue et l’inflexion du travail de mémoire : le témoignage contemporain de l’événement se distingue des réinterprétations ultérieures, des oublis ou des réorchestrations, à la fin du XXème siècle, des « fables du deuil ».

Mode d’emploi

L’arborescence mise ici à disposition des professeurs a distingué six dates ou périodes, reconnues décisives par les historiens dans le déroulement de la première guerre mondiale. La diversité proposée permet à la fois d’aider les enseignants dans l’exploration d’une matière littéraire et artistique considérable, et de leur assurer une liberté dans les choix à effectuer parmi les propositions. Il est autant possible de se concentrer sur une seule date, et étudier dès lors les variations de la représentation donnée à travers les genres et les époques de la rédaction, que d'inventer un parcours, en sélectionnant parmi les documents proposés afin de construire une séquence répondant par exemple à l’un ou à quelques-uns des objectifs énumérés ci-dessus.

Ce travail a été réalisé par Olivier Barbarant pour le groupe des lettres de l’inspection générale, avec l’aide de Mesdames Corinne Leenhardt (IA-IPR) et de Véronique Dubuc (professeur).

Quelques références scientifiques 

Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, 14-18, retrouver la Guerre, Gallimard, 2000, réédition folio histoire n° 125.
Beaupré Nicolas, Écrire en guerre, écrire la guerre, France-Allemagne 1914-1920, éditions du CNRS, 2006.
Becker Jean-Jacques et alii, Guerres et Cultures 1914-1918, Paris, Armand Colin, 1994.
Becker Annette, Les Monuments aux morts : patrimoine et mémoire de la Grande Guerre, Paris, éditions Errances, 1988.
Cru Norton, Témoins (1929), réédition Presses Universitaires de Nancy, 1993 ; Du témoignage (1930), réédition Allia, 1990.
Dagen Philippe, Le silence des peintres – Les artistes face à la Grande Guerre, éditions Fayard, 1996.
Antoine Prost, Jay Winter, Penser la Grande Guerre, éditions du Seuil, 2004, réédition points-Seuil, n° 336.
Trévisan Carine, Les Fables du deuil – La Grande Guerre : mort et écriture, Presses Universitaires de France, 2001.
Dominique Viart, La littérature française au présent, éditions Bordas, 2005, chapitre « La littérature contemporaine et la Grande Guerre », p. 127 à 141.