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Écrire l’histoire d’un ancêtre soldat de la Grande Guerre : le travail des écrivains publics-biographes

Livre réalisé par Sylvie Monteillet, écrivain public-biographe dans la Drôme.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les écrivains publics-biographes répondent aux demandes des particuliers qui souhaitent retracer leur vie ou celle de leur ancêtre sous forme de livre, le plus souvent à destination du cercle familial.

Qu’elles proviennent de généalogistes amateurs ou passionnés, ayant d’ores et déjà effectué des recherches sur le parcours de leur ancêtre, ou bien de simples descendants de Poilus qui cherchent justement à en savoir plus sur la vie de leur grand-père, arrière-grand-père soldat, les demandes de biographies ont pour point commun de vouloir transmettre une histoire aux générations futures.

L’écrivain public, qui met ses compétences rédactionnelles au service d’autrui, exerce ici une tâche d’écriture bien spécifique et devient biographe pour particuliers. La base de travail pour œuvrer à la réalisation d’une biographie est large : récits de personnes qui ont pu connaître le soldat – ses enfants, notamment – documents de toute sorte en possession de la famille : photographies, lettres, carnets, décorations, dessins... En outre, en l’absence d’un témoignage oral du principal concerné, l’écrivain public-biographe effectue un travail de recherche conséquent pour retracer le parcours du soldat.

La réalisation d’une biographie est une œuvre de plusieurs mois ; des entretiens avec la famille du Poilu et le recueil des documents sont le point de départ. Les recherches documentaires poursuivent la reconstitution de ce moment de vie crucial. À la différence d’un recueil de correspondances, la biographie permettra de rendre compte d’une part plus large de l’histoire d’un homme et de l’inscrire ainsi dans l’Histoire. L’évocation des batailles et des grands événements auxquels le soldat a participé permet notamment pour les lecteurs qui n’auraient qu’une notion relative de la terrible réalité de la Grande Guerre, de mieux comprendre ce que leur ancêtre a vécu.

Tout document peut être inséré dans la biographie : acte d’état civil, extraits de correspondance, photographies, carnet militaire, citations... La plupart du temps destiné à une petite distribution familiale, le livre est imprimé au nombre d’exemplaires désiré. C’est l’occasion pour certaines générations de découvrir la vie de cet ancêtre dont elles ne connaissaient que l’élégant port de moustaches sur des photos en noir et blanc d’un autre temps.

Les mairies peuvent aussi faire appel aux écrivains publics-biographes pour se souvenir de leurs Poilus et de la vie de la commune durant 14-18. Le professionnel peut écrire quelques pages souvenirs sur des natifs, morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, et retracer le parcours de ces enfants du pays partis trop tôt. Un recueil de toutes ces biographies condensées est ensuite réalisé afin de ne pas oublier la vie de ceux dont il ne reste plus désormais qu’un nom sur un monument. Un ouvrage peut également être consacré à la ville elle-même et à la façon dont elle a affronté les quatre années du conflit.

Certains écrivains publics interviennent par ailleurs pour parler de la Grande Guerre aux plus jeunes. Dans les écoles primaires, les collèges ou les lycées, l’écrivain public peut notamment présenter des authentiques lettres de Poilu, revenir sur les protagonistes du conflit, sur leurs tenues, et présenter des éléments de l’équipement des combattants (casques, havresac, cartes à jouer, briquets...). C’est l’occasion de parler de la vie dans les tranchées, mais aussi de la vie à l’arrière, plus particulièrement de celle des enfants, avec une réflexion autour d’affiches du « Service de la main-d’œuvre scolaire », qui demandait aux élèves de 14-18 de participer à l’effort de guerre.

Après plusieurs interventions, l’écrivain public peut organiser un atelier d’écriture avec les élèves. Les résultats sont surprenants, les jeunes faisant preuve d’un talent littéraire peu commun.

Afin de valoriser ces biographies d’ancêtres soldats et de présenter le travail des écrivains publics-biographes en la matière, l’Académie des Écrivains Publics de France organise le 28 mars à Paris une conférence sur le thème : « 14-18, Écrire la biographie d’un ancêtre soldat ».

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