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Vers la Grande Guerre, Margaret MacMillan : portraits des protagonistes

Dans son ouvrage Vers la Grande Guerre. Comment l'Europe a renoncé à la paix, Margaret MacMillan s'intéresse aux mécanismes stratégiques, économiques mais aussi humains qui ont conduit au déclenchement de la guerre. Elle dresse ainsi une série de portraits des dirigeants qui, à travers toute l'Europe, ont choisi à un moment donné de s'éloigner du processus de paix. Voici une sélection des portraits de ces protagonistes réalisée à partir de l'ouvrage.

Robert Cecil Salisbury, vers 1900

Robert Cecil Salisbury. Pour beaucoup de gens, Robert Cecil Salisbury incarnait le calme et l’assurance des classes supérieures britanniques, et même du pays tout entier. Riche, intelligent et lié à de nombreux aristocrates anglais, il fut trois fois Premier ministre conservateur entre 1885 et 1902.

© IAM/akg-images

Cette photographie de mariage à Cobourg en 1894 montre les nombreux liens qui unissaient les familles royales européennes. La plupart des personnalités présentes étaient apparentées à la reine Victoria, assise à l’avant, toujours en deuil. Son petit-fils, Guillaume II, empereur d’Allemagne, est assis à gauche, avec derrière lui son cousin Nicolas, sur le point de devenir tsar de Russie. Le fils de Victoria, le futur Édouard VII, se trouve juste derrière Nicolas, tandis que la future tsarine, Alexandra, se tient entre Guillaume et Victoria.

© Bernard Platman Antiquarian Collection/The Bridgeman Art Library. Collection privée

Le Kaiser Guillaume II d'Allemagne et Édouard VII. Guillaume (à droite) adorait sa grand-mère Victoria, mais il avait des relations difficiles avec le fils et successeur de la reine, Édouard VII (à gauche), qu’il soupçonnait de vouloir créer une coalition contre l’Allemagne. Édouard se méfiait tout autant de lui, et trouvait son neveu agaçant.

© Mary Evans/SZ Photo

Otto von Bismarck. Il fut le plus grand homme d’État de son temps. Non seulement il créa le nouvel État allemand en 1871, mais il domina les relations internationales européennes.

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Bernhard von Bulow. Il fut chancelier et chargé de la politique étrangère de l’Allemagne de 1900 à 1909. Il parvint, pour l’essentiel, à contrôler les décisions de Guillaume II, monarque imprévisible, mais ne put empêcher la course navale avec la Grande-Bretagne. Ici, en uniforme italien, 1908.

© Bundesarchiv, Coblence

Alfred von Tirpitz, vers 1910. Il était convaincu que l’Allemagne avait besoin d’une marine forte pour devenir une puissance mondiale. Guillaume II, qui partageait ses ambitions, le nomma secrétaire à la marine en 1897 et Tirpitz mit en marche un programme massif de construction navale.

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L'amiral Jacky Fischer, vers 1896. Énergique et opiniâtre, l’amiral Jacky Fisher revitalisa et réorganisa la marine britannique pour affronter le défi croissant de l’Allemagne. Il fit revenir une bonne partie de la flotte dans les eaux territoriales et fut à l’origine de la construction d’énormes dreadnoughts.

© Robert Hunt Library/Mary Evans

Théophile Delcassé. Soucieux de rétablir la puissance et le prestige d’une France humiliée par l’Allemagne de Bismarck, Théophile Delcassé fut l’un des plus compétents parmi les ministres des Affaires étrangères de la IIIe République.

© Roger-Viollet/Topfoto

Le Tsar de Russie Nicolas II. Nicolas II et son épouse allemande Alexandra (au centre), vivaient avec leurs enfants loin de Saint-Pétersbourg et, malgré l’agitation croissante dans le pays, continuaient à croire que le peuple russe leur restait fidèle. De gauche à droite, les princesses Marie, Olga, Tatiana et Anastasie. Le petit garçon est Alexis, héritier du trône, atteint d’hémophilie. Tous furent assassinés par les Bolcheviks en 1918.

© Library of Congress Prints and Photographs Division Washington DC

L’empereur d’Autriche-Hongrie François-Joseph. Il régna de 1848 à 1916 sur un empire dont la superficie diminua peu à peu. Animé d’un solide sens du devoir, il menait une vie consacrée au travail et réglée par des habitudes imperturbables.

© Illustrated London News Ltd/Mary Evans

Le comte Franz Conrad von Hötzendorf, 1900. Il voyait son pays comme entouré d’ennemis, depuis l’Italie et la Serbie au sud jusqu’à la Russie à l’est. Lors des diverses crises qui précédèrent 1914, il recommanda systématiquement la guerre.

© Mary Evans/SZ Photo/Scherl

Ivan Bloch. Le financier russe Ivan Bloch (ou Jean de Bloch) avait compris qu’une nouvelle guerre générale pourrait déboucher sur une impasse, avec des coûts que les sociétés européennes ne pourraient supporter.

© New York Public Library/The Bridgeman Art Library

Bertha von Suttner, 1908. Écrivain et militante, elle fut l’une des principales personnalités du mouvement pacifiste qui prit son essor avant la Grande Guerre. Elle œuvra sans relâche en faveur du désarmement et du règlement pacifique des litiges, et persuada le magnat des explosifs, Alfred Nobel, de léguer une fortune considérable afin de financer un Prix de la paix.

© Imagno/akg-images

Alfred von Schlieffen donna son nom au Plan Schlieffen, qui supposait que l’Allemagne devrait se battre sur deux fronts, contre la Russie et la France. En violant la neutralité belge, que l’Allemagne s’était engagée à défendre, le plan augmentait considérablement le risque d’une entrée en guerre des Britanniques.

© Mary Evans/SZ Photo/Scherl

Helmuth von Moltke, chef de l’état-major général allemand, était un homme pessimiste et dépressif qui ne se sentait pas à la hauteur de ses fonctions. Durant la crise de 1914, il s’effondra, victime d’une crise de nerfs.

© Roger-Viollet/Topfoto

Vladimir Soukhomlinov, 1909. Intelligent et compétent, Vladimir Soukhomlinov était aussi orgueilleux et corrompu. Tout en aidant à préparer les forces armées en vue d’une guerre, il surestimait leur capacité à prendre l’offensive. En 1916, il fut jugé pour abus de pouvoir et trahison.

© RIA Novosti/Topfoto

Joffre et Poincaré, Toulouse, 1913. Le général Joseph Joffre (à gauche) devint chef de l’état-major général français en 1911. Efficace et flegmatique, il inspirait confiance aux hommes politiques. Comme beaucoup, c’était un farouche partisan de l’offensive. Ici, lors de manœuvres de l’armée, il est accompagné du président Raymond Poincaré (au centre), ardent nationaliste.

© Roger-Viollet/Topfoto

Sir Edward Grey, ministre britannique des Affaires étrangères de 1905 à 1916, était un libéral qui croyait en l’empire, un homme d’État qui n’aimait pas les pays étrangers, un snob qui soupçonnait tout le monde de viles intentions.

© Mary Evans

Alois Aehrenthal, environ 1907. Comme la plupart des hommes d’État d’Autriche-Hongrie, le ministre des Affaires étrangères Alois Aehrenthal était issu de l’aristocratie. Profondément conservateur, il voulait avant tout servir l’empereur et permettre à l’Autriche-Hongrie de préserver son rang de grande puissance.

© akg-images/Ullstein Bild

Theobald von Bethmann-Hollweg, vers 1914. Comme bien d’autres dirigeants civils, Theobald von Bethmann-Hollweg, chancelier allemand de 1909 à 1917, aimait à se présenter en uniforme militaire. Tout en espérant une amélioration des relations avec la Grande-Bretagne, il n’eut pas la force de s’opposer à Guillaume et à Tirpitz pour mettre un terme à la course navale.

© Mary Evans/Süddeutsche Zeitung Photo

Leopold Berchtold, 1915. Bel homme, cultivé et excessivement riche, le comte Leopold Berchtold fut ministre austro-hongrois des Affaires étrangères de 1912 à 1915. Bien que favorable à la paix, il se persuada peu à peu qu’il fallait anéantir la Serbie.

© Illustrated London News Ltd/Mary Evans

István Tisza. Aristocrate hongrois qui fut par deux fois à la tête du gouvernement. Intelligent, fier et opiniâtre, il tenait à maintenir la domination hongroise sur les importantes minorités nationales présentes à l’intérieur des frontières du pays. Initialement réticent à soutenir une guerre contre la Serbie, il finit par changer d’opinion.

© Mary Evans/SZ Photo/Knorr & Hirth

Herbert Asquith, 1915. Il fut Premier ministre libéral de 1908 à 1916. Homme politique habile qui réussit à maintenir l’unité d’un parti divisé et dut gérer les troubles sociaux en Angleterre et la rébellion en Irlande, il laissa l’essentiel des affaires étrangères à Grey.

© Illustrated London News Ltd/Mary Evans

Gavrilo Princip, nationaliste serbe fanatique, tira lui-même les coups de feu qui tuèrent François-Ferdinand et sa femme. Parce qu’il était alors mineur, il ne put être exécuté. Condamné à une peine de prison, il succomba à la tuberculose en 1918, sans le moindre remords quant à la catastrophe européenne qu’il avait contribué à déclencher.

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Dragutin Dimitrijević. Surnommé « Apis » ou le Taureau à cause de son physique et de son caractère redoutables, le colonel Dragutin Dimitrijević était chef du renseignement militaire serbe en 1914. Profondément impliqué dans les sociétés secrètes nationalistes serbes, il encouragea le complot visant à assassiner l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand à Sarajevo.

© Margaret MacMillan, Vers la Grande Guerre. Comment l’Europe a renoncé à la paix, Paris, Autrement, 2014.

François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et son épouse Sophie partant un matin d’été pour leur dernier voyage, le 28 juin 1914. Le moment n’aurait pu être plus mal choisi, puisqu’il coïncidait avec la fête nationale serbe. Malgré des avertissements parlant de complots terroristes, le service de sécurité était très relâché. La mort de l’archiduc fit disparaître le seul proche de l’empereur qui aurait pu le dissuader d’entrer en guerre.

© Robert Hunt Library/Mary Evans

Jean Jaurès, 1914. Éminent socialiste français, Jaurès était l’un des plus éloquents parmi les pacifistes européens. Il espérait réunir les partis de gauche et les syndicats en une Deuxième Internationale, force solide et opposée à la guerre. Dans la crise finale de 1914, il lutta jusqu’au bout pour la paix. Un nationaliste de droite l’abattit peu avant l’éclatement du conflit.

© akg-images
  • Robert Cecil Salisbury, vers 1900
  • Cette photographie de mariage à Cobourg en 1894 montre les nombreux liens qui unissaient les familles royales européennes.
  • Guillaume (à droite) adorait sa grand-mère Victoria, mais il avait des relations difficiles avec le fils et successeur de la reine, Édouard VII (à gauche), qu’il soupçonnait de vouloir créer une coalition contre l’Allemagne.
  • Otto von Bismarck, 1890
  • Bernhard von Bulow en uniforme italien,1908
  • Alfred von Tirpitz, vers 1910
  • L’amiral Jacky Fisher
  • Théophile Delcassé
  • Nicolas II, tsar de Russie, et son épouse allemande Alexandra (au centre).
  • L’empereur d’Autriche-Hongrie François-Joseph
  • Le comte Franz Conrad von Hötzendorf
  • Le financier russe Ivan Bloch
  • Bertha von Suttner
  • Alfred von Schlieffen
  • Helmuth von Moltke
  • Vladimir Soukhomlinov
  • Le général Joseph Joffre et le Président Raymond Poincaré
  • Sir Edward Grey
  • Alois Aehrenthal
  • Theobald von Bethmann-Hollweg
  • Leopold Berchtold
  • István Tisza
  • Herbert Asquith
  • Gavrilo Princip
  • Colonel Dragutin Dimitrijević
  • François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie.
  • Jean Jaurès
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