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Exposition "Témoins : nos champs de bataille vus par les Canadiens"

L'artillerie canadienne à l'œuvre, de Kenneth Forbes (vers 1918)
© Collection Beaverbrook d’art militaire Musée canadien de la guerre
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

A l'occasion du centenaire de la bataille d'Arras et de Vimy, le musée des Beaux-Arts d'Arras propose du 18 mars au 11 juin 2017 une exposition consacrée à l'art canadien. Où des oeuvres d'artistes célèbres côtoient celles de simples soldats de la Grande Guerre, pour témoigner de cette page tragique de l'histoire du XXe siècle.

A travers une soixantaine d’oeuvres d'artistes canadiens, dont des croquis réalisés dans les tranchées, le visiteur est invité à redécouvrir avec cette exposition un pan d’histoire qui a durablement marqué Arras et sa région. Divisée en cinq sections, l'exposition fait découvrir le regard que posent des membres du Corps expéditionnaire canadien sur leurs expériences de la Première Guerre mondiale, tant au pays qu’outre-mer, comme artistes de guerre officiels ou comme soldats sur le terrain. Tous ont ainsi illustré le conflit pour leurs contemporains et les générations futures de Canadiens en montrant la vie quotidienne des hommes sur les champs de bataille, les paysages de Flandre et du Pas-de-Calais, les ruines, les soldats et les outils de guerre.

1 - Les Canadiens à Arras

La ville d'Arras a été en première ligne pendant une bonne partie de la Première Guerre mondiale. Cible d’une multitude d’attaques, la ville a servi de centre logistique important, notamment pour les transports ayant permis l’avance des Alliés. Des milliers de soldats étaient logés à Arras, et le Corps canadien était stationné à proximité.
La bataille d’Arras, le premier grand combat livré dans la région, s’est déroulée en avril 1917, lorsque le haut-commandement britannique a ordonné une offensive majeure contre les Allemands. Au cours de cette offensive, le Corps canadien s’est emparé de la crête de Vimy, solidement fortifiée, située juste au nord d’Arras. Sur ce parcours, on peut y voir la toile La route de Cambrai (1918) de Maurice Cullen, artiste de guerre officiel canadien sur laquelle il y dépeint un long convoi sillonnant la route qui relie Arras à Cambrai.

2 - Canadiens et Canadiennes en guerre

Le Fonds de souvenirs de guerre canadiens et le Bureau canadien des archives de guerre ont joué un rôle décisif dans la création d’oeuvres d’art militaire. Des artistes canadiens de grande renommée, à qui on avait commandé des oeuvres pour mettre en exergue des faits militaires, ont été parachutés outre-mer. D’autres artistes ont été recrutés dans les forces armées ou encore détachés comme artistes de guerre. Tous ont témoigné de la Première Guerre mondiale par leur art. Leurs oeuvres, réalisées pendant le conflit ou immédiatement après, reflètent un éventail de styles et forment une importante collection d’art contemporain de cette période. Parmi les oeuvres exposées, celle de Mabel May Femmes fabriquant des obus, réalisée en 1919, en est un tableau vedette. Il illustre des hommes et des femmes travaillant dans une usine d’armement canadienne. L'artiste fut une des rare femmes à avoir le statut officiel d'artistes de guerre.

3 - Outils de guerre

La première guerre mécanisée au monde a suscité la création d’un vaste éventail de technologies. Les avions et les chars de combat sont une nouveauté, et les mitrailleuses et l’artillerie deviennent plus meurtrières. Pourtant, certains moyens conventionnels, comme les animaux de charge, sont toujours en usage. La modernité comme la tradition ont inspiré bien des artistes. Les oeuvres présentées dans cette section illustrent la construction d’avions ou de bateaux, mais aussi des chars, en action ou détruits, ainsi que des chevaux tirant des chariots sur les champs de bataille. Dans L’artillerie canadienne à l’oeuvre (vers 1918), Kenneth Forbes illustre l’épuisement des artilleurs durant l’offensive de la Somme, en 1916.

4 - Ruines de guerre

Les maisons, les églises et les villages détruits par les combats ont inspiré plusieurs artistes, qui voyaient dans ces destructions une "beauté tragique". Cette section comprend trois oeuvres d’artistes qui ont illustré les ruines de l’église d’Ablain-Saint-Nazaire, près de la crête de Vimy, en France, qui date du XVIe siècle, ainsi que quatre oeuvres montrant la destruction de la ville d’Ypres, en Belgique.

5 - Paysages de guerre

Sujet phare des peintres canadiens, le paysage occupe une place prédominante chez les artistes.  Ces derniers n’ont pas peint de scènes bucoliques, mais plutôt la campagne européenne devenue champ de bataille percé de trous d’obus et de tranchées, illuminés par les combats nocturnes et peuplés de combattants. Les artistes ont voulu illustrer toute l’horreur que les Canadiens vivaient au front, tout en montrant leur bravoure au combat. Plusieurs oeuvres sont exposées dont celles du soldat Douglas Culham Chemin de boue menant à Passchendaele (vers 1917), dans lequel l'artiste montre le caractère chaotique de la bataille de Passchendaele, peignant des hommes et des chevaux qui transportent des munitions au milieu des tourbillons de fumée.

Informations pratiques

Musée des Beaux-Arts d'Arras
Abbaye Saint-Vaast, 22 rue Paul Doumer, 62000 Arras
Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 11h - 18h
Samedis et dimanches : 10h - 18h30
Entrée libre

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