Autour de la Grande Guerre > L’exposition « Les Poilus de Bourbon. Le Lycée Leconte de Lisle dans la Grande Guerre » - Académie de La Réunion

L’exposition « Les Poilus de Bourbon. Le Lycée Leconte de Lisle dans la Grande Guerre » - Académie de La Réunion

Affiche « Les Poilus de Bourbon »
© Collège de Bourbon
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L’exposition « Les Poilus de Bourbon. Le Lycée Leconte de Lisle dans la Grande Guerre » retrace les parcours de 55 anciens élèves du Lycée Leconte de Lisle, aujourd’hui Collège de Bourbon, au cours de la Première Guerre mondiale.  Morts pour la France, leurs noms sont inscrits sur les plaques commémoratives dans le hall d’entrée de l’établissement.

Ce travail s’appuie sur de nombreux documents d’archives issus des Archives départementales de La Réunion, des Archives nationales d’outre-mer et des Archives départementales de Paris : feuillets matricules, articles de presse, actes de décès. Des photographies provenant d’archives familiales et des portraits dessinés par les élèves à partir du signalement physique porté sur le feuillet matricule donnent à voir d’un point de vue plus humain ces individus.

Anciens élèves du Lycée Leconte de Lisle, des sources de la série T Enseignement général  a  fourni quelques copies et des sujets d’oraux du Baccalauréat, des relevés de notes et des diplômes.

Les récits rédigés par les élèves de Troisième à partir de l’ensemble de ces sources permettent l’entrée dans le parcours de ces individus. Ecrits avec l’aide de l’écrivain togolais Gustave Akakpo, ils constituent aussi le regard et le ressenti des élèves sur le parcours de ces soldats.

Parmi les neuf thématiques retenues, une concerne spécifiquement la participation des poilus de notre école à  la bataille de Verdun.

La thématique « Ceux de Verdun » constituée de trois panneaux veut mettre en évidence les parcours de cinq d’entre eux.

Panneau  « La bataille de Verdun » 

Pour contextualiser la bataille de Verdun, le panneau est composé d’un texte court et d’une carte permettant de visualiser l’attaque allemande à partir de février 1916 qui aboutit à la prise des forts de Vaux et de Douaumont puis la reconquête française à partir du mois d’août.

La figure de Henri Caeiz d’Epinay est celle d’un Saint-Cyrien, capitaine adjudant-major au 234e Régiment d’Infanterie. Les pages du Journal de Marche et d’Opération de son régiment sont intéressantes : non seulement elles permettent de reconstituer les éléments constitutifs d’une attaque (Qui ? Où ? Comment ? Quels résultats et pertes ? Quelle durée ?) et d’y lire les compte-rendu militaires (« Le moral de la Cie pendant cette affaire a été en tous points excellents et beaucoup ont fait preuve d’un mépris absolu du danger pour exécuter les ordres reçus en vue d’empêcher toute avance de l’ennemi dans le secteur. »), mais on peut surtout y retrouver le nom de Caiez d’Epinay et les circonstances de sa mort : blessé le 3 juin par un éclat d’obus, il meurt deux jours après des suites de ses blessures, « à l’ambulance ».

Panneau « Marcel Blay, élève brillant, engagé volontaire le 15 septembre 1914 »

La très belle photographie de la famille Blay montre les jeunes hommes en 1914 tous trois incorporés au 6e Régiment de Hussards : les deux frères, Marcel l’aîné, et son cadet Louis. Le premier meurt à Verdun en 1916, le deuxième survit à la guerre et rentre à La Réunion en 1919.

Brillant élève au Lycée Leconte de Lisle, Marcel Blay  passe les épreuves du Baccalauréat en août 1910 et obtient des résultats remarquables avec une mention Très Bien. Après un rapide passage au 6e Régiment de Hussards, il est incorporé au Régiment Colonial du Maroc. Régiment le plus décoré de la Première Guerre mondiale, c’est celui notamment qui reprend le fort de Douaumont en octobre 1916. A Verdun, Marcel Blay, aspirant à la tête d’une section se trouve dans le secteur de la côte 304. La date de sa mort, en juillet 1916,  correspond au dernier effort allemand pour atteindre Verdun.

L’intérêt du feuillet matricule réside dans les annotations sur les circonstances de sa mort et de l’une des réalités  de la guerre des tranchées qui est celle de l’ensevelissement des soldats par les bombardements. 

Marcel Blay est enterré au cimetière d’Esnes-en-Argonne.

Panneau « Verdun 1916, Verdun 1917 »

Si Victor Foucque trouve la mort également au cours de la bataille de Verdun en mars 1916 au fort de Vaux,  les deux autres soldats proposés sur ce panneau sont impliqués dans des combats qui ont lieu en 1917 dans le même secteur.

Victor Foucque est le jeune frère de Charles Foucque auteur d’un petit livre  Quelques notes et souvenirs (1914-1918) sur la guerre en Europe des soldats créoles. C’est à Victor que Charles dédicace son livre : « A la mémoire de mon jeune frère Victor du 97me d’Infanterie tué devant Douaumont le 26 mars 1916 ». Victor sert dans un régiment de chasseurs alpins stationné à Chambéry. La photographie le montre en uniforme caractéristique de cette unité : une vareuse à collet chevalière sur lequel figure l’écusson du cor de chasse et surtout le béret alpin qui distingue les chasseurs alpins des autres régiments d’infanterie. Dans le JMO du régiment, sept pages sont consacrées aux opérations entre le 16 et le 31 mars 1916. La première indique de façon globale les effectifs engagés et les pertes subies, puis suit un long inventaire des noms des officiers et des soldats tués, blessés et disparus compagnie par compagnie. Le nom de Victor Foucque figure sur la première page à l’alinéa « 3e compagnie ». Le simple fait de faire rechercher par les élèves le nom de Victor Foucque permet de leur faire prendre conscience de l’ampleur des pertes lors des combats.

C’est la mort par le gaz (« mort pour la France intoxiqué par les gaz au combat de Verdun ») qui entraine le jeune Marc Dejean de la Bâtie à l’âge de vingt ans.