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Exposition "La Grande Guerre dans la mémoire du Pays viganais"

L’assaut de Vermelles, reproduite par un adolescent viganais
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Dans le cadre du Centenaire, le musée cévénol du Vigan, situé dans le Gard, présente une exposition consacrée aux traces mémorielles de la Grande Guerre dans la mémoire du Pays Viganais, du 1er juin au 31 octobre 2017. Territoire reculé s'il en est, épargné par les opérations militaires, le Pays Viganais a contribué lui aussi à l'effort de guerre humain (654 "morts pour la France") et joué un rôle important sur le plan humanitaire (accueil des blessés et des populations en fuite, assignations à résidence, etc.)

Chaque région française a participé à l’effort de guerre que l’Union sacrée a imposé au pays, assourdissant pour longtemps les forces pacifistes. Certaines régions, bien équipées sur le plan militaire, ont servi au casernement et à l’entraînement des soldats. Les régions industrielles et agricoles les plus développées ont apporté au front leur soutien économique, lui fournissant armes, matériel et ravitaillement. D’autres enfin, rurales, ont offert un refuge aux populations fuyant les zones du territoire français sous le feu des bombes, et des lieux de soins et de convalescence aux innombrables blessés et mutilés français, indigènes des colonies ainsi que des pays alliés.

Tel est le cas du Pays viganais : situé à l’extrême ouest de la XVe région militaire, ce territoire et sa sous-préfecture, le Vigan, ne comptent ni caserne comme Nîmes, Alès, Uzès ou Pont-Saint-Esprit, ni école militaire comme Saint Hippolyte-du-Fort. Il a accueilli des blessés dans des établissements réquisitionnés et transformés en hôpitaux et en Assistances pour Convalescents Militaires. Quant aux réfugiés des nations alliées et aux assignés à résidence des nations adverses, ils ont été hébergés, les uns chez l’habitant, les autres dans des locaux désaffectés. Pendant la guerre, la vie s’est poursuivie malgré les restrictions imposées à la population sur les denrées alimentaires et une activité agricole privée de ses jeunes hommes mais poursuivie par les femmes et les anciens.

Comme toutes les régions françaises, le Pays viganais a payé un lourd tribut au conflit mondial : 654 hommes « Morts pour la France », toutes professions et classes sociales confondues, dont les noms figurent sur les monuments aux Morts des communes. Après la démobilisation, plusieurs milliers sont revenus blessés, mutilés, choqués, pour tenter de reprendre une vie familiale bouleversée par une longue séparation et une activité professionnelle affectée par le déclin économique et démographique aggravé par la guerre mais amorcé avant elle.

Malgré cette situation difficile, le Pays viganais a participé à l’effort de guerre sur le plan humanitaire et économique. Les familles, les associations, ont envoyé au Front des colis de nourriture, de vêtements et soutenu, par une intense correspondance, le moral des troupes. En retour, les Poilus ont écrit des témoignages poignants venus compenser les informations officielles et censurées de la presse locale. Des entreprises textiles et minières ont apporté leur contribution à l’armement. Des animaux, chevaux et mulets, ont été réquisitionnés. La ligne de chemin de fer Nîmes Tournemire a transporté ces secours de même qu’elle a assuré les convois des soldats, mobilisés, blessés, en permission, renvoyés au Front, et enfin revenus vivants après l’Armistice alors que leur frères disparus sont restés à tout jamais, sans sépulture ou dans les nécropoles nationales, sur les champs de bataille de l’un des conflits parmi les plus meurtriers de l’histoire contemporaine. 

Divisée en 6 sections, l'exposition présentée au musée cévénol jusqu'au 31 octobre 2017 s'intéresse aux conséquences économiques de la guerre dans le Pays Viagnais (fourniture de minerais pour le Front, réquisitions d’animaux, etc.), à la vie à l'arrière (économie familiale, restrictions alimentaires, élans de solidarité), à la couverture médiatique locale (L'Echo des Cévennes, le Viganais, le Huguenot...) ou encore à l'art (les oeuvres de Marcin Franciszeck, artiste polonais assigné à résidence).

Informations pratiques

Exposition du 1er juin au 31 octobre 2017
Musée cévenol,  1 rue des Calquières, 30120 Le Vigan
Entrée payante : 5€ pour les adultes, 3€ pour les groupes

Entrée gratuite pour les moins de 18 ans.
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