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"Les Marins de France" : histoire d'une restauration

© © Frédéric Gadmer / SPA / ECPAD / Défense / SPA 17 H 885
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Le 4 mars 1917, Les Marins de France fut projeté au Trocadéro lors d’une matinée de bienfaisance. Récemment retrouvé, le film a de nouveau été projeté au Trocadéro 100 ans plus tard, le 6 mars 2017, dans une version tronquée mais complètement restaurée numériquement.

Les Marins de France, tourné par les services cinématographiques de l’armée et de la marine et présenté par la ligue maritime française, a été projeté au Trocadéro le 4 mars 1917 lors d’une matinée offerte au bénéfice des marins français et de leurs familles. Il présente les efforts des marines nationale et marchande pendant les trois premières années de guerre.

Remarquable par la dextérité des opérateurs, le montage fluide et la richesse des teintures et virages de la copie d’exploitation en nitrate de cellulose, les restaurateurs ont voulu rendre justice à cette pépite retrouvée un peu par hasard dans les archives de l’ECPAD à l'occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Grâce à la restauration du film par le CNC et au soutien de la Mission du Centenaire, de la Marine nationale, du musée national de la Marine et de la Cité de l’architecture & du patrimoine, l’ECPAD a pu projeter à nouveau, 100 ans après presque jour pour jour, Les Marins de France (1914-1917), au palais du Trocadéro. Avec, cependant, quelques ajouts afin de s'adapter au public d'aujourd'hui : voix off de Jacques Perrin et improvisations au piano en direct par Serge Bromberg.

Une restauration dévoilement 

La restauration du film Les Marins de France, film de montage de 1917, a ceci de particulier qu’elle a dû en quelque sorte « inventer » le film au fil des travaux en raison de l’absence de copies complètes du film (deux copies aux montages différents et un contretype présentant également des variantes) et de l’absence de documentation sur le film et son contexte de réalisation au-delà de la volonté pour la Marine nationale de valoriser son action pendant le conflit, principalement son utilisation d’armes modernes.

Une première reconstruction a donc été envisagée en s’appuyant sur un story-board illustré de photogrammes du film, issu des collections de l’ECPAD, mais qui ne restituait pas de logique narrative. Ce n’est que la découverte tardive, à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), du programme de la séance de mars 1917 au Trocadéro qui permit de remettre de l’ordre et du sens dans les différentes séquences. Il fut alors facile de constater que la partie du film consacrée à l’engagement des fusiliers-marins sur les fronts de terre était manquante.

Techniquement, la numérisation 4K des éléments mis à disposition du CNC (deux copies d’époque nitrate richement teintées et un contretype établi en 1967 à partir d’un élément aujourd’hui disparu) a permis la reconstruction du film. La restauration 2K de l’image a consisté en un effacement des défauts majeurs (déchirures, traces de colles, rayures larges et superficielles…) tout en respectant la facture des éléments originaux ; l’étalonnage, s’attache à une harmonisation colorimétrique indispensable permettant de redonner une unité aux éléments hétérogènes utilisés.

Prochaines diffusions

Le 19 octobre à 18h, au Conservatoire du Havre, dans le cadre du festival Ciné Salé. Avec la participation de la pianiste Emma Stephenson.