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1909-1919 - Patriotisme - Héroïsme - Propagande

Cette période rassemble des films qui imaginent la guerre avant qu’elle n’éclate, puis qui la représentent pendant son déroulement en empruntant des formes variées, souvent déterminées par des pratiques culturelles plus anciennes. Ce sont des bandes d’actualité, des films d’animation, des documentaires ou des fictions. Les autorités civiles et militaires, qui n’avaient aucune expérience en matière de propagande cinématographique, découvrant la portée sociale des images d’actualité, tentent, avec l’aide des firmes privées, de les utiliser pour l’encadrement de l’opinion publique. Les belligérants ont aussi recours au cinéma afin de constituer des archives visuelles parmi les plus complètes et les plus indiscutables. Par ailleurs, tous les cinéastes encore en activité mettent leur talent au service des « cultures de guerre » en glorifiant le rôle d’individus (des femmes ou des soldats) qui accomplissent des actions héroïques contre un ennemi diabolisé. Cette mobilisation des esprits pour l’effort de guerre implique évidemment diverses manipulations. En d’autres termes, l’objectif de ces films n’est pas tellement de faire connaître à l’arrière la réalité du conflit, mais de renforcer le sentiment patriotique, de rassurer les civils en masquant les aspects les plus choquants de l’affrontement. Un nouveau seuil est néanmoins franchi à partir de 1917 avec l'apparition de grosses productions américaines. Alors que Charles Pathé diminue le volume de ses affaires, que l’industrie cinématographique française est désormais distancée par Hollywood, les réalisations, entre autres, de David Wark Griffith, Cecil B. DeMille, Thomas Harper Ince, Chaplin, bouleversent les catégories habituelles du film de guerre. À l’origine des chocs cinéphiles des années 1916-1919, leurs films témoignent d’un basculement des lignes de force du cinéma, non seulement en posant les bases génériques du « film de guerre », mais aussi en modifiant les structures narratives et les codes formels de la fiction en général.

Laurent Véray

The Airship Destroyer, Walter R. Booth, 1909.

The Airship Destroyer, Walter R. Booth, 1909, Angleterre.

Synopsis : L’Angleterre est attaquée par une flottille de dirigeables. Les bâtiments et les véhicules circulant sont détruits. Un inventeur échappe au bombardement de sa maison et contre-attaque grâce à un missile de son invention.

Contexte : Walter R. Booth, magicien de formation, est un pionnier dans le domaine du trucage. De 1899 à 1918, il réalise 165 courts-métrages. Avec ce film, le réalisateur joue sur la peur d’une attaque aérienne. Cette phobie, très populaire dans la littérature de l’époque (The war in the air, H.G Wells), 1908 et renforcée par le premier vol des frères Wright en 1903, se retrouve dans d’autres films de Booth : « The Aerial Submarine », 1910, « The Aerial Anarchists », 1911 et « The Menace of the Air », 1915. Par la présence d’armes futuristes, comme le missile téléguidé, ce film peut s’apparenter à de la science-fiction. En 1915, alors que l’armée allemande se dote au début de la guerre de douze zeppelins, le film est à nouveau diffusé.

Sources : British Film Institute ; Internet Archive

La voix de la patrie, Léonce Perret, 1913, France.

Synopsis et contexte : « Drame d’espionnage mis en scène et interprété par Léonce Perret. C’est l’histoire de l’inventeur d’une poudre explosive, le capitaine Paul d’Airvault, joué par Perret, qui ne parvient pas à convaincre le comité technique du ministère de la guerre de l’intérêt de sa découverte. Alors, pour subvenir aux besoins de sa famille et pour rembourser des traites importantes concernant ses travaux, il accepte de vendre sa formule à un certain Leepmann, un individu suspect se disant banquier, en réalité espion allemand. Mais au dernier moment, le capitaine retrouve la raison et renonce à son projet, évitant ainsi de trahir son pays. À l’époque si on en croit Ciné-Journal, cette œuvre patriotique avait connu un énorme succès public. »

Sources : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, p 32 ; « Léonce Perret » sous la direction de Bernard Bastide et Jean A. Gili, Ed. Association Française de Recherche sur l’Histoire du Cinéma (AFRHC) et la Cineteca di Bologna/Il Cinema Ritrovato, 2003.

Fonds d'origine : Gaumont

Source de l'image : Bibliothèque historique de la ville de Paris

Maudite soit la guerre, Alfred Machin, 1914, Belgique.

Synopsis : « Ce mélodrame d'anticipation, réalisé à la veille de la Première Guerre mondiale, évoque dans le contexte d'une guerre entre deux puissances imaginaires, la rivalité entre deux aviateurs, et montre des batailles de planeurs triplans, biplans et dirigeables dans le ciel... C'est aussi une poignante histoire d'amour impossible. Deux peuples vivent heureux, et deux enfants de ces deux nations tombent amoureux : l'aviateur Hardeff et Lydia Mozzel. Mais soudain, la guerre éclate et c'est un horrible conflit : l'armée des airs bombarde et anéantit l'armée de terre, les torpilleurs font sauter les cuirassés, les champs de bataille sont recouverts de cadavres. L'aviateur Hardeff succombe héroïquement, tué par le frère de Lydia, frappé lui aussi dans cette lutte fratricide. Dans les foyers, les parents, les sœurs, les fiancées attendent le retour de ceux qui ne reviendront pas. » (source : Gaumont Pathé archives.)

Contexte : « Maudite soit la guerre » est axé sur une mise en scène de la guerre totale où terres, airs, mers sont le théâtre de batailles destructrices. La mort et l’amoncellement de cadavres, conséquence ultime de cet affrontement fratricide, prêtent à ce film des allures d’anticipation. Cependant, il se trouve être avant tout un film pacifiste dont le premier intertitre ne laisse aucun doute : « La fraternité des peuples ». Pour cette raison il reste peu de temps à l’affiche. Il réapparait plus tard sous le titre : « Mourir pour la patrie ». Mobilisé, Alfred Machin participe comme opérateur à la fondation du Service Cinématographique des Armées.

Sources : Cinémathèque royale de Belgique ; Alfred Machin, De la jungle à l’écran, Francis Lacassin, Editeur Dreamland, 2001.

Fonds d'origine : Cinémathèque royale de Belgique. Film restauré en 1995 par la Cinémathèque royale de Belgique.

Visionner le film : Maudite soit la guerre via European Film Gateway.

Fiancés de 1914, Louis Feuillade, 1914, France.

Synopsis : « Louise Marchal est fiancée à Jacques Périer qui part pour le front dès la mobilisation annoncée, en même temps que Prosper, le jardinier de la villa méditerranéenne familiale, fils de sa fidèle nourrice Martine. Prosper est grièvement blessé au combat et secouru par le sous-lieutenant Périer que le hasard a envoyé dans le même bataillon. Renvoyé à l'arrière en convalescence, Prosper est chargé de remettre une lettre à Louise par Jacques qui meurt sous les balles quelques instants plus tard. De retour à la villa, Prosper n'ose annoncer la vérité à Louise qui continue à écrire de longues lettres à son fiancé. Quand un jour, oh miracle, Jacques qui n'était que blessé, apparaît à la grille arborant sur sa poitrine la croix des braves. » (source : Gaumont Pathé Archives.)

Contexte : « Ce film est sorti sur les écrans parisiens la première semaine de 1915. On y distingue les soldats allemands mais sans pouvoir les identifier clairement. »

Sources : Ciné-ressources ; La cinémathèque française ; Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008.

Fonds d'origine : Gaumont

Source de l'image : Histoire encyclopédique du Cinéma : I, Le Cinéma Français 1895-1929, 1947.

Bout-de-Zan et I'embusqué, Louis Feuillade, 1915, France.

Synopsis : Marius Barbentane visite l'oncle de Bout-de-Zan à qui il vente ses grands talents de chasseur. Devant les rires incrédules, Marius invite la famille le lendemain à venir le voir tirer un oiseau de la grosseur de son pouce à 500 pieds. Le lendemain : l'embusqué explique à Bout-de-Zan que monsieur Barbentane l'a payé 10 sous pour qu'il tire sur une corde pour faire tomber un oiseau de l'arbre quand celui-ci démontrera « ses talents de chasseur ». Bout-de-Zan paie à son tour l'embusqué et « accomplit » lui-même la tâche ...à sa façon. À la fin, Bout-de-Zan dit à monsieur qu'il devrait plutôt faire comme son père et aller s'engager dans l'armée pour combattre les ''Krauts'', les Allemands ; humilié, monsieur Barbentane courre s'engager.

Contexte : On voit notamment se développer un genre héroïco-burlesque. Les personnages comiques des séries à la mode deviennent même à leur tour d’excellents patriotes « Bout-de-zan », « Bébé », « Onésisme »... (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay Cinéma, 2008, p 38.)

Fonds d'origine : Gaumont


 

Une page de gloire, Léonce Perret, 1915, France.

Synopsis : Denise Cholet et Robert Laroche s’aiment mais les grands-parents qui ont élevé la jeune femme chez qui Denise vit toujours, s’opposent à leur union. Denise et Robert se marient donc contre leur gré et, pour parfaire leur bonheur, un bébé est sur le point de naître. La guerre éclate entrainant le départ de Robert au front. Denise écrit à Robert la joie que lui procure la naissance du petit Jules et se réconcilie à cette occasion avec ses grands-parents. Recevant un jour une lettre bouleversante de Robert, Denise décide de le rejoindre avec son fils. Après avoir franchi les lignes et trouvé refuge dans un cantonnement, Denise sauve le drapeau du régiment durant une bataille et reçoit les honneurs dus à ce fait d’armes. Elle rejoint bientôt Robert qui se remet de graves blessures à l’hôpital et rentre avec lui au village. La famille est enfin réunie dans l’attente de l’imminente victoire. (source : Gaumont Pathé archives.)

Contexte : « [...] Patriotique et héroïque, cette femme incarne le courage de toutes celles qui vécurent seules durant la première guerre mondiale dans l'angoisse du retour de leur poilu. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay cinéma, 2008,  pp 37-40.)

Fonds d'origine : Gaumont

Le passeur de l’Yser, Mathias Honoré, 1915, France.

Synopsis : Gavaërt et sa fille Marie enseignent au sergent Tressignies le système qui permet d'ouvrir ou de fermer à volonté le pont tournant si gracieusement posé sur les rives de l'Yser. Tressignies est fiancé à la gentille Marie, aussi embrasse-t-il longuement la jeune fille avant de rejoindre son cantonnement. Marie revient à la maison, lorsqu'elle est brutalement attaquée par l'espion Kaltzman qui a été chargé de débloquer le pont pour permettre le passage des Allemands. Le sergent Tressignies reçoit l'ordre de réoccuper coûte que coûte la maison du passeur désormais historique. Le jeune sergent assure à son chef que la mission qui lui a été confiée sera vigoureusement menée. Il part, mais ne tarde pas à s'apercevoir que la rivière est de nouveau infranchissable. Bravement, il s'élance à la nage, non sans essuyer plusieurs coups de feu quand soudain une balle l'atteint et le blesse grièvement. Péniblement il aborde, puis se traîne avec des efforts inouïs vers la demeure qui lui est si chère. Il arrive enfin, actionne la roue et le pont se rabat... Les soldats belges qui attendaient fébrilement le passage se précipitent maintenant jusqu'à la demeure des Gevaërt. Tressignies est toujours cramponné à la roue de direction, mais ses forces l'abandonnent. Il tombe dans les bras de sa fiancée, le corps couvert de blessures. L'officier arrive, reconnaît le brave sergent. Il détache doucement la croix accrochée à sa propre tunique et l'épingle, douloureusement ému, sur la poitrine de l'enfant sublime qui agonise déjà. (sources : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, Gaumont Pathé archives.)

Source : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004.

Fonds d'origine : Pathé, film restauré par Pathé en 2014.

Pour le pays, réalisateur inconnu, 1915.

Synopsis : « William Hudson citoyen anglais et son fils Edmond, propriétaires des carrières de Bussy, rencontrent de grandes difficultés dans leur exploitation. Il se rend sur place pour se rendre compte lui-même. Pour résoudre leurs difficultés ils décident de faire appel à la banque allemande Schwarzmann. Le savant Georges Bréval vit modestement avec sa fille et demande à la banque Schwarmann de lui accorder un délai supplémentaire pour une traite qu’il ne peut payer, arguant de la découverte proche d’une invention susceptible de révolutionner l’industrie de la mine. Le banquier, en échange de l’exclusivité du brevet lui verse 50 000 francs. Bréval et sa fille s’installent dans la mine, dans un nouveau laboratoire. L’explosif inventé par Bréval permet de passer à une exploitation industrielle des carrières. La guerre éclate, et Bréval, officier de réserve est mobilisé. La guerre stoppe l’exploitation minière. » (source : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé).

Source : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004.

Fonds d'origine : Imperium films

Pendant la bataille, Henry Krauss, 1916, France.

Synopsis : « Le soldat Drazal, à la veille de se battre, écrit à ses parents. Peut-être ne les reverra-t-il jamais. Sa lettre est brève, mais on y sent percer l’émotion. La mère, à cette lecture, n’y peut tenir. Il faut qu’elle voie son fils, quelques minutes, seulement le temps de l’embrasser. Tous les obstacles, elle les aplanit. Qu’importe le sol détrempé où enfoncent ses hauts talons de Parisienne. Qu’importent le bruit de la bataille et le danger grandissant ! Mais le fusil d’une sentinelle l’arrête au moment où elle va pénétrer dans la zone militaire. Il lui faut alors user de ruse. Une fermière, une mère elle aussi, lui prête ses vêtements de paysanne et un sauf conduit qui va lui permettre enfin d’atteindre son but. Enfin, elle le tient dans ses bras, ce fils tant aimé, elle ne se lasse pas de le contempler, de le gâter. Mais soudain, voici le branle-bas de combat, le tac-tac des mitrailleuses, les miaulements des shrapnells, les coups sourds du canon. On se bat ! Et pendant ce temps, lui, Drazal, est là, dans cette grange, au milieu des reliefs d’un petit festin improvisé ! Il a abandonné son poste en face de l’ennemi ! C’est le conseil de guerre. On devine quel calvaire gravit cette mère, cause inconsciente de la déchéance de son fils. Pourtant Jacques Drazal, en considération de ses bonnes notes, est acquitté et renvoyé au front. Là, il rachète brillamment sa faute et une citation à l’ordre du jour et la croix de guerre effacent le souvenir des jours d’angoisse. » (sources : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004 ; Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.)

Fonds d'origine : Pathé frères

Source de l'image : Cinéa, 6 mai-30 décembre 1921

Alsace, Henri Pouctal, 1916, France.

Synopsis : Film inspiré de la pièce patriotique créée au Théâtre Réjane en 1913. La pièce raconte que dans la vallée de Munster, un fils est pris entre sa mère, alsacienne ayant connu la nationalité française et sa femme allemande. L'une représente la tradition et l'autre la vie.

Contexte : Ce film est le premier dans lequel des soldats allemands sont représentés à l’écran. « Le quotidien Le journal constatait alors qu’aucune manifestation n’était à déplorer dans les six salles parisiennes où le film était projeté. » (source : Jean-Pierre Bertin-Maghit, éd., Une histoire mondiale des cinémas de propagande. Monts : Nouveau Monde Éditions, 2008.)

Sources : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, pp 42-51 ; Gaston Leroux, Lucien Camille, Alsace, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre Réjane, 10 janvier 1913, 32 p.

Fonds d'origine : Gaumont Pathé

Source de l'image : Motion Picture News, mars-avril 1916

Visionner le film : Alsace via European Film Gateway.

Battle Cry of Peace (L’Invasion des Etats-Unis), James Stuart Blackton, 1916, sortie en 1915 aux États-Unis, États-Unis.

Synopsis : Dans un monde déchiré par la guerre, les ennemis des États-Unis utilisent des pacifistes pour vérifier et s’assurer que le gouvernement américain ne dépense pas trop d’argent pour sa défense. Finalement, les ennemis, qui ressemblent fortement aux Allemands envahissent les États-Unis, étant persuadés de leur supériorité militaire.

Contexte : « Sorti sur les écrans parisiens en novembre 1916, ce film de propagande en faveur de l’intervention dans le conflit européen, dont l’influence fut considérable sur la population américaine, met en scène à  la manière d’un film catastrophe une attaque de la ville de New-York par une puissance militaire étrangère imaginaire. » Lors de sa diffusion en France en novembre 1916, le film fait forte impression (cf Vuillermoz, Devant l’écran, Le Temps, 29 novembre 1916). Il existe une bobine à la Cinemateket-Svenska Filminstitutet et d’après Kevin Brownlow quelques fragments de scènes de bataille seraient conservés à la George Eastman House. (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, pp 55-56-62.)

Fonds d'origine : Vitagraph Company of America

Source de l'image : Moving Picture World, juillet-septembre 1915

Chantecoq, l’espionne de Guillaume, Henri Pouctal, 1916, France.

Synopsis : « Chantecoq, détective privé, est un personnage récurrent chez Pouctal. Le film raconte les méfaits d’une espionne allemande, Emma Luckner, flanquée de ses deux acolytes, le colonel Von Reitzer et le capitaine Ulrich Von Herfeld. Leur réseau, parvenu à s’infiltrer dans une usine pyrotechnique de la Meuse, tente de s’emparer de la formule d’une nouvelle arme : l’explosif Z. Les services secrets français ayant eu vent de l’affaire, demandent au détective Chantecoq d’enquêter sur place. »

Commentaire :  Le film est conservé à la Cinémathèque royale de Belgique.

Sources : CNC Archives Françaises du Film ; Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, p 51.

Fonds d'origine : Société des Etablissements L. Gaumont

Visionner le film : Chantecoq, l’espionne de Guillaume via European Film Gateway.

Civilization, Thomas Ince, 1916, États-Unis.

Synopsis : « Le comte Ferdinand, est membre de la Société des Mères des Hommes (mouvement de femmes luttant pour la paix) mais également commandant d’un sous-marin sous les ordres du Kaiser (symbole de la Barbarie). Il reçoit un télégramme lui intimant l’ordre de tirer sur un bateau transportant des civils. Après de nombreuses hésitations, il finit par s’y résoudre. Soumis à un problème de conscience particulièrement crucial, il saborde son sous-marin. Gravement blessé, il meurt et se retrouve en enfer où il est sauvé par le Christ. Ressuscité, le comte Ferdinand s’engage sans équivoque du côté de la paix. La représentante de la Société des Mères des Hommes, mettant en avant la résurrection du comte Ferdinand, demande au Kaiser de signer la fin de la guerre. »

Contexte : « Thomas Ince élabora des décors somptueux, embaucha des milliers de figurants et concocta les meilleurs effets spéciaux. Ce serait le block-buster du siècle ! Il y croyait dur comme fer : son « Civilization » resterait comme le meilleur, le plus fous, de tous les films épiques jamais réalisés. Mais, à l’évidence, Ince a commis un certain nombre d’erreurs. Une histoire, c’est un conflit. Or il réalisa un film épique sur un conflit résolu pacifiquement, un film où tout le monde s’entend : et donc, naturellement, il ne s’y passe rien d’excitant. Voilà comment, en 1916, « Civilization » de Thomas Ince a été le premier naufrage d’un blockbuster… Ince a fait faillite et son rival, D.W.Griffith a continué à tourner des films épiques avec des milliers de figurants, sur des grands conflits. »

Sources : William C. Martell, La grandiose parodie, in : Synopsis n°15, septembre-octobre 2001 ; Ciné-ressources.

Fonds d'origine : Thomas H. Ince Corporation, Triangle Film Corporation.

Source de l'image : Motion Picture News, mai-juillet 1916
 

Max et l'espion, Max Linder, 1916, France.

Synopsis : « Max, après avoir brillamment combattu en première ligne et reçu une glorieuse blessure, est condamné à un repos forcé. Mais il ne veut pas rester inactif. Les manœuvres occultes des espions le révoltent et il s’est mis à la disposition du gouvernement pour les démasquer. Le problème se pose ainsi : pourquoi tant de bateaux sortant du port sont-ils torpillés ? Parce que des signaux venant de terre sont faits aux sous-marins ennemis. Il s’agit de découvrir ces signaux, d’arrêter la main qui les envoie. Max part en automobile le nez au vent, flairant une piste et tombe en arrêt devant un feu qui brille sur la côte. Il s’apprête à le détruire lorsqu’une main armée apparaît au-dessus d’un rocher. Max est brave, mais il est prudent, il se retranche derrière un autre rocher et fait inopinément la rencontre d’une délicieuse bergère au milieu de ses moutons. Du coup, il oublie sa mission pour cette jolie fleur sauvage. Les bateaux courraient grand risque de continuer à être torpillés si un vieux pâtre pittoresque ne conseillait la jeune bergère. Comment, toi, une patriote, tu te laisses courtiser par un jeune homme qui n’est pas soldat ! Le reproche produit son effet. La bergère éconduit son amoureux qui, rappelé au sentiment de son devoir, reprend sa tâche interrompue. Les allures suspectes du vieux berger induisent Max à le suivre et il découvre ainsi le repaire de toute la bande. Pour les empêcher d’agir, Max déploie un véritable génie et arrive à déjouer leurs plans au prix des plus périlleux efforts. Ayant jeté par-dessus les créneaux d’une tour le berger espion, il reprend paisiblement le fil de son idylle champêtre. »

Sources : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004 ; Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, p 38.

Fonds d'origine : Pathé

Source de l'image : Histoire encyclopédique du Cinéma : I, Le Cinéma Français 1895-1929, 1947

Le Noël du poilu, Louis Feuillade, 1916, France.

Synopsis : En 1916, dans les tranchées, le caporal Jean Renaud ne peut partir en permission pour Noël, sa femme et sa fille sont restées dans le nord, envahi par l'ennemi. Or, en Touraine, Mme Dartois, marraine du soldat, apprend que Mme Renaud et sa fille font partie d'un convoi de rapatriés, et obtient l'autorisation de les héberger chez elle. Parallèlement, elle intrigue pour que Jean soit libéré de ses obligations au front pour le réveillon. Le soldat arrive et retrouve, ému, sa femme et sa fille, avec qui il pourra fêter Noël. (source : Gaumont Pathé archives.)

Contexte : « Il semble que la dernière scène du film, où l'on voit la mère chanter « Le P'tit Quinquin », était à l'époque sonorisée avec l'aide d'un disque. » (source : CNC Archives Françaises du Film.)

Fonds d'origine : Gaumont, film restauré en 2008 par les Archives Françaises du Film du CNC, en collaboration avec la société Gaumont.

Le cafard de Lefrançois, Louis D’Hee, 1916, France.

Synopsis : Lefrançois part pour le front, ému comme à chaque fois de quitter femme et enfants. Il les embrasse sur le quai de la gare et une fois dans le train, remarque un nœud à son mouchoir... mais pour se rappeler de quoi ? Au combat contre les Allemands, dans les tranchées, Lefrançois est déprimé et toujours intrigué par ce nœud mais rien ne lui revient. Blessé par un obus, il est soigné à l'hôpital et reçoit la visite d'un ami éclopé. Tout d'un coup c'est l'illumination et Lefrançois quitte précipitamment l'hôpital en tenue légère... Il se rend à la gare pour rentrer illico : il avait oublié d'embrasser sa belle-mère ! (source : Gaumont Pathé archives.)

Contexte : Le film « Le mouchoir », 1918, est une version courte de ce film (commençant au moment où le héros fait prisonniers cinq Allemands) avec une fin où le nœud au mouchoir est censé rappeler à notre héros qu'il doit souscrire à l'emprunt national. Le mouchoir a été restauré par les Archives françaises du film du CNC. (source : CNC Archives Françaises du Film.)

Fonds d'origine : Gaumont

Visionner le film : Le mouchoir via European Film Gateway.

Les petits soldats de plomb, Pierre Bressol, 1916, France.

Synopsis : « Le sous-lieutenant d'Ajac est sur le front et il espère avoir une permission si du renfort arrive. Bébé interroge alors l'oncle Pierre : Qu'est-ce que c'est donc, mon oncle, que du renfort ? L'oncle Pierre qui vient de lui apporter une boîte de soldats de plomb fait à Bébé une grande démonstration. Puis c'est l'heure pour Bébé d'aller au lit. Alors Bébé fait un rêve. Tous les petits soldats de plomb sortent de leur boîte et tout ce petit monde se range en bataille. Les Français sont vainqueurs et Bébé dans son rêve sait que son papa va venir en permission. Et le matin, il n'est pas surpris de le voir. » (source : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004.)

Commentaire : Ce Bébé n'est pas le même personnage que celui dirigé dans des nombreuses aventures par Louis Feuillade pour Gaumont de 1910 à 1912.

Source : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Fonds d'origine : Pathé

Noël de Guerre, réalisateur inconnu, d'après le conte de Félicien Champsaur, 1916, France.

Synopsis : « Le petit André dont la mère est une ouvrière besogneuse et le père absent (mort ou au front), écrit une lettre à Jésus pour lui demander les cadeaux qu'il sait que sa mère ne peut lui offrir. Un vieux militaire responsable du tri postal intercepte le courrier. Il demande à sa fille dont l'enfant est mort, de bien vouloir céder ses jouets à André et celle-ci accepte, le coeur gros. À la veille de Noël, l'enfant dépose ses souliers devant l'âtre comme il se doit et reçoit ces cadeaux dus à la solidarité des classes dirigeantes envers les classes laborieuses, née de la guerre. » (source : Gaumont Pathé archives.)

Fonds d'origine : Pathé

Les Poilus de la revanche, Léonce Perret, 1916, France.

Synopsis : Ce matin-là au village, le soldat Baudry revient pour sa première permission, décoré de la croix de guerre. Les voisins, admiratifs et curieux, le pressent de questions et, tous attablés à la terrasse du café, Baudry raconte : les nuits à la belle étoile, les embuscades, la bataille de la Marne, les tranchées glaciales et l'espoir qui s'obstine dans l'écriture des lettres aux absents, les rimes des pètes déclamées, les refrains joyeux entonnés avec la dure réalité des combats qui s'éternisent. Lors d'une attaque ennemie particulièrement violente, Baudry est grièvement blessé mais, recouvrant ses esprits, il exalte le courage de ses camarades en chantant La Marseillaise ce qui lui vaut la croix de guerre dont on le décore à l'hôpital.

Commentaire : Film patriotique dans lequel il est beaucoup question du quotidien dans les tranchées (volonté de se rapprocher de la réalité de Léonce Perret), des êtres chers qui vous manquent (inserts des photos de famille, rédaction de lettres à la famille...)

Source : Gaumont Pathé archives

Fonds d'origine : Gaumont

Source de l'image : photogramme issu des collections Gaumont.

Joan the woman, Jeanne d'Arc, Cecil B. De Mille, 1916, États-Unis.

Synopsis : « Reconstitution de la vie de Jeanne d'Arc qui fait écho à celles des poilus, anonymes, souvent d'origine modeste et rurale. « De Domrémy à Chinon » : Jeanne la Pucelle, guidée par des voix célestes, doit convaincre de sa prédestination et de son aptitude à commander l'armée française. Elle quitte sa ville natale pour s'adresser au roi, qui, après moult péripéties, accepte de lui laisser le commandement de ses troupes. « La délivrance d'Orléans » : Les batailles contre les Anglais assoient l'autorité de Jeanne dans ce monde uniquement masculin. La reprise des tours d'Orléans symbolise la victoire. « Heure de gloire... heure de souffrance » : Blessée, Jeanne d'Arc parvient néanmoins à conquérir Orléans. C'est le début d'un cycle de victoires, qui aboutit au couronnement de Charles VII à Reims. Après le sacre, Jeanne d'Arc quitte le nouveau roi de France pour se rendre à Compiègne. Sur son chemin, son escorte ne parvient pas à empêcher son arrestation pour sorcellerie, hérésie et récidive. Le procès et l'incarcération constituent son ultime calvaire. Brûlée sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, elle suscite la compassion, et certains prennent conscience de la malédiction : « Nous avons brûlé une sainte ! ». Hommage à ce destin tragique et à celui des poilus de la Grande Guerre qui combattaient dans les tranchées. » (source : CNC Archives Françaises du Film.)

Contexte : [...] Ne sourions pas de cette Joan the Woman (1917). De tels ridicules font aujourd’hui encore la joie des foules ! Et laissons à Georges Sadoul le soin de conclure : « La religion, le sex-appeal, le féodalisme, les décors colossaux, les grands déploiements d’armées, les incendies, les scènes d’amour se combinèrent pour un gigantesque plaidoyer en faveur de la cause alliée et de son héroïsme. Un érotisme un peu sadique pimentait le tout… [...] ». (source : Pierre Leprohon, Les premières images de Jeanne d’Arc à l’écran, in : Etudes cinématographiques n°10, automne 1962 ; Ciné-ressources)

Fonds d'origine : Cardinal Film Corporation, film restauré par les Archives Françaises du Film.

Source de l'image : Moving Picture World, 6-27 janvier 1917

Visionner le film : Joan the woman, Jeanne d'Arc via European Films Gateway.

L'Alsace attendait, Henri Desfontaines, 1917, France.

Synopsis : L'Alsace vit ses dernières heures allemandes. Jeanne Moser, une vieille alsacienne écoute par la fenêtre la rumeur lointaine de la bataille victorieuse que livre l'Armée Française devant Cernay. Une visite au cimetière lui remémore le passé de ses ancêtres qui, depuis un échevin de Thann au XVIIe siècle jusqu'à son père instituteur, ont tous lié leur destin à celui de la France. De retour chez elle, de vieilles photos lui font revivre les heures douloureuses qui suivirent la publication, le 20 avril 1872, d'une ordonnance impériale interdisant d'enseigner dans une autre langue que l'allemand. Ce jour-là, elle organisa pour les élèves de son père une ultime séance de projection, retraçant les plus glorieux épisodes de l'histoire commune de l'Alsace et de la France, projection dramatiquement interrompue par l'arrivée de l'instituteur allemand venu remplacer son père qui avait préféré la fuite à la soumission...

Contexte : « Le film est une adaptation du livre d’Alphonse Daudet, « La dernière classe », où l’instituteur est devenu une institutrice (jouée par Jeanne Grumbach), et la leçon est modernisée par le biais d’une lanterne magique. La structure en flash-back est aussi novatrice. L'institutrice se remémore le passé… On la retrouve quarante ans plus tôt, dans une classe, en train d’organiser une projection de plaques de verre (gravures et photographies de monuments et de personnages célèbres, extraits de discours….) retraçant les plus glorieux épisodes de l’histoire commune de l’Alsace et de la France. L’irruption d’une voisine ramène Jeanne dans l’instant présent. Ensemble, elles découvrent la déclaration du général Joffre annonçant l’entrée des Français en Alsace et la mise en place de soldats instituteurs dans les écoles. Alors, le souvenir traumatisant de 1870 semble s’effacer. »

Sources : ECPAD ; Gaumont Pathé archives ; Laurent Véray, Les images d’archives face à l’histoire, CNDP, 2011, pages 103-104 ; Laurent Véray, La grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, pages 42-43 ; Odile Gozillon-Fronsacq , Cinéma et Alsace. Stratégies cinématographiques 1896-1939, AFRHC, 2003.

Fonds d'origine : Gaumont

Source de l'image : Collections de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Bei unseren helden an der Somme (Nos Héros sur la Somme), film documentaire, 1917, Allemagne.

Synopsis et commentaire : Film de propagande qui offrira aux spectateurs une impression crédible de la bataille de la Somme. Le film se compose de trois parties : la première présente des villages et des villes en ruines. Les intertitres en attribuent la responsabilité à l'artillerie ennemie. Dans la deuxième et la troisième partie des scènes de combat sont d'abord montrées à partir d'une zone boisée et plus tard dans un champ ouvert. Une autre préoccupation du film est de réfuter les allégations britanniques sur la « barbarie » allemande. C’est le premier film produit par la BUFA (Bureau du film et de l’image) créé en 1916 pour développer la propagande. En effet, ce film est une réponse au film britannique The battle of the Somme réalisé par Geoffrey H. Malins et John B. McDowell en 1916.

Sources : Rainer Rother, « Quand nos héros de la Somme. Une réponse allemande à la propagande de l'Entente », dans Kintop - Annuaire de l'étude des premiers films, Volume 4 Bâle / Frankfurt aM 1995, 123-142. Rainer Rother ; « Quand nos héros de la Somme (1917). La création d'un « événement social », dans Journal historique du cinéma, radio et télévision 15 (1995), 4, 525-542 ; Pierre Sorlin, « Le cinéma allemand et la Grande Guerre », in collectif « Verdun et les batailles de 14-18 », Perpignan, Institut Jean Vigo, Les Cahiers de la Cinémathèque, n°69, novembre 1998.

Mères françaises, Louis Mercanton et René Hervil, 1917, France.

Synopsis : « En août 1914, la mobilisation générale bouleverse la vie d'un village, où pères et fils partent au combat. Parmi eux se trouvent le commandant d'Urbex et son fils Robert, l'instituteur Guinot, le paysan Victor Lebrou et Nonet, l'orphelin. A l'arrière, les femmes prennent en charge le travail des hommes, dont elles attendent désespérément des nouvelles. Mme d'Urbex devient infirmière, et apprend successivement la mort de son fils et de son mari. Guinot, blessé dans une explosion, revient aveugle au village et rend sa liberté à Marie Lebrou, sa fiancée, qui finit par épouser Nonet. » (source : CNC Archives Françaises du Film.)

Commentaire : « Dans toutes les situations où elles sont mises en scène, les femmes sont fortes et jouent un rôle décisif. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, page 41.)

Source de l'image : Histoire encyclopédique du Cinéma : I, Le Cinéma Français 1895 -1929, 1947

La puissance militaire de la France, Henri Desfontaines, 1917, France.

Synopsis : Le film, structuré en cinq parties : « La France en armes » ; « La France entière mobilisée » ; « Aviation et aérostation françaises » ;  « La bataille » ; « Après la bataille », montre l’effort de guerre accompli par la France à l’avant et l’arrière. Le maréchal Joffre dialogue avec le général Pershing ce qui permet d’expliquer aux spectateurs ce que la France a dû faire depuis le début des combats pour tenter de l’emporter. (source : Laurent Véray, Les images d’archives face à l’histoire, Chasseneuil du Poitou, CNDP, 2011, pages 102 et 103.)

Contexte : « La portée de ce film fut considérable, non seulement en France, mais aussi aux Etats-Unis où il fut largement diffusé. » (source : Laurent Véray, Les images d’archives face à l’histoire, Chasseneuil du Poitou, CNDP, 2011, pages 102 et 103.)

Sources : ECPAD ; Gaumont Pathé archives.

Fonds d'origine : Pathé

Visionner le film : La puissance militaire de la France via le site de l'ECPAD en cinq parties. Partie 1 ; Partie 2 ; Partie 3 ; Partie 4 ; Partie 5.

La femme française pendant la guerre, Alexandre Desvarennes, 1918, France.

Synopsis : Août 1914 : épouse et mère, la femme offre son « premier sacrifice » et pleure le départ de l’aimé pour le front (séquence de fiction). 1918 : quatre années de guerre l’ont poussée à se mobiliser dans tous les secteurs. À la ville, elle est manutentionnaire dans les gares, conductrice dans les transports, serveuse ou « ramoneur » ; ouvrière à l’usine, affectée à différents postes, elle ne s’interrompt que pour allaiter son nourrisson à la crèche. À la campagne, elle conduit la charrue au temps des labours ou cueille les olives. Mais femme avant tout, elle apporte au soldat « fraternité et tendresse », colis, message d’amour anonyme glissé dans un casque qu’elle vient de fabriquer, soins aux blessés et aux enfants. Les morts, dont elle fleurit les tombes, restent présents dans son cœur et son image apaise le sommeil du poilu. La France reconnaît son héroïsme et récompense d’une médaille la veuve, l’infirmière ou l’ouvrière blessée lors des bombardements. (source : ECPAD.)

Commentaire : « Le film est constitué de vues d’actualités introduite par une petite fiction et réorganisées les unes par rapport aux autres, ce film synthétise la place nouvelle de la femme dans la guerre et son dévouement pour le pays. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, page 22.)

Fonds d'origine : ECPAD

Visionner le film : La femme française pendant la guerre via le site de l'ECPAD.

J'accuse, Abel Gance, 1918, France.

Synopsis : « Jean Diaz revient seul survivant d'une patrouille, exécutée au moment de l'armistice. Il jure à ses camarades tombés qu'il restera fidèle à leur souvenir et qu'il empêchera la guerre de renaître. Les années passent. Diaz a tenu la promesse qu'il avait faite à un camarade de respecter sa femme, qu'il aimait cependant profondément. Les blessures qu'il a contractées au front, peu à peu, le rendent fou et il vit au milieu de ses morts. Puis l'horizon politique s'assombrit, la mobilisation générale est décidée. Jean recouvre un instant la raison. Il repart à Verdun et, dans l'exaltation de la pensée, appelle les morts. Ceux-ci se dressent de leur tombe et marchent contre les vivants : ils les empêchent de consommer leur crime. La guerre n'aura pas lieu. Diaz a payé de sa vie la pacification des esprits. Le monde réconcilié refuse de penser désormais à la guerre. » (source : Les fiches du cinéma, 2003.)

Contexte : « Avec ce film qu’il présente comme un réquisitoire contre la guerre, Gance soulage sa conscience en rendant hommage aux soldats – alors que lui-même n’a pas combattu – et aux souffrances qu’ils ont endurées. Une affiche publicitaire annonce d’ailleurs : « C’est un monument cinématographique érigé à la mémoire de ceux qui sont morts pour nous ». Ce film-monument, sorti en avril 1919, est devenu une sorte de mythe qui, comme tous les mythes, finit par faire écran à l’histoire, à son histoire. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, pp 77-83 ; Laurent Véray, Les images d’archives face à l’histoire, Chasseneuil du Poitou, CNDP, 2012, pp 129-130) « J’accuse d’Abel Gance, assisté de Blaise Cendrars ayant perdu un bras lors du conflit, est ainsi interdit. La version initiale réalisée en 1917, en pleine mutinerie des Poilus sur le front, dénonçait la première les carnages des tranchées de la Première Guerre mondiale : dans l’épique scène finale, les morts, ressuscités revenant d’outre-tombe corps et âmes blessés et mutilés et condamnant les femmes infidèles et les marchands de canons, appellent à la paix. » (source : Albert Montagne, « Verdun et la Grande Guerre sous le casque de la censure cinématographique », in : Les cahiers de la cinémathèque n°69, novembre 1988 ; Ciné-ressources)

Sources : Cinémathèque françaiseFondation Jérôme Seydoux-Pathé.

Fonds d'origine : Pathé

Hearts of the World (Coeurs du monde), David Wark Griffith, 1918, États-Unis.

Synopsis : En 1914, dans un village en France, Douglas, tout juste auréolé du Prix Goncourt, et Marie forment un couple heureux. Mais lorsque la guerre éclate, rattrapé par la triste réalité, Douglas doit alors partir se battre au front…

Commentaire : « L’idée que l’on se fait ici de la guerre au cinéma va être sérieusement bouleversée par cette magnifique imagerie d’une vigueur simple et inconnue chez nous. Car s’il y a des paysages français, des accessoires français, voire des acteurs ou des figurants français dans ce film, il est avant tout américain. La minutie, la précision, la puissance sobre, la vérité, le tact dans le choix d’un détail, la signification de tout, fait de Cœurs du monde une sorte de chef d’œuvre de l’art muet américain. On y retrouve toute la grâce et toute la force de cette cinématographie transatlantique qui reste, en bloc et pour longtemps, inégalable. » (source : Louis Deluc, « Cinéma et compagnie », Paris-Midi, 9 avril 1919.)

Sources : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, pp 59-61 ; Patrick Brion, Le cinéma et la guerre de 14-18, Paris, Riveneuves Editions, 2013.

Source de l'image : Library of Congress

The Heart of Humanity, Allen Holubar, 1918, États-Unis.

Synopsis : Nanette, une jeune américaine vivant dans un petit village canadien, est amoureuse de John Patricia. La Première Guerre mondiale interrompt leur idylle naissante quand John est appelé à se battre en France et en Belgique. De son côté, Nanette s’engage en tant qu’infirmière pour la Croix Rouge. Elle rencontre alors le diabolique Lieutenant von Eberhard qui commence à la harceler.

Contexte : « Erich von Stroheim incarne un officier prussien cruel et sadique qui commet des crimes odieux. » « L’ambassadeur d’Allemagne, le docteur Mayer, adresse alors une lettre au président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, Aristide Briand, puis Raymond Poincaré à partir du 15 janvier 1922, pour le persuader de le retirer des écrans. »

Sources : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, page 89 ; Patrick Brion, Le cinéma et la guerre de 14-18, Paris, Riveneuve Edition, 2013.

Fonds d'origine : Jewel Productions Inc.

Source de l'image : Moving Picture World, janvier-février 1919

Lafayette, We Come ! (La Fayette nous voici !), Léonce Perret, 1918, États-Unis, France.

Synopsis : « Un jeune américain, Harry Swan, s’est épris d’une jolie française Thérèse Verneuil qui agrée cet amour. Mais peu à peu, elle s’éloigne de lui. Au même moment, une princesse kurde Sonia qui n’apparaît que voilée reçoit beaucoup et donne des fêtes somptueuses où elle rencontre des gens fort suspects. Elle reçoit de l’un d’eux une fiole qu’elle verse dans le verre de l’ambassadeur d’Illyrie qui est trouvé mort peu après. Et un beau jour, Thérèse quitte Harry brusquement après lui avoir pourtant dit qu’elle l’aimait. La princesse Sonia s’embarque peu après pour la France et on la retrouve à Nice. Harry, désespéré de la fuite de Thérèse, s’est engagée dans l’armée américaine. Il est gravement blessé aux yeux au cours des combats et on l’envoie se faire soigner à Nice. Il recouvre la vue. Et un jour, il assiste stupéfait, au cours d’une réception chez Sonia à l’arrestation de plusieurs suspects. Mais l’on n’arrête pas la princesse qui n’est autre que Thérèse. Harry Swan lui crie son dégoût mais tout s’explique. Sonia a été arrêtée et Thérèse qui lui ressemble a joué son rôle afin de faire prendre la bande d’espions qui opéraient grâce à elle. » (source : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.)

Sources : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004 ;  Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Ciné-ressources : 2 dossiers photos.

Fonds d'origine : Perret Productions Inc.

Source de l'image : Film Daily (New York, Wid's Films and Film Folks, Inc.) 1918 Vol. 5 & 6

Lest We Forget ! (N'oublions jamais !), Léonce Perret, 1918, États-Unis, France.

Synopsis : « Rita Herriot, une chanteuse d’opéra, s’engage comme opératrice du téléphone. Capturée par les Allemands, elle est condamnée à mort mais elle réussit à s’évader. Harry Winslow un millionnaire américain à qui elle est fiancée s’engage dans l’armée française afin de la venger car il la croit morte. Un diplomate allemand von Bergen qui désire la jeune femme lui annonce la mort de Winslow. Désespérée, elle repart pour les États-Unis et reprend son métier. Peu de temps après, elle s’embarque pour Londres sur le Lusitania qui est coulé peu après. Elle est parmi les rescapés. Alors von Bergen tente de l’éliminer mais c’est elle qui réussit à l’étrangler. Elle retrouve son fiancé, soigné dans un hôpital près du front. » (source : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.)

Sources : Henri Bousquet, De Pathé frères à Pathé Cinéma (1915-1927), Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004 ; Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, pp 69-71 ; Ciné-Ressources : 2 dossiers photos.

Fonds d'origine : Rita Jolivet Film Corp.

Source de l'image : Motion Picture News, janvier-mars 1918

Shoulder Arms (Charlot Soldat), Charles Chaplin, 1918, États-Unis.

Synopsis : Dans un camp militaire, de nouvelles recrues s'entraînent avant de partir à la guerre en France. L'entraînement est épuisant pour Charlot, qui a du mal à s’accommoder aux efforts physiques et aux manœuvres militaires. Aussitôt l'exercice fini, il s'endort. Dans les tranchées, il doit faire face à l'insalubrité et au mal du pays, tandis que les obus pleuvent et que les batailles font rage.

Commentaire : « Un film satirique qui, alliant le comique au tragique de la guerre, en offre une vision plaine de vérité, à la fois drôle et touchante. […] Paradoxalement, Chaplin parvient, par des moyens détournés et dérisoires, à traduire avec justesse la situation et les aspirations des soldats, à s’approcher de leur vécu de guerre. « Shoulder Arms » contient ce mélange de petites joies et de grandes peines qui caractérisent le quotidien des combattants au front. Et beaucoup d’entre-deux, pour la première fois, crurent se retrouver sous les traits d’un personnage de fiction. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Paris, Ramsay, 2008, pp 62-68.) « Au début de la Première Guerre mondiale, l’opinion publique estimait que les hostilités ne dureraient pas plus de quatre mois, que la science de la guerre moderne prélèverait un si lourd tribut de vies humaines que l’humanité exigerait la cessation d’un massacre aussi barbare. Mais nous nous trompions. Nous nous trouvâmes pris dans une avalanche de folle destruction et de boucherie sans merci qui se poursuivit quatre ans durant, à la stupéfaction de l’humanité. Nous avions provoqué une hémorragie de proportions mondiales et nous ne savions plus l’arrêter. » (source : Charlie Chaplin, Histoire de ma vie, éditions Robert Lafont, 1964, pp 57-58.)

Sources : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Fonds d'origine : Charles Chaplin Productions

Source de l'image : The Great God Pan, 1952

Vendémiaire, Louis Feuillade, 1918, France.

Synopsis et commentaire : « Réalisé dans les derniers mois de la guerre (sa sortie eut lieu en janvier 1919), en décors naturels, dans le Languedoc, ce film est une œuvre maîtresse de Louis Feuillade. Sous couvert d’un drame patriotique sur les civils en temps de guerre (les combats restent hors champ), structuré en un prologue et trois parties (« La vigne », « La cuve » et « Le vin nouveau »), il propose un film dont le réalisme quasi documentaire n’est cependant pas dépourvu de lyrisme et de poésie. Le récit, non chronologique, s’organise selon une narration présent/passé où s'alternent des séquences concernant les vendanges et le conflit au moment de l’invasion des régions du nord par les troupes allemandes. Nous suivons le parcours de divers personnages qui se retrouvent tous au « pays du vin » pour y travailler : une famille de réfugiés venue des territoires occupés composée du vieux Larcher (Gaston Michel) et de ses filles, un sergent réformé temporaire (René Cresté), deux prisonniers allemands évadés Wilfrid et Fritz (Louis Lebas et Manuel Caméré), et les propriétaires du vignoble, madame Castelviel et son fils, un capitaine aveugle de la guerre (Edouard Mathé). Il s’agit d’une vision métaphorique où les symboliques de la terre et du vin font référence au sol national meurtri et au sang versé par les soldats français pour sa défense sur le champ de bataille. Mais « Vendémiaire » est surtout un film où la représentation germanophone est très prononcée, le réalisateur s’acharnant à dénoncer les tares de l’ennemi avec beaucoup de conviction sous les traits du fourbe Wilfrid, « l’homme au gaz », comme dit un intertitre, qui n’a qu’une obsession : s’emparer des richesses du pays latin et détruire sa culture ». (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, p 53.)

Sources : Gaumont Pathé archives ; CNC Archives Françaises du Film.

Fonds d'origine : Gaumont Pathé, copie restaurée à la Cinémathèque française.

 

L’Homme sans visage, Louis Feuillade, 1919, France.

Synopsis : Un lieutenant américain (René Cresté) s'éprend d'une jeune femme (Gina Manès) qu'il a rencontrée à Nice. Celle-ci, qui se sent prête à l'aimer, recule devant l'aveu d'une faute de jadis dont une délicieuse petite fille demeure le vivant souvenir. Elle s'enfuit et, sur une annonce lue dans le journal, accepte d'entrer comme dame de compagnie chez un comte très riche (Edouard Mathé), qui, "mutilé de la face", porte constamment sur le visage un masque de velours noir. Or cet homme n'est nullement blessé : c'est le sinistre prince allemand Gunther, l'effroyable massacreur de femmes et incendiaire de villes, mis au ban de l'humanité et contraint à dissimuler son visage pour échapper à la vengeance du monde civilisé. Le bandit veut violenter la jeune femme mais l'officier américain qui, après avoir recueilli l'enfant de celle qu'il aime et réussi à retrouver sa trace, arrive à temps pour défendre la malheureuse. Au cours de la lutte entre les deux hommes, Gunther est tué. Les deux amoureux, n'ayant plus aucun secret entre eux, s'épouseront.

Source : CNC Archives Françaises du Film ; Ciné-ressources ; Maitre des Lions et des Vampires - Louis Feuillade par Francis Lacassin, Ed. Pierre Bordas et fils, 1995.

Fonds d'origine : Gaumont, film restauré par les Archives Françaises du Film du du Centre national du cinéma et de l'image animée.

Rose-France, Marcel L’Herbier, 1919, France.

Synopsis : « Un jeune américain, Lauris Daudley Gold, à cause d’une santé défaillante, n’a pu s’enrôler dans l’armée de sa patrie pour défendre la France qu’il aime. Il se fait soigner sur la côte d’Azur. Une femme, prénommée Franciane, qui vient le voir chaque jour, lui apporte une rose (comme dans el roman du Moyen-Âge de Guillaume de Lorris, cette fleur symbolise l’amante). Amoureux et anxieux, il imagine qu’elle le trompe, et sa jalousie s’avive quand il découvre que Franciane a écrit un recueil de poésie, L’étreinte élue, dont elle ne lui a jamais parlé. La jeune poétesse finit par lui dire, dans une lettre explicative, que l’être aimé c’est la France. Une France qui, comme dans le poème de Charles d’Orléans, se matérialise sous la forme d’une rose que brandit la main d’un soldat mutilé. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, pp 74-75.)

Commentaire : « Ce qui compte dans « Rose-France », c’est moins le contenu narratif ou thématique, tous deux très limités, que le dispositif utilisé. Certes, il s’agit de propagande, mais L’Herbier opte pour une forme inhabituelle : le cinéaste propose une autre façon d’appréhender l’événement, une approche artistique plutôt que didactique. À la fois mystérieux et abstrait, Rose-France est une œuvre intimiste, une rêverie poétique, une rêverie poétique d’une grande virtuosité : « l’essai de stylisation cinématographique » de L’Herbier pour reprendre l’expression utilisée par la revue Le Film, avec sa prolifération de signes et de symboles dans chaque plan, n’a rien à voir avec le récit très narratif des films contemporains. » (source : Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, pp 74-75.)

Sources : CNC Archives Françaises du Film ; Cinémathèque française.

Fonds d'origine : Itys Film, société des établissements Gaumont

Stars of glory ou The Unkown Love ou Les Etoiles de la gloire, Léonce Perret, 1919, États-Unis, France.

Synopsis : « Fille d'un officier de la marine américaine, Doris Parker devient la correspondante d'Harry Townsend, un jeune soldat américain sans famille parti combattre en France. Au fil de leur correspondance Doris s'éprend d'Harry en dépit des avances de Jack Tims, capitaine de la Royal Navy en stage dans la marine américaine. Sur le front en France, Harry est touché au visage. Bouleversée par la nouvelle, Doris demande à Jack Tims de l'embarquer sur le navire qu'il doit conduire en France. Pendant la traversée, Jack déjoue l'attaque d'un sous-marin ennemi mais, blessé pendant le combat, il meurt. Après avoir rendu hommage à Jack Tims, Doris retrouve Harry à l'hôpital américain de Tours, le visage bandé. Par la suite, elle découvre que la photo que lui a envoyé Harry n'est pas la sienne, mais réalise qu'à travers ses lettres c'est son âme qui a touché son coeur. De retour à New-York, ils se marient et quelques temps plus tard transmettent à leur enfant la mémoire des soldats morts pour leur patrie, étoiles de gloire. » (source : CNC Archives Françaises du Film.)

Sources : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma, Ramsay Cinéma, 2008, page 71.

Fonds d'origine : Collection Archives départementales du Var

Visionner le film : Stars of glory sur European Film Gateway.

 

 

  • The Airship Destroyer, Walter R. Booth, 1909.
  • La voix de la patrie, Léonce Perret, 1913.
  • Maudite soit la guerre, Alfred Machin, 1914.
  • Fiancés de 1914, Louis Feuillade, 1914.
  • Bout-de-Zan et I'embusqué, Louis Feuillade, 1915.
  • Une page de gloire, Léonce Perret, 1915.
  • Le passeur de l’yser, Mathias Honoré, 1915.
  • Pour le pays, réalisateur inconnu, 1915.
  • Pendant la bataille, Henry Krauss, 1916.
  • Alsace, Henri Pouctal, 1916.
  • Battle Cry of Peace (L’Invasion des Etats-Unis), James Stuart Blackton, 1916.
  • Chantecoq, l’espionne de Guillaume, Henri Pouctal, 1916.
  • Civilization, Thomas Ince, 1916.
  • Max et l'espion, Max Linder, 1916.
  • Le Noël du poilu, Louis Feuillade, 1916.
  • Le cafard de Lefrançois, Louis D’Hee, 1916. N.B. : photogramme tiré du film Le Mouchoir, inconnu, 1918.
  • Les petits soldats de plomb, Pierre Bressol, 1916.
  • Noël de Guerre, réalisateur inconnu, d'après le conte de Félicien Champsaur, 1916.
  • Les Poilus de la revanche, Léonce Perret, 1916.
  • Joan the woman, Jeanne d'Arc, Cecil B. De Mille, 1916.
  • L'Alsace attendait, Henri Desfontaines, 1917.
  • Bei unseren helden an der Somme (Nos Héros sur la Somme), documentaire allemand, 1917.
  • Mères françaises, Louis Mercanton et René Hervil	, 1917.
  • La puissance militaire de la France, Henri Desfontaines, 1917.
  • La femme française pendant la guerre, Alexandre Desvarennes, 1918.
  • J'accuse, Abel Gance, 1918.
  • Hearts of the World (Coeurs du monde), David Wark Griffith, 1918.
  • The Heart of Humanity, Allen Holubar, 1918.
  • Lafayette, We Come ! (La Fayette nous voici !), Léonce Perret, 1918.
  • Lest We Forget ! (N'oublions jamais !), Léonce Perret, 1918.
  • Shoulder Arms (Charlot Soldat), Charles Chaplin, 1918.
  • Vendémiaire, Louis Feuillade, 1918.
  • L’Homme sans visage, Louis Feuillade, 1919.
  • Rose-France, Marcel L’Herbier, 1919.
  • Stars of glory ou The Unkown Love ou Les Etoiles de la gloire, Léonce Perret, 1919.
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  • Mission du Centenaire et Nadège Mariotti
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