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« L'Ambulance 13 », de Cothias, Ordas et Mounier : transporter et soigner les blessés de la Grande Guerre

Extrait du tome 1 de l'ambulance 13 "Croix de sang"
© éditions Grand Angle
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Éditée chez Grand Angle, la série L'Ambulance 13 dresse le portrait d'un jeune chirurgien militaire envoyé au front en janvier 1916 et fait découvrir au lecteur le service de santé dans la Grande Guerre. Retour sur l'univers de la série et sur son dernier tome, Gueule de guerre, qui a reçu le label Centenaire.

Présentation de l’ouvrage

Réalisée par Patrick Cothias, Patrice Ordas et le dessinateur Alain Mounier, la série L'Ambulance 13 emporte ses lecteurs dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Louis-Charles Bouteloup, jeune diplômé de la Faculté de Médecine, se retrouve en première ligne à Fleury en janvier 1916. Il y commande une ambulance hippomobile surnommée l’As de pique composée d'infirmiers reconnus pour leur courage mais aussi pour leur manque de soumission au règlement.

Au fil du récit, le jeune chirurgien militaire tente de faire face aux atrocités de la guerre et d’accomplir sa tâche, tout en préservant son humanisme. Mais il doit aussi prendre garde aux ennemis de son père, le député et lieutenant-colonel Louis Bouteloup, qui voient en lui une cible désignée…

Le 6e tome de la série fait découvrir le visage défiguré de Louis-Charles, grièvement blessé sur le front alsacien. Mis hors du cadre de l’armée, il doit désormais faire face à un autre visage de la guerre et aux peurs de l’arrière.

>> Lire quelques extraits

L’ambulance et le service de santé des armées

L’ambulance, un transport et une unité de soin

Une ambulance est un terme qui désigne le véhicule de transport des blessés mais aussi, pendant la Première Guerre mondiale, l’unité médico-chirurgicale qui existe au niveau du corps d’armées. Chaque corps d’armées possède donc une ambulance par division d’infanterie, une ambulance de cavalerie et une ambulance de corps qui comprend notamment des réserves de matériel (pansements, médicaments…).

Pendant le conflit, le transport des blessés et l’unité de soins vont, l’un comme l’autre, profondément se réorganiser.

La spécialisation des ambulances

Les premiers mois de la guerre sont marqués par un désastre sanitaire, face au nombre de blessés à recueillir et du manque d'organsiation. Lorsque le front se stabilise, les réflexions critiques des chirurgiens conduisent à la réorganisation totale du service des armées, dans laquelle l’ambulance tient un rôle crucial. Désormais l’automobile est utilisée à la place des chevaux, ce qui permet d’accélérer la relève des blessés tandis que les chirurgiens les plus expérimentés sont envoyé à l’avant du front pour traiter un maximum de blessés.

Le front est alors davantage approvisionné en matériel médical et les ambulances chirurgicales des premières lignes se spécialisent. Elles opèrent les blessés de première urgence et mettent les autres en condition d’évacuation.

Les ambulances de corps d’armée sont installées entre 13 et 30 km du front. A partir de novembre 1914, on y adjoint des ambulances spécialisées très mobiles, les « autochirs ». Elles disposent d’une salle d’opération mobile, d’un matériel de stérilisation et de couchage, et son personnel comprend 2 chirurgiens et 25 infirmiers.

D’autres modèles se développent également, dont les Petites Curies. Ces petites unités mobiles se généralisent rapidement sous l’initiative de Marie Curie. Envoyées au front, elles permettent d’éviter le transport inutile ou dangereux des blessés et d’établir rapidement un diagnostic en repérant les fractures et les éclats d’obus.

Pour en savoir plus :

Pour aller plus loin sur l’organisation et les auxiliaires du service de santé de l’armée : voir le rôle de la Croix-Rouge