Autour de la Grande Guerre > Archeologie > Exposition "14 Graffiti 18"

Exposition "14 Graffiti 18"

Un des nombreux graffitis des souterrains de Naours
© Mission du Centenaire
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Du 6 avril au 30 novembre 2018, le MuséAl Ardèche présente une exposition consacrée aux graffitis et à l'archéologie de la Première Guerre mondiale. Une exposition originale accompagnée d'un cycle de conférences, et qui bénéficie du soutien scientifique de nombreux spécialistes de ces champs d'étude relativement récents. 

Exposition

MuséAl Ardèche participe en 2018 au programme commémoratif du Centenaire à travers l’exposition temporaire « 14 GRAFFITI 18, l’archéologie de la Grande Guerre ». Les graffitis, gravés dans la pierre ou tracés au crayon noir par les soldats dans le nord de la France, et étudiés par les archéologues, nous renseignent sur l’histoire personnelle de ces hommes venus du monde entier. Une manière de faire connaissance avec eux, de connaître leur vie avant et après la guerre. Des questionnements plus contemporains surgissent alors immanquablement. Est-ce que ces graffitis laissés au début du 20e siècle comportent les mêmes motivations que ceux du début de l’humanité ou que les tags tracés dans l’espace public aujourd’hui ?

Confrontée sans le vouloir au devoir de mémoire, l’archéologie de la Grande Guerre fournit aujourd’hui de précieuses informations permettant de nuancer et d’enrichir le discours historique. Les graffitis, écrits par les soldats au crayon gris sur les murs de la cité souterraine de Naours, racontent des histoires humaines bouleversantes.

Depuis la préhistoire, les murs ont servi de supports aux messages de l’humanité. C’est seulement au 19e siècle que le terme de « graffiti » apparaît pour la première fois avec l’étude archéologique des messages laissés par les habitants de Pompéi il y a 2 000 ans : signatures, déclarations d’amour, dessins obscènes, caricatures politiques, sportifs renommés, insultes et phrases philosophiques se côtoient. Aujourd’hui, toujours loin des lieux d’exposition officiels, les graffitis contemporains demeurent une forme d’expression résistante et contestée. L’étude de ces images non académiques embarrasse. Phénomène résolument intemporel, les graffitis sont-ils des actes de vandalisme, des moyens d’exister et de passer à la postérité, une parole contestataire, un mode d’expression artistique ou simplement utilitaires ?

Cycle de conférences

Tout au long de la durée de l'exposition, une série de conférences gratuites sont organisées au Muséal, dont plusieurs relatives aux graffitis de la Grande Guerre.

Vendredi 27 avril 
Archéologie de la Grande Guerre et traitement des morts, par Yves Desfossés, conservateur général du patrimoine, DRAC Grand Est.

Au début des années 1990, l’archéologie préventive va investir de larges espaces ruraux par le biais des grands travaux (autoroutes, TGV). Dans le nord et l’est de la France, les archéologues redécouvrent des vestiges liés à la Première Guerre mondiale et sont confrontés à notre mémoire collective et  individuelle, comme lors de la découverte du corps du soldat Fernand Terras le 1er août 2013.

Samedi 13 octobre
L'héritage toxique de la Grande Guerre, par Daniel Hubé, ingénieur au Bureau de Recherches Géologiques et Minières
Après la Guerre, la destruction et le recyclage des obus chimiques et des explosifs constituent un héritage toxique. L’enquête historique et environnementale de Daniel Hubé fait émerger du passé des questions enfouies. Il restitue l’un des secrets de la Grande Guerre et pose la question des pollutions de guerre et des désastres écologiques liés aux conflits du XXe siècle.

Vendredi 9 novembre
Les graffitis des soldats dans le tunnel de Naours, par Gilles Prilaux, ingénieur de recherche, Institut national de recherches archéologiques préventives

La cité souterraine de Naours, à côté d’Amiens, correspond à d’anciennes carrières de craie. Elle abrite plus de mille graffitis de soldats australiens qui ont laissé leur signature, leur nationalité, une date et parfois leur adresse. Gilles Prilaux a mené une véritable enquête jusqu’à reconstituer la vie de ces soldats. Parmi eux quelques-uns ont eu une vie remarquable comme Leslie Russel Blake, géologue-cartographe, chercheur d’or et explorateur de l’Antarctique…

Informations pratiques

Du 6 avril au 30 novembre 2018
Muséal Ardèche
Route départementale 107 – 07400 Alba-la-Romaine
Contact : 04 75 52 45 15 / museal.ardeche.fr