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5600 km à vélo pour honorer les morts de la Grande Guerre

© Phil Brotherton
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Trentenaire Britannique, Phil Brotherton a parcouru d'Est en Ouest les différents fronts de la Première Guerre mondiale, à bicyclette. Avec, dans son sac à dos de fortune, 3000 "poppies" et quatre mois de médicaments contre l'épilepsie. Il raconte son périple dans un livre de 220 pages, qu'il a décidé d'offrir gratuitement sur Internet.

« Notre devoir envers ces commémratoions est clair : honorer ceux qui ont servi, se souvenir de ceux qui ont péri, et s'assurer que les leçons tirées [du premier conflit mondial] nous accompagnent pour toujours ». Ce sont ces mots du discours de l'ancien Premier Ministre David Cameron, en 2012, qui incitèrent Phil Brotherton à réaliser son projet "Trail of Poppies".

Originaire du Yorkshire, en Angleterre, ce demandeur d'emploi en prises avec une maladie handicapante (crises d'épilepsie quite à une accident crânien en 2003) s'est soudain senti pousser des ailes, emporté par le grand souffle des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale. Son idée première était de parcourir à vélo les grands sites du front en France et Belgique, mais très vite, de peur d'eclipser toute une partie de l'histoire de la guerre 14-18, son projet s'est nourri d'une toute autre ambition : se lancer le défi un peu fou de parcourir l'intégralité des champs de bataille, d'Est en Ouest, soit une expédition de 5600 kilomètres... 

Désireux de faire connaître son projet d'aventure en solitaire, et de lui donner autant de sens que possible, Phil Brotherton crée un site Internet (www.trailofpoppies.co.uk) et contacte différentes associations d'anciens combattants et d'oeuvres de bienfaisance, mais obtient curieusement peu de soutien. Une lettre envoyée à David Cameron décrivant son projet restera sans réponse. Il obtient tout de même la reconnaissance du Royal British Legion (l'équivalent britannique de l'ONAC en France - Office National des Anciens Comabttants et Victimes de Guerre), qui lui confia un lot de 3000 cocquelicots en papier - fleur symbole des soldats du Commonwealth tombés en 14-18 - ainsi que celle du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (Service pour l’entretien des sépultures militaires allemandes).

Les 3000 "poppies" ont pris une bonne partie de la place dans son sac à dos, obligeant l'aventurier à ne prendre avec lui que le strict minimum vital - vêtements, sac de couchage, kit de survie (dont plusieurs de boîtes de médicaments contre les crises d'épilepsie), pastilles de purification d'eau, téléphone portable couplé à un chargeur solaire, quelques cartes routières. Comme il allait traverser 14 pays différents, il prit soin également d'imprimer des cartes de visite expliquant son projet - un texte qu'il fit traduire en 8 langues différentes par le robot automatique de Google ! Des cartes qui, malgré leur approximation linguistique, allaient pourtant s'avérer très utiles dans certaines situations, dans certains pays, où il a éprouvé des difficultés à se loger et à se nourrir.  

Phil Brotherton avait prévu de faire coïncider le départ de son aventure avec le centenaire de la campagne de Gallipoli, le 24 avril 2015. Son vieux VTT, acheté d'occasion pour 50 livres, voyagea en pièces détachées dans une grande valise. A son arrivée à Istanbul, par avion, il retrouva le bagage endommagé et il passa plusieurs heures à réassembler son compagnon de voyage qui, à sa grande frustration, avait perdu quelques vitesses pendant le transit...

Son vélo endommagé néanmoins remis sur roues, il commença son voyage mémoriel proprement dit sur le champ de bataille presque inconnu de Kumkale, où les soldats français ont débarqué sur le côté asiatique du détroit de Dardanelles, comme une diversion à la force d'invasion principale à Gallipoli. Ce fut donc le début d'une longue aventure qui allait le mener, plusieurs mois et plus de 5600 km plus tard, jusqu'à la Manche en Belgique. 

Tout au long de son escapade, il déposa pas moins de 2015 coquelicots à différents endroits mémoriels des anciens fronts Est et Ouest - champs de bataille, monuments, cimetières, tombes individuelles, etc. Sa démarche n'était pas seulement de rendre hommage aux morts du côté allié, mais à tous les morts de la Première Guerre mondiale, toutes nationalités confondues, militaires et civiles. 

Ce voyage unique, en solitaire, il le raconte (en langue anglaise) dans un ouvrage de 220 pages qu'il a décidé de rendre accessible à tout chacun, en version PDF. Nourri d'anecdotes de voyage, le livre est aussi rempli d'explications historiques sur les différents batailles et les différents cimetières militaires. Pour contacter l'auteur et recevoir son ouvrage, rendez-vous sur trailofpoppies.co.uk