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Le Goethe-Institut, un acteur allemand du Centenaire

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Créé en 1951 et fort aujourd’hui de 136 instituts dans 92 pays, le Goethe-Institut a pour mission principale de promouvoir la langue et la culture allemandes dans le monde. En France, il se mobilise pour le Centenaire, et peut, à cette fin, compter sur une forte présence dans le pays : sept centres (Paris, Lille, Nancy, Strasbourg, Lyon, Bordeaux et Toulouse) et onze antennes, les « Maisons de l’Allemagne ». S’y ajoutent plusieurs projets présentés par le Goethe-Institut de Bruxelles, intégrés dans la programmation du Centenaire.

Tirer les enseignements de la Première Guerre et s’adresser à la jeunesse

La préoccupation principale des directeurs des Instituts Goethe en France et à Bruxelles est de tirer des enseignements de ce que les Allemands appellent souvent « la catastrophe originelle du XXe siècle » ; ils souhaitent pour ce faire s’adresser principalement à la jeunesse. Une réflexion a donc été lancée sur le thème de la violence et de l’engagement, en prenant comme base 1914 et le départ au front ; un thème sur lequel des élèves, des étudiants, des professeurs et le grand public seront amenés à s’interroger, voire à jouer dans des ateliers artistiques, ou à écrire et publier des articles.

Une programmation complète à fort caractère franco-allemand

La programmation des Instituts Goethe reflète la diversité des approches du Centenaire. Les manifestations prévues à ce jour (mai 2013) dégagent six traits saillants :

  • Des projections cinématographiques recomposeront les images du conflit et interrogeront le spectateur, comme par exemple un film inédit sur la Première Guerre mondiale et ses conséquences un siècle plus tard, de l’auteur-réalisateur et chroniqueur de l’Allemagne Alexander Kluge, ou du cycle « Le film prend position » sur la représentation de l’histoire dans le cinéma international (Goethe-Institut Lille). Deux projets de coopération de plusieurs partenaires européens élargiront la perspective.  « The European Gateway » est ainsi un projet européen d’envergure, consistant à numériser 650 heures de pellicule sur la Première Guerre mondiale. Le FICEP (Forum des Instituts cultures étrangers à Paris) entamera l’année 2014 avec un cycle de films sur « L’amour en temps de guerre ».
  • La prise de parole et l’expression scénique seront mises à l’honneur, à travers notamment un slam de poésie (Goethe-Institut Lille), un spectacle franco-allemand traitant de l’image de l’autre, accompagné par des ateliers théâtraux pour collégiens (Goethe-Institut Paris), ou une manifestation théâtrale intitulée « La Passion des soldats de la Grande Guerre », d’après les écrits et témoignages croisés d’Ernst Jünger et Maurice Genevoix (Goethe-Institut Paris).
  • Des lectures seront faites, comme le projet sur la poésie de guerre en Allemagne et en Belgique, centré sur des noms connus, tel Georg Trakl (Goethe-Institut Bruxelles), ou le projet multimédia de littérature « cabine téléphonique » pour les élèves et professeurs (Goethe-Institut Paris) ainsi qu’une lecture franco-allemande qui fera une tournée en France.
  • Les expositions  présenteront un panorama élargi du conflit, comme l’exposition itinérante autour de la bande dessinée franco-allemande « Des lignes du front/Frontlinien » (Goethe-Institut Nancy), un projet artistique sur les champs de bataille de la région Meurthe-et-Moselle, l’exposition photographique de Philippe Bréson « La mémoire du paysage. Regard sur les champs de bataille de la Grande Guerre » (Goethe-Institut Paris) ainsi qu’une exposition d’affiches de la Première Guerre mondiale (Goethe-Institut Lyon).
  • La musique sera présente sous différentes formes, entre autres le concert « La Grande Guerre des Musiciens » par l’Orchestre de Chambre d’Alsace « La Follia » (Goethe-Institut Nancy).
  • Des conférences et débats, axés sur la culture et la littérature, complèteront cette nouvelle approche du conflit, avec un concours entre des jeunes élèves français et allemands qui débattront sur des thèmes historiques ainsi qu’un colloque franco-allemand réservé aux professeurs (Goethe-Institut Paris). La Foire du livre francophone à Bruxelles en 2014 se concentrera sur la mémoire du conflit ; le British Council et le Goethe-Institut de Bruxelles y collaboreront en présentant des livres récents et en invitant des auteurs à des débats. Un autre projet du Goethe-Institut de Bruxelles en partenariat avec l’Université de Louvain et le British Council mettra l’accent sur le thème de la fragilité des bibliothèques, suite à la destruction de la Bibliothèque centrale de la KU Leuven en 1914, à travers un atelier de spécialistes en 2013 et une conférence en 2014.

L’ensemble aura, fort logiquement, une tonalité franco-allemande marquée :

  • En mettant en miroir les deux pays, comme le colloque prévu en partenariat avec l’Université de Lorraine pour le printemps 1914 : « Mémoires croisées. Perceptions franco-allemandes » (Goethe-Institut Nancy).
  • En associant les artistes au service de productions communes, à l’image de la programmation de concerts avec de jeunes musiciens allemands et français (Goethe-Institut Paris).
  • En analysant les relations des deux nations, que le Goethe-Institut n’entend pas résumer à une simple hostilité pendant le conflit : un festival de musique franco-allemand en partenariat avec l’Arsenal de Metz aura lieu en novembre 2014 (Goethe-Institut Nancy).