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Node > Dans les collections presse et périodiques de la BnF : Perte et reprise du fort de Douaumont

Dans les collections presse et périodiques de la BnF : Perte et reprise du fort de Douaumont

Douaumont est considéré comme l'un des forts les plus imposants, modernes et mieux armés de la ceinture défensive de Verdun. Depuis le début de la Première Guerre mondiale, ces places fortes ont toutefois perdu de leur importance aux yeux de l'état-major français au profit des armées de campagne. Elles nécessitent en effet une logistique trop importante en termes humain et matériel afin de les approvisionner efficacement en armes. Le décret du 5 août 1915 entérine ce point de vue en supprimant leur garnison, leur armement et leur approvisionnement. Au contraire, pour l'état-major allemand, le fort de Douaumont représente un objectif vital, point d'appui au milieu du champ de bataille par où pourraient transiter de nombreux soldats et être stockées d'importantes quantités de vivres et de munitions. L'offensive allemande du 25 février 1916 permet ainsi à une poignée d'hommes de s'emparer du fort, sans même avoir à combattre, et de faire prisonniers les cinquante-sept français qui s'y trouvent encore. Une fois perdu, le fort de Douaumont redevient un objectif prioritaire pour l'état-major français. Après une première tentative avortée en mai, la reprise du fort a lieu le 24 octobre 1916 au terme d'une offensive de très grande ampleur organisée par les généraux Pétain, Mangin et Nivelle. Sans grande surprise, la presse française de l'époque minimise l'importance de la perte du fort qui n'est d'ailleurs plus qu'un "bloc de béton inerte", préférant insister sur la position précaire des soldats allemands, parlant à leur sujet des "encerclés de Douaumont". La reprise du fort est célébrée unanimement, et sert à glorifier par l'exemple la vaillance et la résistance des soldats français. Le fort de Douaumont, définitivement reconquis, apparaît comme un concentré symbolique de la bataille de Verdun qui va s'achever en décembre 1916 : il entérine un succès autant tactique que psychologique, les allemands perdant pratiquement tout le bénéfice du terrain gagné depuis huit mois de combats sanglants.

Voici une sélection commentée d'articles des journaux de l'époque consacrés à la perte et à la reprise du fort de Douaumont qui proviennent des collections presse et périodiques de la BnF. Chaque légende renvoie vers le document complet sur Gallica >>

Une du Petit Journal du 27 février 1916.

Une du Petit Journal du 27 février 1916. La bataille de Verdun : lutte acharnée autour du fort de Douaumont. Pour la gloire et la vanité du Kaiser, S. Pichon. Journaliste et diplomate, proche de Clémenceau, Stephen Pichon stygmatise dans les colonnes du Petit Journal les visées guerrières de l'empereur Guillaume II et de son fils le Kronprinz, tous les deux présents sur le champ de bataille lors de la prise du fort de Douaumont. Il considère que l'orgueil et la vanité de ces hommes vont coûter la vie à de trop nombreux soldats.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Rappel du 28 février 1916. La bataille de Verdun : nos troupes brisent les attaques allemandes. L'article moque quelque peu l'empressement de l'agence de presse Wolff à relayer un communiqué de l'état-major allemand annonçant très tôt la prise indiscutable du fort par les troupes d'élite du 21ème régiment d'infanterie du Brandebourg. Quelques heures plus tard elle fera paraître un communiqué plus mesuré.

Le journal : Fondé en 1869 par l’entourage de Victor Hugo, Le Rappel rencontre rapidement un grand succès parmi un public d’étudiants, d’ouvriers et d’artisans. Républicain et fortement anticlérical, le journal se caractérise par son radicalisme et son ton tranché. Dans les années 1880, la concurrence de La Lanterne, La Marseillaise ou La Justice diminue son influence.

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Une du Temps du 2 mars 1916. Les places fortes : ce qu'elles étaient au début de la guerre, ce qu'elles sont devenues, général de Lacroix. Le général de Lacroix, collaborateur régulier du journal Le Temps sur les questions de stratégie militaire, minimise l'importance tactique des places fortes : détruites par l'artillerie allemande depuis le début de la guerre, vidées de leur équipement désormais utilisé par les troupes de campagne, il écrit à leur propos : "…si l'une de ces positions fortifiées... venait...à tomber aux mains de l'ennemi, il n'y aurait pas plus à s'en émouvoir au point de vue du résultat général, que si cette place n'avait jamais existé."

Le journal : Lancé en 1861 par le libéral Auguste Neffzer, Le Temps est repris par Adrien Hébrard. Le journal se démarque par son important réseau de correspondants. Sa qualité et son sérieux sont unanimement reconnu. Républicain conservateur, il devient l'organe officieux de la diplomatie française. Il se saborde en 1942.

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Une du Petit Journal du 3 mars 1916. Les "encerclés" de Douaumont. Fernand-Louis Gottlob (ill.). La une du Petit Journal s'orne d'une caricature de Fernand-Louis Gottlob intitulée, selon la terminologie de l'époque, Les Boches à Douaumont et illustrant la situation précaire des soldats allemands à l'intérieur du fort.

Le journal : Lancé par Moïse Millaud en 1863, le titre remporte un rapide succès grâce à son coût modique et son petit format. Plus que sur l'analyse de la vie politique, le journal mise sur le fait divers traité de manière sensationnelle. Son supplément hebdomadaire renforce sa popularité par l'emploi de couvertures illustrées. En 1937, il devient l'organe du Parti social français. Replié à Clermont-Ferrand en 1940, il est supprimé en 1944.

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Une du Matin du 3 mars 1916. Une caricature intitulée Une entreprise difficile, à la une du Matin du 3 mars 1916 exprime la même idée, tournant également au passage en dérision l'empereur Guillaume II et son fils.

Le journal : Lancé en 1884 par Sam Chamberlain, il devient sous la direction de Maurice Bunau-Varilla, rencontre un vif succès grâce à son ton accrocheur et original. Nationaliste et antiparlementaire, il mène de grandes campagnes contre les « affaires », grâce à un ton accrocheur et à de grandes campagnes autour des "affaires". Proche de l'extrême-droite, Le Matin se rallie à l'occupant en 1940 et disparaît à la Libération.

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Une de L'Echo de Paris du 23 mai 1916. Magnifique offensive française. Dans un merveilleux élan nos troupes pénètrent dans le fort de Douaumont. Nombreux prisonniers, Marcel Hutin. Marcel Hutin, journaliste à L'Echo de Paris, rend compte de l'offensive française de mai 1916. Lorsque les troupes françaises sont proches de reprendre Douaumont, celui-ci est à nouveau considéré, dans le titre de l'article, comme un fort à part entière...

Le journal : Lancé par Valentin Simond en 1884, il tarde à rencontrer le succès malgré un contenu varié traité de façon légère. Le journal mène une campagne anti-dreyfusarde : son contenu perd rapidement tout caractère grivois pour exprimer les idées de la droite nationaliste et conservatrice tout en faisant la part belle à l'actualité littéraire et artistique. Fortement patriote, le journal soutient Clemenceau durant la Conférence de paix de Versailles. En 1940, le titre se replie en zone Sud avant de se saborder en 1942.

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Une de L'Echo de Paris du 25 mai 1916. Bataille acharnée sur les deux rives de la Meuse… Furieuses attaques de deux divisions bavaroises sur les ruines du fort de Douaumont, Marcel Hutin. …avant de redevenir de simples ruines deux jours plus tard, lorsqu'une contre-offensive allemande semble compromettre la reprise du fort par l'armée française. Les termes employés au gré des développements, favorables ou non, des actions militaires, révèlent l'esprit propagandiste à l'oeuvre dans la plupart des rédactions de l'époque.

Le journal : Lancé par Valentin Simond en 1884, il tarde à rencontrer le succès malgré un contenu varié traité de façon légère. Le journal mène une campagne anti-dreyfusarde : son contenu perd rapidement tout caractère grivois pour exprimer les idées de la droite nationaliste et conservatrice tout en faisant la part belle à l'actualité littéraire et artistique. Fortement patriote, le journal soutient Clemenceau durant la Conférence de paix de Versailles. En 1940, le titre se replie en zone Sud avant de se saborder en 1942.

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Une du Figaro du 25 mai 1916. Les rayons et les ombres, Polybe. Sous le pseudonyme de Polybe, le journaliste Joseph Reinach résume le mieux dans les colonnes du Figaro l'enjeu que représente Douaumont : il parle à son propos du fort légendaire. S'il n'est plus que ruines, il demeure toutefois un symbole de résistance à l'ennemi, d'où l'acharnement des combats pour s'en emparer à nouveau ou le garder sien.

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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Une du Petit Parisien du 25 octobre 1916. Douaumont : le fort et le village repris. À l'instar de toute la presse de l'époque, Le Petit Parisien du 25 octobre peut proclamer au début de son article :  "Victoire !" Un portrait du général Mangin ainsi qu'une photo de l'entrée du fort complètent la une.

Le journal : Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il soutient la République, la laïcisation de la société et la séparation de l'Église et de l'État. Sous la direction de Jean Dupuy, le titre adopte un ton plus modéré. Le journal connaît un fort succès grâce à la qualité et à la variété de ses articles (politique, sports, faist-divers...). En 1940, le titre se replie en zone Sud puis revient à Paris. Collaborationniste, il disparaît en 1944.

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Une du Matin du 26 octobre 1916. Victoire devant Verdun : Douaumont repris. Le communiqué officiel français daté du 24 octobre paru en une du Matin proclame : "Le village et le fort de Douaumont sont en notre possession". A contrario la fin de l'article pointe les versions jugées mensongères des communiqués officiels allemands. La bataille de Verdun est aussi une guerre des communiqués.

Le journal : Lancé en 1884 par Sam Chamberlain, il devient sous la direction de Maurice Bunau-Varilla, rencontre un vif succès grâce à son ton accrocheur et original. Nationaliste et antiparlementaire, il mène de grandes campagnes contre les « affaires », grâce à un ton accrocheur et à de grandes campagnes autour des "affaires". Proche de l'extrême-droite, Le Matin se rallie à l'occupant en 1940 et disparaît à la Libération.

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Une de L'Echo d'Alger du 26 octobre 1916. La victoire de Verdun. L'Echo d'Alger souligne l'importance de l'action des troupes coloniales du général Mangin dans la reprise du fort. L' assaut a été effectivement mené principalement par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM).

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Figaro du 1er novembre 1916, page 3. La reprise du fort de Douaumont, Forain (ill.). Forain illustre de manière plutôt triviale la reprise définitive du fort par l'armée française.

Le journal : Apparu en 1826, Le Figaro renaît en 1854 avec Hippolyte de Villemessant. Le journal se caractérise par ses reportages en France et à l'étranger qui lui assure le succès. Conservateur, le journal prend position contre Dreyfus. Il bénéficie de la collaboration de nombreuses personnalités du monde des lettres. Le journal cesse de paraître en 1942 à la suite de l'occupation allemande de la zone Sud.

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  • Une du Petit Journal du 27 février 1916.
  • Une du Rappel du 28 février 1916.
  • Une du Temps du 2 mars 1916.
  • Une du Petit Journal du 3 mars 1916.
  • Une du Matin du 3 mars 1916
  • Une de L'Echo de Paris du 23 mai 1916
  • Une de L'Echo de Paris du 25 mai 1916
  • Une du Figaro du 25 mai 1916.
  • Une du Petit Parisien du 25 octobre 1916.
  • Une du Matin du 26 octobre 1916.
  • Une de L'Echo d'Alger du 26 octobre 1916.
  • Figaro du 1er novembre 1916, page 3.
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  • Laurent Arzel
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Bibliothèque nationale de France
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