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Le Musée de l'éducation du Val d'Oise : les enfants et élèves imprégnés par le conflit

Cette sélection de documents provient du fonds du Musée de l'éducation du Val d'Oise.

Une rédaction sur le canon de 75.

Une rédaction sur le canon de 75

Fac similé du cahier de Germaine J. (10 ans en ½ en 1915), rédaction « Racontez la journée du « 75 » », 8 février 1915, pages 18, 19 et 20. Dimensions : 175 x 213 mm ; 28 pages.

Précis, mobile et doté d'une cadence de tir élevée, le canon de 75 mm est une réussite technologique. En effet, il est sans recul, ce qui permet d'effectuer plusieurs tirs d'affilée sans le repointer ente deux tirs. De 1914 à 1918, il est l'arme principale de l'artillerie française, se montre très efficace lors de la guerre de mouvement même s'il est moins adapté à la guerre de tranchée. La supériorité technique du canon de 75 mm par rapport aux canons de campagne ennemis est saluée tout au long de la guerre par toute une série d'objets représentant celui qui l'on nomme presque affectueusement le « 75 ».

Le Touring Club de France organise ainsi, avec l'appui et l'encouragement du gouvernement, une « Journée du 75 », le dimanche 7 février 1915. Ce-jour là, environ 50 000 quêteuses, réparties sur tout le territoire distribueront des insignes commémoratifs contre une obole libre au profit de l'œuvre du soldat au front. Cette œuvre a pour but de faire tenir les soldats au front en leur envoyant le plus possible d'objets d'hygiène et de confort. L'institution scolaire joue ici un rôle de premier ordre puisque c'est la maîtresse qui désigne les quêteuses, garde les insignes, récupère l'argent récolté...
Ici, l'une des quêteuses est invitée par l'enseignante, dès le lundi 8 février, lendemain de l'opération, à raconter sa journée du « 75 » dans une rédaction soignée, structurée et ponctuée de formules patriotiques telles que « nos chers soldats » ou la « défense du sol sacrée de la patrie »... Devant le succès de la quête organisée au profit du poilu, cette action fut en fait prolongée pendant toute l'année 1915 et rapporta plus de 5 millions de francs de l'époque.
 

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Carte postale d'une jeune fille à son père instituteur mobilisé, 1/2

Carte postale, recto comportant des fleurs brodées et une mention « Bonne fête », verso manuscrit, écrite par la fille de l'instituteur Louis Bourgeois à son père le 21 août (année non précisée). Dimensions : 140 x 90 mm.

La carte postale est un moyen de communication très utilisé pendant la Première Guerre mondiale. Peu coûteuse, elle permet de prendre et de donner des nouvelles, de garder le contact entre le front et l'arrière et offre au soldat l'opportunité de rester en contact avec la « vraie » vie.

Sur le verso de celle-ci figurent outre la mention « Bonne Fête », un bleuet, une marguerite et un coquelicot restituant ainsi les couleurs du drapeau tricolore. Ces fleurs étaient de celles qui continuaient à pousser dans la terre retournée par les obus sur les champs de bataille et représentaient ainsi souvent la seule note colorée dans la boue des tranchées. Sur le verso de la carte, dans la partie réservée à la correspondance sont écrites quelques lignes d'une jeune fille à son père à l'occasion de sa fête.

Le père de cette jeune fille est l'instituteur Louis Bourgeois (1878-1948), qui a fait toute sa carrière en  Seine-et-Oise et qui a été mobilisé dès août 1914 (voir porte-folio sur l'engagement des enseignants). Malgré la censure qui était à l'œuvre et qui contraignait les auteurs à beaucoup de modération (afin de ne pas alerter les deux parties sur les difficultés qu'elles rencontraient réellement), on sent poindre entre les lignes la tristesse liée à l'absence prolongée du père.
Le Musée de l'Éducation du Val d'Oise possède un fonds important sur cet instituteur composé notamment de sept carnets de guerre, de photographies, de correspondances...
 

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Carte postale d'une jeune fille à son père instituteur mobilisé, 2/2

Carte postale, recto comportant des fleurs brodées et une mention « Bonne fête », verso manuscrit, écrite par la fille de l'instituteur Louis Bourgeois à son père le 21 août (année non précisée). Dimensions : 140 x 90 mm.

La carte postale est un moyen de communication très utilisé pendant la Première Guerre mondiale. Peu coûteuse, elle permet de prendre et de donner des nouvelles, de garder le contact entre le front et l'arrière et offre au soldat l'opportunité de rester en contact avec la « vraie » vie.

Sur le verso de celle-ci figurent outre la mention « Bonne Fête », un bleuet, une marguerite et un coquelicot restituant ainsi les couleurs du drapeau tricolore. Ces fleurs étaient de celles qui continuaient à pousser dans la terre retournée par les obus sur les champs de bataille et représentaient ainsi souvent la seule note colorée dans la boue des tranchées. Sur le verso de la carte, dans la partie réservée à la correspondance sont écrites quelques lignes d'une jeune fille à son père à l'occasion de sa fête.

Le père de cette jeune fille est l'instituteur Louis Bourgeois (1878-1948), qui a fait toute sa carrière en  Seine-et-Oise et qui a été mobilisé dès août 1914 (voir porte-folio sur l'engagement des enseignants). Malgré la censure qui était à l'œuvre et qui contraignait les auteurs à beaucoup de modération (afin de ne pas alerter les deux parties sur les difficultés qu'elles rencontraient réellement), on sent poindre entre les lignes la tristesse liée à l'absence prolongée du père.
Le Musée de l'Éducation du Val d'Oise possède un fonds important sur cet instituteur composé notamment de sept carnets de guerre, de photographies, de correspondances...

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Suppression de la distribution des prix à Beaumont-sur-Oise

Diplôme de 1er prix de Cours Supérieur, décerné par le maire de Beaumont-sur-Oise et la directrice de l'école publique de filles, le 14 juillet 1916. Dimensions : 322 x 248 mm.

Les caisses des écoles, rendues obligatoires par la loi du 28 mars 1882, ont pour but d'encourager et de faciliter la fréquentation scolaire. Ce sont elles qui subventionnent, par exemple, les distributions de prix. Cette cérémonie disparaît dans beaucoup de communes pendant toute la durée de la guerre, par mesure d'économie. Les élèves reçoivent néanmoins des diplômes, sur le modèle de celui-ci, qui précisent que les sommes consacrées d'ordinaire aux livres de prix seront utilisées à des « œuvres patriotiques » ou, selon les cas et les contextes locaux, à secourir les élèves dans le besoin, à pourvoir au chauffage de l'école...
 

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Affiche « Petits-sous que deviendrez-vous ? »

Bouglé, Simone (Illustratrice), Affiche détachable « Petits sous, que deviendrez-vous ? », 393 x 289 mm, imprimée par  Berger-Levrault, vers 1915.

La Première Guerre mondiale est marquée par une violence de masse ; c'est « une guerre en voie de totalisation » pour reprendre l'expression de J.-J. Becker : elle mobilise les populations, les esprits et les économies. Tout doit tendre vers la victoire. La guerre s'introduit dans le quotidien des populations civiles y compris des enfants, à la maison (fabrication de jouets et jeux patriotiques, presse enfantine...) comme à l'école (exercices spécifiques, quêtes...).

Cette planche a été dessinée par Simone Bouglé, illustratrice de divers ouvrages pour le jeune public au début du XXème siècle. Si l'on ne connaît pas la provenance exacte de ce document (Presse généraliste ? Presse pour la jeunesse ?), il est évident qu'elle s'adresse aux enfants qu'elle met en scène dans des dessins simples, avec des phrases courtes et facilement compréhensibles. L'affiche a pour but de les inciter à s'investir dans la collecte de fonds pour les « Bons de la Défense Nationale » en illustrant par de petites scènettes les divers emplois des « petits sous » ainsi récoltés.

 

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Manuel général de l'instruction primaire - « Pour détendre les nerfs de nos Écoliers », 1/2

Laurent, J., « Pour détendre les Nerfs de nos Écoliers » (extrait) in Manuel général de l'Instruction Primaire, Partie Générale, page 188, n°13, 16 décembre 1916.

Le Manuel général de l'Instruction primaire était un journal hebdomadaire qui avait une forte audience auprès des instituteurs et des institutrices qui pouvaient y lire, à côté d'informations ministérielles, rectorales ou académiques, des analyses et des commentaires de toutes sortes sur les moyens et les fins de leur enseignement.

Pendant le premier conflit mondial, il est impossible de ne pas parler de la guerre aux enfants : elle est la préoccupation de tous les instants, une continuelle obsession comme le démontre l'auteur de cet article. Il nous livre ici le récit fictif d'une journée-type d'élève pendant la Première Guerre mondiale, en énumérant toutes les occasions quotidiennes que celui-ci a d'être imprégné par le conflit : implication des membres de sa famille, jeux guerriers dans la cour de récréation, instructions officielles qui demandent de parler du conflit à l'école... Dans un autre numéro du Manuel (18 septembre 1915, page 384), le ministre Albert Sarrault, dans sa circulaire de rentrée écrit par exemple « toutes les matières d'enseignement doivent subir l'influence de la guerre ». Plus loin dans l'article sont exposées des pistes « pour détendre les Nerfs de nos Écoliers » : « lectures calmantes », « diversions nécessaires », roman feuilleton, cinéma... Ces indications démontrent l'existence d'une tension au sein du monde enseignant, puisque certains maîtres cherchent à protéger la jeunesse de l'influence trop grande de la guerre et prennent ainsi leurs distances par rapport à certaines instructions officielles.
 

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise

Manuel général de l'instruction primaire - « Pour détendre les nerfs de nos Écoliers », 2/2

Laurent, J., « Pour détendre les Nerfs de nos Écoliers » (extrait) in Manuel général de l'Instruction Primaire, Partie Générale, page 188, n°13, 16 décembre 1916.

Le Manuel général de l'Instruction primaire était un journal hebdomadaire qui avait une forte audience auprès des instituteurs et des institutrices qui pouvaient y lire, à côté d'informations ministérielles, rectorales ou académiques, des analyses et des commentaires de toutes sortes sur les moyens et les fins de leur enseignement.

Pendant le premier conflit mondial, il est impossible de ne pas parler de la guerre aux enfants : elle est la préoccupation de tous les instants, une continuelle obsession comme le démontre l'auteur de cet article. Il nous livre ici le récit fictif d'une journée-type d'élève pendant la Première Guerre mondiale, en énumérant toutes les occasions quotidiennes que celui-ci a d'être imprégné par le conflit : implication des membres de sa famille, jeux guerriers dans la cour de récréation, instructions officielles qui demandent de parler du conflit à l'école... Dans un autre numéro du Manuel (18 septembre 1915, page 384), le ministre Albert Sarrault, dans sa circulaire de rentrée écrit par exemple « toutes les matières d'enseignement doivent subir l'influence de la guerre ». Plus loin dans l'article sont exposées des pistes « pour détendre les Nerfs de nos Écoliers » : « lectures calmantes », « diversions nécessaires », roman feuilleton, cinéma... Ces indications démontrent l'existence d'une tension au sein du monde enseignant, puisque certains maîtres cherchent à protéger la jeunesse de l'influence trop grande de la guerre et prennent ainsi leurs distances par rapport à certaines instructions officielles.

© Musée de l'Éducation du Val d'Oise
  • Une rédaction sur le canon de 75.
  • Carte postale d'une jeune fille à son père instituteur mobilisé.
  • Carte postale d'une jeune fille à son père instituteur mobilisé
  • Suppression de la distribution des prix à Beaumont-sur-Oise
  • Affiche « Petits-sous que deviendrez-vous ? »
  • Manuel général de l'instruction primaire - « Pour détendre les nerfs de nos Écoliers »
  • Manuel général de l'instruction primaire - « Pour détendre les nerfs de nos Écoliers »
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sources
Musée de l'éducation du Val d'Oise
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